Pour l’instant, le CISSSO affirme que l’idée d’un bâtiment modulaire n’est pas dans ses cartons, même si l’unité dédiée à la COVID-19 est actuellement située dans l’Hôpital de Hull, dont la construction remonte à 62 ans.
Pour l’instant, le CISSSO affirme que l’idée d’un bâtiment modulaire n’est pas dans ses cartons, même si l’unité dédiée à la COVID-19 est actuellement située dans l’Hôpital de Hull, dont la construction remonte à 62 ans.

COVID-19: le CISSSO n’a pas levé la main pour un bâtiment modulaire

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
Québec a beau avoir la volonté d’en construire un peu partout en province, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) indique ne pas avoir levé la main dans le but d’aménager un bâtiment modulaire aux abords de l’un de ses hôpitaux pour isoler les patients en cas de seconde vague de COVID-19.

« Ce n’est pas prévu pour le moment », a spécifié l’organisation au Droit.

De telles ailes temporaires, qui sont reliées à l’hôpital par un corridor, mais sont dotées de chambres individuelles en plus d’avoir leur propre système de ventilation, ont par exemple récemment été aménagées en l’espace d’à peine quatre mois à l’Hôpital général du Lakeshore et au Centre hospitalier de St. Mary, à Montréal. Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal affirme que le coût de chacune des installations s’élève à environ 12 millions $.

Par écrit, l’attachée de presse du ministre de la Santé, Christian Dubé, confirme que le gouvernement compte développer ce modèle « principalement dans le Grand Montréal, et ailleurs au Québec ».

Pour l’instant, le CISSSO affirme que l’idée n’est pas dans ses cartons, même si l’unité dédiée à la COVID-19 est actuellement située dans l’Hôpital de Hull, dont la construction remonte à 62 ans.

L'Hôpital de Hull

L’organisme Action Santé Outaouais juge le concept « intéressant » et ne comprend pas la réaction du CISSSO.

« L’Hôpital de Hull est vétuste, le risque de contamination y est plus grand que s’il s’agissait d’un hôpital plus moderne. De toute façon, pourquoi on se passerait de la manne pendant qu’elle passe ? Pourquoi la région s’en priverait ? Évidemment que l’Outaouais devrait être considérée parmi les régions qui en seront dotées », affirme le président Denis Marcheterre.

Celui-ci croit qu’un modulaire neuf serait une belle façon de « gérer le risque » en cas de deuxième vague de coronavirus dans les prochains mois.

« Il faut gérer la crise comme on peut, pas toujours comme on veut. Ça pourrait nous permettre de prévoir, alors mon Dieu, faisons-le. Il n’y a pas de solutions parfaites, c’est vrai, sauf que celles qui sont bonnes, on ne crache pas dessus », lance-t-il.

Des représentations auprès du ministre Dubé

De son côté, le député de Pontiac André Fortin estime qu’un bâtiment comme celui-là serait un « bel atout » pour la région et compte bien faire des représentations en ce sens auprès du ministre Dubé.

« Pour nous (au Parti libéral), c’est clair que l’Outaouais doit avoir un centre comme celui-là. Ça peut aider. M. Dubé, qui a pu voir la qualité de ces installations, doit avoir une idée où on pourrait en faire. J’ose croire que l’Outaouais est déjà dans sa ligne de mire », indique-t-il.

André Fortin

L’élu pense que le terrain de l’Hôpital de Hull serait un endroit de choix pour accueillir un édifice de ce type.

« Tout le monde dans la région le sait : c’est un vieil hôpital où il y a énormément de défis, surtout quand on doit faire de la distanciation physique dans le contexte de la COVID. Les corridors sont étroits, il y a plusieurs patients dans les chambres, l’infrastructure n’est pas adaptée aux besoins. Avoir une unité modulaire semble nécessaire et important. Oui, le bilan (régional) du nombre de cas est plus positif que dans la plupart des régions, mais nous ne sommes pas à l’abri d’une deuxième vague. On doit se préparer autant au niveau des services que de l’organisation physique, surtout que c’est quelque chose qui peut se faire rapidement », de dire M. Fortin.

Le bureau du ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, n’était pas en mesure de commenter le dossier.