La présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion, et la Dre Christelle Aïcha Kom Mogto, médecin-conseil en santé publique, ont fait le point dimanche après-midi sur la situation dans la région.
La présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion, et la Dre Christelle Aïcha Kom Mogto, médecin-conseil en santé publique, ont fait le point dimanche après-midi sur la situation dans la région.

COVID-19: «Il est important qu'on ne se repose pas sur nos lauriers», insiste le CISSSO

Ce n'est pas parce que l'Outaouais ne compte encore aucun cas confirmé de COVID-19 que la population peut prendre la situation à la légère, insistent les autorités du réseau de la santé. «Il est important qu'on ne se repose pas sur nos lauriers, bien au contraire, il faut intensifier les mesures», insiste la Dre Christelle Aïcha Kom Mogto, médecin-conseil au sein de la direction régionale de santé publique.

La clinique de dépistage de la RessourSe, dans le secteur Hull, a reçu 48 patients lors de sa journée d'ouverture, samedi. Cinquante-six rendez-vous étaient à l'horaire dimanche. Personne ne peut s'y présenter sans avoir préalablement appeler au 1-877-644-4545.

La clinique de pré-évaluation a pour sa part vu 12 personnes. Du lot, neuf ont été soumises au test de dépistage du nouveau coronavirus.

En parallèle, «chacune des urgences de la région de l'Outaouais peut faire des dépistages, donc on peut faire un très grand volume», a indiqué la présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), Josée Filion. La clinique de dépistage permet tout de même de «diminuer la pression» sur les urgences, dit-elle. Mme Filion avait aussi annoncé, samedi, l'ouverture d'une deuxième clinique COVID-19 dans la région, à une date qui reste à être déterminée.

L'obtention d'un résultat négatif ne veut pas pour autant signifier que les précautions ne sont plus nécessaires.

«Tous ceux qui ont des tests négatifs reçoivent leurs résultats et nous leur recommandons de rester quand même en isolement et de suivre vraiment toutes les mesures jusqu'à ce que les 14 jours depuis la fin de leur voyage ou depuis le dernier contact soient écoulés», a insisté la Dre Kom Mogto, dimanche après-midi en point de presse.

Deux personnes ayant subi un test de dépistage jeudi dans la région attendaient toujours, dimanche, de savoir si elles ont contracté ou non la COVID-19.

«Les résultats nous parviennent directement du Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) et aussitôt qu'on a les résultats, on appelle les patients», a fait savoir la Dre Kom Mogto, en précisant que le gouvernement organisait la décentralisation des analyses en raison du volume qui ne cesse d'augmenter. En Outaouais, une quinzaine de résultats arrivent chaque jour, en moyenne après 24 à 48 heures. Est-ce normal que certains attendent plus de 72 heures? «Je pourrais difficilement répondre pour le LSPQ», a répondu la médecin-conseil.

Les autorités du réseau ne cessent de le marteler, la situation est sérieuse. Le CISSSO applique à la lettre l'interdiction des visites dans les hôpitaux et centres d'hébergement, sauf pour certaines raisons humanitaires comme la présence d'un accompagnateur pour un accouchement. Les visiteurs – sans symptômes et qui n'ont pas voyagé dans les 14 derniers jours – sont aussi permis aux soins intensifs, auprès des personnes en fin de vie et pour les enfants hospitalisés en pédiatrie.

Josée Filion a assuré que le personnel des centres d'hébergement va contacter les familles pour les informer de toute «situation particulière» pendant la durée de l'interdiction des visites.

L'hygiène assidue des mains et les «mesures de distanciation» sont aussi primordiales, a rappelé la Dre Kom Mogto. Les contacts auprès des personnes de 70 ans sont aussi proscrits en cas de symptômes ou de voyage récent, a-t-elle ajouté.

Tout en continuant le «recensement» de ses employés touchés pas les mesures d'isolement, le CISSSO a commencé «le délestage» de certaines activités cliniques. Pour les patients qui n'ont pas reçu d'appel, les rendez-vous sont maintenus, assure Mme Filion. Mais «la situation évolue d'heure en heure» et l'objectif est évidemment de se concentrer sur les services essentiels.

Alors que le Québec est en état d'urgence sanitaire depuis samedi, le réseau de la santé subit «une grande pression» qui incite le CISSSO à faire «appel à la responsabilité et à la bienveillance de l'ensemble de la population».

«Chacun doit avoir des comportements prudents et faire des choix raisonnables, insiste Josée Filion. Nos urgences doivent servir aux gens qui requièrent des soins d'urgence. En résumé, ce que je sous-entends, c'est 'soyez responsables dans les choix de vos activités récréatives'.»