En plus de donner un coup de main à l’érablière Au Sucre d’or, Antoine Roussel s’occupe aussi de la livraison aux quatre coins de la région. Au cours des dernières semaines, il a avalé des milliers de kilomètres, d’abord de Vancouver à Saguenay, puis sur les routes de la région.
En plus de donner un coup de main à l’érablière Au Sucre d’or, Antoine Roussel s’occupe aussi de la livraison aux quatre coins de la région. Au cours des dernières semaines, il a avalé des milliers de kilomètres, d’abord de Vancouver à Saguenay, puis sur les routes de la région.

De Vancouver au Saguenay: la folle odyssée d’Antoine Roussel

En attendant la reprise éventuelle des activités dans la Ligue nationale de hockey (LNH), l’attaquant des Canucks de Vancouver, Antoine Roussel, est loin de se tourner les pouces. Dès que la LNH a mis la saison sur pause, l’ancien capitaine des Saguenéens de Chicoutimi n’a fait ni une ni deux. Il a loué un véhicule récréatif à Vancouver et s’est lancé dans une balade de quelque 5000 kilomètres à travers le Canada pour venir faire les sucres à son érablière de Laterrière.

Celui qui a toujours la pédale au fond lorsqu’il saute sur la glace continue d’avoir la jambe droite bien entraînée puisqu’en plus de donner un coup de main à son beau-père Sylvain Néron et aux autres membres de la famille qui sont à pied d’oeuvre à l’érablière Au Sucre d’or, Antoine se charge de la livraison des précieux produits de l’érable aux quatre coins de la région, découvrant du même coup certains coins qu’il n’avait pas eu l’occasion de visiter durant son stage au sein de la formation junior majeur régionale ni durant ses séjours ultérieurs.

Expéditif

Père de deux jeunes enfants et d’un troisième attendu à la fin juin, le hockeyeur d’origine française raconte qu’habituellement, la petite famille prenait l’avion pour les séjours au Québec. «Dès que la LNH a suspendu la saison et qu’ils ont demandé à tous les joueurs de se mettre en quarantaine depuis le 13 mars, on voyait la situation évoluer. Ma conjointe et moi, on a décidé de rentrer et comme on n’était pas à l’aise de prendre l’avion, on a décidé de louer un VR. Comme on était déjà en quarantaine, on s’est dit que c’était aussi la meilleure façon de rester en quarantaine», raconte-t-il à l’autre bout du fil.

L’attaquant des Canucks de Vancouver, Antoine Roussel, a troqué les patins et le bâton de hockey pour le travail d’acériculteur durant la pause de la LNH en raison de la pandémie. Sur la photo, il s’affaire à vérifier que le sirop est à point en compagnie de Gérald Maltais, un employé de longue date de l’érablière Au Sucre d’or de Laterrière.

Le couple a donc fait les bagages et le plein de nourriture pour se lancer sur la route tout en limitant au maximum les contacts et les risques de contamination avec l’extérieur.

«Au début, mes enfants étaient vraiment excités d’embarquer dans une maison qui roule, mais à la fin, ils l’étaient un peu moins!», avoue en riant le sympathique athlète. «Je ne faisais que faire le plein et on dormait. On sortait vraiment rarement, à part pour faire bouger les enfants dans des aires de stationnement ou de petits stationnements. Mais on restait vraiment loin du monde. On s’est arrêté une fois à l’hôtel Fairmont, au Lac Louise, où il n’y avait pas un chat. On a dormi là et le lendemain matin, on est allé patiner sur le lac Louise. Ç’a été le moment cool du voyage!»

La traversée aura quand même été expéditive puisqu’il a conduit pendant trois jours et demi avant d’enfin arriver dans la région où ils ont terminé leur période de confinement. La famille Néron-Roussel n’a pas eu de problème à traverser le barrage policier qui ferme les accès à la région puisqu’Antoine est copropriétaire de l’érablière. «On nous a demandé de suivre les procédures sanitaires, ce qu’on a fait.»

L’attaquant des Canucks de Vancouver, Antoine Roussel, a troqué les patins et le bâton de hockey pour le travail d’acériculteur durant la pause de la LNH en raison de la pandémie. Sur la photo, il s’affaire à vérifier que le sirop est à point en compagnie de Gérald Maltais, un employé de longue date de l’érablière Au Sucre d’or de Laterrière.

Production et livraison

En attendant de recevoir l’appel de la reprise des activités, Antoine Roussel donne un coup de main à l’entreprise familiale qui a pignon à Laterrière. La production va bon train et l’homme d’affaires croise les doigts pour que les conditions météo continuent de favoriser une belle récolte d’eau d’érable, afin de pouvoir répondre aux demandes.

Demande qui, malgré la crise sanitaire, est excellente puisque la famille d’entrepreneurs s’est retroussé les manches et a mis à profit la technologie et les réseaux sociaux pour prendre et livrer les commandes du précieux nectar printanier.

«On a eu un engouement régional vraiment exceptionnel. Il y a une fierté régionale et on l’a ressenti dans les commandes des gens et nous aussi ça nous a stimulé encore plus à produire un sirop d’une excellente qualité. D’autant plus que cet automne, on avait fait de gros investissements avec l’achat d’un nouvel aérateur pour garantir un meilleur goût à notre sirop tout en améliorant la productivité. On a aussi changé le moyen de combustion en remplaçant le bois par du propane, ce qui nous a permis d’être meilleur, plus efficace et plus écologique», fait valoir celui qui s’attend à encore une ou deux semaines de production.

L’attaquant des Canucks de Vancouver, Antoine Roussel, a troqué les patins et le bâton de hockey pour le travail d’acériculteur durant la pause de la LNH en raison de la pandémie. Sur la photo, il s’affaire à vérifier que le sirop est à point en compagnie de Gérald Maltais, un employé de longue date de l’érablière Au Sucre d’or de Laterrière.

Des centaines de kilomètres

La région est vaste et les commandes proviennent de partout, que ce soit du Saguenay ou du Bas-Saguenay, du secteur sud du Lac-Saint-Jean ou du Haut-du-Lac. Antoine Roussel avoue avoir avalé pas mal de kilomètres, au cours des dernières semaines, en se rendant dans des municipalités qu’il ne connaissait pas auparavant.

«J’ai tellement fait de kilomètres en tellement peu de temps! En mars-avril, j’ai traversé le Canada, j’ai fait le tour du lac Saint-Jean! Je suis allé livrer des produits à Girardville, à Saint-Hedwidge, à Lac-Bouchette, à L’Ascension-de-Notre-Seigneur, à L’Anse-Saint-Jean, à Saint-Félix-d’Otis, à Saint-David de Falardeau, etc.»

En ce moment, l’entreprise familiale prend les commandes, même si son carnet est actuellement bien rempli. «On dit aux gens qu’on va leur livrer après notre production. J’anticipe qu’on devrait livrer nos dernières commandes vers la mi-mai. Ce qui m’a le plus impressionné, c’est d’entendre de nombreuses personnes nous dire qu’ils allaient chercher leur sirop en Beauce habituellement, mais qu’ils viennent le chercher ici (en raison du confinement régional). Il y a des gens qui nous ont rappelés pour nous dire que c’est le meilleur sirop qu’on a produit. Et notre beurre d’érable, les gens capotent!» , assure l’enthousiaste acériculteur qui possède aussi un excellent sens de la vente.

En plus de donner un coup de main à l’érablière Au Sucre d’or, Antoine Roussel s’occupe aussi de la livraison aux quatre coins de la région. Au cours des dernières semaines, il a avalé des milliers de kilomètres, d’abord de Vancouver à Saguenay, puis sur les routes de la région.

«Nous, notre produit est pur et il n’y a pas d’agents de conservation», argue-t-il, en racontant qu’un client a tellement été séduit par leur produit qu’il en a fait cadeau à des amis en leur en faisant parvenir en Allemagne.

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CONVAINCU DE LA REPRISE DE ACTIVITÉS DANS LA LNH

Pour Antoine Roussel, il ne fait aucun doute qu’il rechaussera les patins cet été pour terminer la saison régulière dans la Ligue nationale de hockey (LNH), tout comme il est convaincu que les séries seront également disputées durant la belle saison.

« On n’aura pas le choix, car c’est notre travail et je suis effectivement excité (à l’idée) de rejouer au hockey. M’occuper de l’érablière (Au Sucre d’or de Laterrière), j’adore ça, mais le hockey me manque, car j’adore ça et j’ai le goût d’allonger ma carrière au maximum, parce que c’est tellement l’fun de jouer! J’ai d’ailleurs l’impression que ça va beaucoup me manquer quand je vais tirer la plogue », avoue l’attaquant de 30 ans qui évolue pour les Canucks de Vancouver.

« Si on nous dit qu’on va jouer cet été, je suis prêt et je suis partant. J’ai hâte! », assure-t-il en entrevue téléphonique. Comme bien d’autres joueurs, il s’entraîne chez lui. « Les gars sont relativement bien équipés en général. De plus, comme travailleur autonome, on se doit de se garder en forme. Moi, je suis confiant. Le seul truc que j’anticipe comme problématique, c’est que les matchs soient joués dans quatre ou cinq endroits. Ce sera difficile pour les joueurs qui ne seront pas dans leur ville », estime-t-il.

Dans son cas, par exemple, il trouve difficile l’idée d’être loin de sa famille pendant deux mois, surtout que l’accouchement de sa conjointe est prévu en juin. « On fait tellement un beau métier, mais c’est difficile pour nos conjointes qui tiennent le fort. Mon “feeling” est mitigé par rapport à la reprise pour cette raison-là, mais s’il le faut, ce sera ça », convient-il.

La naissance de leur troisième enfant est aussi l’une des raisons qui a poussé la famille à quitter Vancouver pour le Saguenay. Dans le contexte actuel, sa conjointe pourra être entourée de sa famille et obtenir plus d’aide que si elle était à Vancouver. Mais il avoue que le confinement est aussi difficile pour ses parents qui résident à Mont-Tremblant et qui ne peuvent serrer dans leurs bras leurs petits-enfants. « On n’a même pas pu les voir en raison des circonstances actuelles. Ma mère trouve cela très dur. Quand on est au Québec, on va toujours les voir! » 

L’idée de terminer la saison pour enchaîner rapidement avec les séries après cette pause forcée de plusieurs semaines ne lui pose pas vraiment de problème. « Ce n’est pas comme si on jouait des séries dans une semaine, nuance-t-il. On n’est pas comme une Ferrari qui redémarre tout de suite. Je pense qu’il y a une différence entre une adaptation d’une, de deux ou trois semaines. Moi, je pense qu’un bon deux semaines et demie serait le minimum avant de pouvoir penser à jouer du hockey de très haut niveau », a-t-il conclu.

Antoine Roussel a hâte de renouer avec l’action. L’attaquant des Canucks de Vancouver est convaincu que la LNH reprendra bel et bien ses activités au cours des prochaines semaines.