«C’est important de prendre des mesures pour protéger la population, mais tout ça va faire très mal aux petits commerces», affirme la propriétaire du restaurant Choux Choux, Gabrielle Sexton.

COVID-19: les restaurants désertés par la clientèle

La clientèle semble avoir carrément déserté les restaurants depuis que le gouvernement a ordonné la fermeture de la plupart des lieux publics. Même si Québec autorise les restaurants à demeurer ouverts à 50 % de leur capacité, l’achalandage y est carrément famélique. Les propriétaires qui se sont risqués à ouvrir leurs portes, lundi, dans le centre-ville de Gatineau, pourraient finalement les refermer aussitôt.

C’est le cas du restaurant Choux Choux, sur la promenade du Portage, qui se spécialise dans l’offre de salades et de produits locaux. « C’est complètement mort, lance sans détour la propriétaire, Gabrielle Sexton. Je n’ai eu que sept clients depuis ce matin. On ne dépassera pas vingt salades aujourd’hui. On se donne la journée pour voir ce qu’on va faire, mais avec un tel achalandage, ce n’est juste pas rentable de demeurer ouvert. Je dois vendre au moins 50 salades pour au moins être en mesure de payer mes employés. On comprend le message que les gens doivent rester à la maison, c’est important de prendre des mesures pour protéger la population, mais tout ça va faire très mal aux petits commerces. »

Le directeur général de Vision centre-ville, Stefan Psenak, affirme que la situation préoccupe vivement les commerçants du centre-ville. « Ils tentent de voir comment ils vont survivre à cette crise, dit-il. C’est du jamais vu. Pour plusieurs restaurants, la situation, l’achalandage n’est pas viable. Plusieurs préfèrent fermer parce que ce n’est pas rentable. On ne peut pas dire à la population d’aller encourager les commerçants locaux, ce n’est pas le 11 septembre. C’est un problème de santé publique. »

La crise du coronavirus touche aussi les traiteurs comme Lindocile, bien connu à Gatineau. La fermeture des écoles provoque l’annulation pour cette entreprise de plus de 5000 repas par semaine. « La très grande majorité des commandes pour des banquets, soupers de groupe, et repas pour des réunions tombent les unes après les autres, précise le propriétaire, Geoffrey Charbonneau. Il n’y a presque plus rien pour les prochains mois. J’ai dû mettre à pied de manière temporaire 40 employés parce que je n’ai plus assez de volume. On est cinq en cuisine aujourd’hui. On est quand même dans une bonne situation financière, mais ça ne pourra pas durer indéfiniment comme ça. » L’entreprise propose depuis quelques jours un service de livraison de repas à domicile, mais la capacité de livraison de l’entreprise demeure limitée.

Le directeur adjoint du restaurant l’Orée du bois, à Chelsea, Alain Papineau, précise qu’il n’est pas question de fermer boutique pour l’instant. « Les temps sont difficiles et on souhaite vraiment continuer d’offrir à notre clientèle une oasis culinaire, dit-il. On respecte à la lettre les recommandations du gouvernement. On plafonne nos réservations à 50 % de notre capacité. On a aussi pris de nombreuses mesures agressives de nettoyage. On lave fréquemment les points de contact et toutes les surfaces. On sait que notre clientèle est d’un certain âge, donc plus à risque et ciblée par des mesures de protection. Nous prenons aussi des mesures particulières. »