Les gens affluaient, lundi matin, à la clinique de dépistage sans rendez-vous aménagée dans les locaux de La RessourSe, sur le boulevard Saint-Raymond
Les gens affluaient, lundi matin, à la clinique de dépistage sans rendez-vous aménagée dans les locaux de La RessourSe, sur le boulevard Saint-Raymond

COVID-19: la ligne téléphonique «fait broche à foin», dit Lacombe

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Pendant que l'Outaouais enregistrait lundi sa plus forte hausse de cas confirmés de COVID-19 depuis le mois de mai, les efforts de nombreux citoyens pour obtenir un test de dépistage ont été infructueux. Plusieurs se sont butés à une ligne qui raccroche. Le problème, qui «fait broche à foin» aux yeux du ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe, pourrait toutefois ne pas être réglé avant jeudi.

L'Outaouais atteindra vraisemblablement la barre des 1000 cas confirmés de COVID-19 mardi, alors que l'ajout de 20 cas dans le bilan de lundi porte à 998 le nombre total diagnostics de la maladie dans la région depuis le début de la crise. Dans sa mise à jour de lundi, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) a indiqué que 99 cas étaient encore actifs. Du lot, trois personnes étaient hospitalisées, dont une aux soins intensifs.

L'Outaouais est toujours en mode préalerte en raison de l'évolution de la pandémie dernièrement dans la région. Malgré cela, l'accès au dépistage demeure difficile.

C'est entre autres le cas pour la prise de rendez-vous par téléphone, via la ligne 1-877-644-4545. À l'instant de plusieurs citoyens, Le Droit a effectué de nombreux essais infructueux, alors que la ligne raccrochait dès que le choix «Outaouais» était fait.

«C'est inacceptable que les gens téléphonent et que ça raccroche, ça fait broche à foin, a réagi le ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe. […] Personne n'est content de ça. Le CISSSO ne l'est pas, moi je ne le suis pas, les citoyens ne le sont pas et le réseau de la santé non plus parce qu'on veut soigner le monde et on veut faire passer des tests.»

La présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion, a expliqué lundi qu'un premier problème a été réglé il y a quelques jours, mais que les nouveaux pépins sont causés par une forte hausse de la demande, alors que «plus de 3000 appels par jour» sont reçus.

«On manque de lignes téléphoniques, a reconnu Mme Filion. […] On est en train de déployer des nouvelles lignes téléphoniques [et] on ajoute à nouveau du personnel. […] Il n'y a pas de file d'attente, donc à ce moment-là, l'appel se perd.»

Selon la grande patronne du CISSSO, le tout devrait être rétabli «d'ici jeudi en fin de journée».

En personne

L'accès au dépistage n'était pas non plus évident en personne, du moins pas pour tout le monde. Les gens affluaient, lundi matin, à la clinique de dépistage sans rendez-vous aménagée dans les locaux de La RessourSe, sur le boulevard Saint-Raymond. Au sol, il n'y avait aucune démarcation pour aider les citoyens à garder deux mètres de distance entre eux.

Une mère de famille de Gatineau a rapporté au Droit que plusieurs dizaines de personnes se trouvaient en file à l'extérieur de La RessourSe, vers 8h30 lundi matin.

«Je suis enrhumée, alors j'y allais de façon préventive, c'est ma conscience sociale qui me disait d'y aller pour ne pas prendre le risque de contaminer d'autres personnes, a raconté la Gatinoise. Ils ne distribuaient pas de coupons, personne ne venait voir les gens dans la ligne et quand quelqu'un a fini par arriver, il est allé voir les gens à la fin de la file pour dire qu'ils ne passeraient probablement pas [le jour même] et que ça semblait complet pour la journée.»

La mère de famille a donc rebroussé chemin après 45 minutes d'attente, comme «une vingtaine de personnes».

Au passage du Droit en milieu d'avant-midi, une dizaine de personnes faisaient la file et une employée prenait en note leurs coordonnées afin qu'ils puissent être contactés plus tard pour obtenir un rendez-vous.

Le CISSSO reconnaît qu'il y a «un achalandage accru de personnes qui se présentent au centre de prélèvement au 135 Saint-Raymond». «[Lundi avant-midi], plus de 200 coupons ont été remis pour le sans rendez-vous, a fait savoir le CISSSO. Un agent de sécurité sur place assure de bien diriger les personnes qui s'y présentent pour un rendez-vous ou un sans rendez-vous.»

Alors que les heures d'ouverture de cette clinique de dépistage sans rendez-vous sont actuellement de 8h à 20h du lundi au mercredi et de 9h à 17h du jeudi au dimanche, le CISSSO laissera les portes ouvertes de 8h à 20h les jeudis et vendredi à compter de cette semaine. «De plus, 1000 plages horaires seront ajoutées cette semaine et 1000 autres la semaine prochaine afin de mieux répondre à la demande», a indiqué l'organisation.

La clinique de dépistage sans rendez-vous aménagée dans les locaux de La RessourSe, située sur le boulevard Saint-Raymond.

Deuxième vague

Malgré ces problèmes, le ministre Mathieu Lacombe estime que le Québec «est prêt» à affronter une deuxième vague. «Je pense que les citoyens, en Outaouais comme partout ailleurs au Québec, doivent être rassurés, a-t-il dit en mêlée de presse. On a un bon système de santé, on n'est pas au Rwanda là, on n'est pas dans un pays du tiers-monde. On a des professionnels, et même si on a nos défis, […] on va être capable de gérer ça, cette deuxième vague.»