La rivière des Outaouais, à la hauteur d'Ottawa et de Gatineau
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COVID-19: une tendance qui pointe vers le rouge en Outaouais

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
La transmission de la COVID-19 dans la communauté en Outaouais n'est pas encore contrôlée et si la population ne collabore pas suffisamment aux efforts pour «casser» rapidement la deuxième vague, «notre région se rendra aussi au palier d'alerte maximale, soit le palier rouge», appréhende la directrice régionale de la santé publique, la Dre Brigitte Pinard.

Comme elle l'a fait à plusieurs reprises au cours des dernières semaines, la Dre Pinard a insisté, mercredi lors d'un point de presse virtuel, sur l'importance de suivre les consignes sanitaires afin de freiner la propagation de la COVID-19 en Outaouais, qui est considérée comme une zone orange (alerte) depuis la semaine dernière.

«Nous n'avons pas encore réussi à contrôler la transmission du virus dans la communauté», a-t-elle déploré.

Même si certains rassemblements pouvant atteindre 25 personnes dans les lieux publics sont encore permis en zone orange, la santé publique régionale «recommande fortement d'éviter tous les rassemblements». «Il ne faut pas attendre d'être au palier rouge pour éviter les rassemblements», a insisté la Dre Pinard.

La directrice régionale de la santé publique en Outaouais, la Dre Brigitte Pinard.

La directrice régionale de la santé publique a aussi tenu à souligner que les efforts individuels ne suffisent pas dans le contexte actuel, en invitant la population à participer au défi lancé par le gouvernement de limiter les contacts sociaux du 1er au 28 octobre.

«Collectivement, si chacun fait des efforts, nous sommes capables de faire diminuer le nombre de cas confirmés dans la région, plaide-t-elle. […] On vous invite à éviter tous les rassemblements, [à] ne pas faire de soupers d'amis ni de soupers de famille. On comprend que c'est un sacrifice pour tous, mais il est vraiment essentiel qu'on le fasse collectivement, que chacun mette la main à la pâte pour faire une différence.»

Optimisme

La Dre Pinard demeure malgré tout «optimiste». «Nous sommes rendus dans une situation sérieuse et j'ai espoir que la population – l'ensemble de notre population – va comprendre qu'on n'a pas le choix d'agir», a-t-elle mentionné.


« Nous n'avons pas encore réussi à contrôler la transmission du virus dans la communauté »
Dre Brigitte Pinard

Les données présentées mercredi par le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) sont révélatrices de l'ampleur de la deuxième vague. Entre le 1er et le 26 septembre, pas moins de 444 cas de COVID-19 ont été confirmés dans la région. Mercredi, ce nombre avait déjà dépassé 500. Le précédent record mensuel datait du mois de mai, avec 249 nouveaux cas confirmés.

Les jeunes adultes sont ceux qui sont le plus souvent infectés, alors que les 20-29 ans représentent près du tiers des cas enregistrés dans la région entre le 30 août et le 26 septembre.

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Dépistage

La présidente-directrice générale adjointe du CISSSO, France Dumont, a fait savoir que l'organisation effectue actuellement «tout près de 800 dépistages par jour». Les rendez-vous peuvent, «pour l'instant», être octroyés dans un délai de 24 à 48 heures.

La présidente-directrice générale adjointe du CISSSO, France Dumont

Là où le bât blesse encore, c'est pour la divulgation des résultats. Le délai moyen actuellement observé en Outaouais est de sept jours, alors que le CISSSO «vise bien sûr à avoir des résultats dans les 24 à 48 heures, ou 72 heures maximum», a mentionné Mme Dumont.

Le nouvel appareil qui permettra de procéder localement à 1100 analyses de plus par jour n'est pour sa part toujours pas en fonction, même si «tous les tests nécessaires» ont été effectués et que le personnel a été formé pour l'utiliser. «Notre problématique est à l'effet que nous attendons l'autorisation de Santé Canada pour utiliser des réactifs de notre nouvel analyseur», a expliqué Mme Dumont en avouant avoir hâte «que ça aboutisse enfin».

Le ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe, a pour sa part interpellé Santé Canada sur Twitter à ce sujet.

«Le CISSS de l’Outaouais attend toujours après vous pour pouvoir traiter les résultats des tests de #COVID19 plus vite, a-t-il écrit. Faudrait les rappeler, on a des citoyens à protéger. On veut que ceux qu’on aime soient en sécurité!»