Cette employée d'un café de Wellington était fort occupée à la première journée du «déconfinement» progressif en Nouvelle-Zélande.
Cette employée d'un café de Wellington était fort occupée à la première journée du «déconfinement» progressif en Nouvelle-Zélande.

COVID-19: ruée vers la bouffe en Nouvelle-Zélande [PHOTOS]

WELLINGTON — Pour fêter l’assouplissement des mesures de confinement, les Néo-Zélandais se sont rués mardi sur les commerces de nourriture pour assouvir leurs envies de frites, cafés, biscuits ou autres petits plats après cinq semaines de privation.

À travers tout le pays, où l’épidémie de coronavirus semble maîtrisée, de longues files de voitures se sont formées devant les services au volant de fast-foods.

Avant même le lever du soleil, une cinquantaine de véhicules faisaient la queue devant un des établissements de la ville d’Hastings, située dans l’île du Nord, selon McDonald’s.

De leur côté, les amateurs de petit noir se pressaient dans les cafés demeurés portes closes durant cette période où même la vente à emporter était interdite.

«C’est super après autant de temps», souligne Roop Kaur, propriétaire du café Mulberry Tree à Wellington, qui se hâte pour répondre au flot de commandes en ligne passées par des employés de bureau.

«Je me réjouis de faire de bonnes affaires», se félicite la gérante de cet établissement qui, comme nombre d’établissements «a beaucoup souffert».

Avec la baisse du niveau d’alerte, décrété lundi soir, les Néo-zélandais peuvent également à nouveau s’adonner à leurs activités préférées comme la pêche, la chasse, le surf, la nage et même le golf.

Les commerces de détail ont pu rouvrir leurs portes à condition qu’il n’y ait pas de contact physique au moment des achats.

Par ailleurs, les rassemblements de dix personnes au maximum sont autorisés pour des occasions comme des mariages ou des enterrements.

L'employé d'un café écrit les détails du menu.
Les rues étaient un peu moins désertes à Wellington.
Ruée vers la bouffe au McDonald's

Pas de triomphalisme

Les écoles vont rouvrir mercredi, mais le taux de fréquentation devrait être très faible, la grande majorité des élèves demeurant chez eux.

Le gouvernement estime que 400 000 personnes devraient retourner à leur travail à travers ce pays de 5 millions d’habitants.

À Wellington, mardi, le retour à la normale se faisait encore attendre.

L’une des rues habituellement les plus fréquentées de la capitale aux heures de pointe restait calme.

Pour Cheryl Robertson, qui vit au centre-ville et à l’habitude de se promener avec son chien guide Pebbles, mardi ressemblait à une matinée de week-end tranquille et non à une journée de travail normale.

Mme Robertson, qui a prévu de fêter cette fin de confinement dans son restaurant indien préféré, se félicite de la manière dont la Nouvelle-Zélande, «petite» et peu peuplée, a réagi face à la crise.

«Nous voyons la différence avec les autres pays, je ne les envie pas», dit-elle

Non loin, des ouvriers équipés de masques retournent sur leur chantier, à l’arrêt en raison du coronavirus, alors que les bus à deux étages circulent à vide.

Pourquoi pas un peu de surf?
Les golfeurs étaient de retour sur les terrains verts mardi.
La vie reprend tranquillement son cours en Nouvelle-Zélande.

Le quotidien New Zealand Herald s’est félicité du passage du niveau d’alerte le plus haut (4) au niveau 3, en titrant «Threedom», un jeu de mots avec «free» (liberté).

Aaron White, un habitant de Wellington préfère quant à lui se garder de tout triomphalisme.

«Je suis nerveux. Je pense que c’est le moment où nous devons être le plus vigilants», a-t-il déclaré à l’AFP.

Les autorités sanitaires ont indiqué mardi n’avoir enregistré que deux nouveaux cas au cours des 24 dernières heures.

Au total, l124 personnes ont été contaminées par la COVID-19 qui a fait 19 morts.

Malgré l’assouplissement des mesures, le gouvernement a rappelé que la distanciation sociale demeure en vigueur.

En bord de route, des panneaux lumineux continuent d’afficher le message «Restez chez vous, sauvez des vies».

Le niveau d’alerte 3 devrait demeurer en vigueur durant au moins deux semaines.

La première ministre Jacinda Ardern a indiqué qu’il pourra à nouveau être abaissé si les circonstances le permettent.

Pour la propriétaire du café, Mme Kaur, retrouver certaines libertés, même limitées, est source de réjouissances.

Elle reconnait qu’être «assis sur le canapé sans rien faire» a été une expérience «traumatisante».

«C’est vraiment génial de revenir et de commencer avec plus d’énergie et d’enthousiasme», se félicite-t-elle.