COVID-19: l'Outaouais placée en mode «préalerte»

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
L'Outaouais est l'une des quatre régions placées en mode «préalerte» par le gouvernement du Québec en raison de l'évolution de la pandémie.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a dévoilé mardi les quatre paliers mis en place pour guider les actions gouvernementales visant à freiner la propagation de la COVID-19.

Le premier, vert, signifie qu'une région est en mode vigilance. Le deuxième, jaune, équivaut à un niveau de «préalerte». Suivent ensuite le palier orangé (alerte modérée) et le rouge (alerte maximale).

En fonction de la situation au 5 septembre, le gouvernement a donc annoncé, mardi, que la Capitale-Nationale, l'Estrie, l'Outaouais et Laval se trouvent en mode préalerte. Les 14 autres régions sociosanitaires se trouvent dans le vert, en mode vigilance.

Au cours de la semaine dernière, une moyenne d'une dizaine de nouveaux cas confirmés se sont ajoutés au bilan de l'Outaouais chaque jour.

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Le ministre Dubé a fait savoir que le mode «préalerte» implique un renforcement des «mesures de base». «C'est sûr qu'il va y avoir plus d'inspections […] qui vont nous venir de la CNESST ou […] de la santé publique», a-t-il mentionné.


« «On avait été indulgents à date. On va en donner plus (des contraventions), parce que là, on se dit [que] malheureusement, si les gens n'écoutent pas, on va passer à cette étape-là. C'est malheureux, mais on avait averti assez d'avance». »
Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

M. Dubé assure que les résidents des quatre régions placées dans la zone jaune – «où il y a des feux qui sont allumés» – «vont le voir» et le «sentir», tout en soulignant qu'il s'agit d'«un mode de préalerte» et que «c'est facile d'en ressortir».

«Des mesures plus coercitives»

Dans un tel mode de préalerte, des «groupes spécifiques» pourront être invités à passer un test de dépistage, et «il va y avoir des contraventions supplémentaires», a ajouté le ministre. «On avait été indulgents à date, a mentionné M. Dubé. On va en donner plus, parce que là, on se dit [que] malheureusement, si les gens n'écoutent pas, on va passer à cette étape-là. C'est malheureux, mais on avait averti assez d'avance.»

Sa collègue ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, doit par ailleurs annoncer «des mesures plus coercitives» au cours des prochains jours. «Elle va arrimer une progression de ces mesures-là avec notre code de couleurs», a précisé Christian Dubé.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé.

Le Service de police de la Ville de Gatineau a de son côté fait savoir qu'il allait «prendre connaissance des consignes gouvernementales et ajuster [ses] opérations en conséquence».

La direction de santé publique de l'Outaouais prévoit pour sa part organiser un point de presse sur la situation au courant de la journée de mercredi.

Le ministre de la Santé a aussi insisté à plusieurs reprises, mardi, sur le fait que la COVID-19 est encore bien présente et que sa transmission se fait dans la communauté. «C'est un traître, ce virus-là», a-t-il lancé.

Le gouvernement a indiqué que le palier orangé – alerte modérée – permet de son côté «de limiter le nombre de personnes dans les rassemblements privés», tandis que le palier rouge – alerte maximale - «indiquerait une limitation des déplacements interrégionaux et un horaire réduit de certains secteurs commerciaux, permettant ainsi une prévisibilité notamment chez les travailleurs et les entrepreneurs».

Bilan du jour

Six des 163 nouveaux cas confirmés de COVID-19 rapportés au Québec mardi proviennent de l'Outaouais.

Cet ajout en Outaouais porte à 907 le nombre total de diagnostics de COVID-19 dans la région jusqu'à présent.

Mardi après-midi, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) a indiqué que 87 cas étaient encore actifs sur son territoire, soit 11 de moins que la veille.

Le bilan de lundi faisait aussi état d'un 34e décès causé par le virus dans la région, le premier depuis la mi-juin.

En date de mardi, quatre patients se trouvaient au centre désigné COVID-19 de l'Hôpital de Hull, dont un aux soins intensifs.

Le CISSSO a par ailleurs indiqué, mardi, avoir effectué une moyenne de 382 tests de dépistage de la COVID-19 par jour au cours des sept jours précédents.

Le centre de dépistage situé dans les locaux de La RessourSe, sur le boulevard Saint-Raymond, affichait pour sa part complet, mardi en milieu d'après-midi, pour les gens qui s'y présentaient sans avoir de rendez-vous. En temps normal, le dépistage sans rendez-vous y est offert de 8h à 20h du lundi au mercredi, et de 9h à 17h du jeudi au dimanche. Le CISSSO a fait savoir que des «problèmes techniques» ont été observés avec la centrale, mais que la situation devrait être revenue à la normale mercredi.

Sur la porte d'entrée de la clinique de dépistage de la COVID-19 sans rendez-vous, dans le secteur Hull, une affiche a été installée pour avertir les gens qu'on affiche complet.

Le CISSSO précise toutefois sur son site Internet que cette clinique de dépistage «connaît une hausse considérable du nombre de patients, ce qui augmente les délais d'attente». «Il est possible qu'à votre arrivée, nous vous remettions un coupon vous indiquant une heure de rendez-vous, ajoute l'organisation. Ce système de coupon vous évite d'attendre à l'extérieur du bâtiment à la merci des intempéries.»

Des rendez-vous peuvent être obtenus en composant le 1-877-644-4545.