En pleine crise de la COVID-19, le nombre de commandes d’épicerie en ligne a triplé voire quadruplé dans certains supermarchés qui offrent cette option en Outaouais.

COVID-19: explosion des achats d’épicerie en ligne

En pleine crise de la COVID-19 et alors que les heures d’ouverture des magasins ont été réduites, le nombre de commandes d’épicerie en ligne a triplé voire quadruplé dans certains supermarchés qui offrent cette option en Outaouais.

« Ç’a explosé. On parle de 50 livraisons par jour, c’était le cas lundi, alors qu’ordinairement on en compte une dizaine. J’ai attitré davantage d’employés là-dessus. Le problème que l’on vit, c’est que même si ça s’est replacé un peu (l’inventaire sur les tablettes), après la débandade de jeudi et vendredi dernier, où on s’est fait vider côté farine, pâtes alimentaires, papier hygiénique et boîtes de conserve, maintenant il y a les viandes. Il faut bien qu’ils abattent des poulets. On devrait recommencer à reprendre le contrôle », lance le propriétaire du IGA Extra des Grives, Jean Fortin.

Ce dernier, qui affirme que le chiffre d’affaires quotidien du magasin a bondi de 20 à 30 % ces derniers jours, soutient toutefois que la patience est de mise, car il peut s’écouler jusqu’à 48 heures, selon les cas, pour qu’une commande soit prête.

Le son de cloche est similaire pour Christian St-Jacques, propriétaire du IGA Extra Famille St-Jacques, qui ironiquement œuvrait à l’une des caisses de son magasin lorsque contacté mercredi.

« Ça déborde, il y a beaucoup plus de clients qui l’utilisent, je dirais deux ou trois fois plus. Il y a deux personnes à temps plein là-dessus. Il faut prévoir des délais supplémentaires, des retards. […] Au magasin, ce n’est pas la folie comme vendredi dernier, mais il y a un achalandage persistant. Le propriétaire ne chôme pas lui non plus », a-t-il dit.

D’autres épiciers de la région ont référé Le Droit aux communications corporatives de la bannière qu’ils représentent, mais n’ont pas nié que le nombre de transactions d’épicerie en ligne est en hausse.

Preuve que l’épicerie en ligne est fort populaire à l’heure actuelle, un test effectué par Le Droit jeudi soir sur le site web de Metro a permis de constater que la prochaine plage horaire disponible pour une livraison dans le secteur Gatineau était le 24 mars en après-midi.

D’autre part, le président régional de l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA), Pascal St-Pierre, tient à lancer un message au public.

« On revient avec un flot un peu plus normal, on est soulagés. Mais le mot d’ordre que l’on donne aux gens, c’est de respecter les quantités limites s’il y en a. Ça ne donne rien d’empiler du stock à la maison, on reçoit de la marchandise tous les jours. Si tu es seul un dimanche à la maison et que 20 personnes arrivent chez toi, ça te vide un frigo. Il faut juste avoir la chance de renflouer les étalages. Et il faut arrêter de penser que les épiceries vont fermer, c’est loin d’être le cas en ce moment. Il faut donner le temps aux entrepôts et aux grossistes de se réapprovisionner, c’est une roue qui tourne », affirme-t-il.

Celui-ci félicite tous les épiciers de la région ainsi que le personnel qui malgré tout « se présente au travail avec le sourire pour servir la population ».

Le taux d’absentéisme dans les supermarchés est actuellement faible, précise-t-il, un signe à son avis que les employeurs ont la confiance de leur équipe avec les règles d’hygiène en place.

ET À LA PHARMACIE...

Les pharmacies qui offrent la livraison d’ordonnances à domicile constatent elles aussi une augmentation de la popularité du service. C’est le cas entre autres d’Uniprix Beaucage Dessureault, sur le boulevard Maloney Est.

« On parle potentiellement du double et on s’attend à ce que ça augmente encore. Souvent, c’est nous qui nous le proposons aux clients, par exemple quand on voit dans le dossier qu’il s’agit d’une personne de 70 ans et plus, question de leur éviter des déplacements. On en fait la promotion de plus en plus et éventuellement, quand tout ça (la crise) sera finie, ça va nous aider à gérer l’achalandage. Certains vont adopter cette stratégie », de dire le pharmacien propriétaire Martin Beaucage.