Un nombre total de 924 cas d'infection au virus a été rapporté en Outaouais depuis le début de la pandémie.
Un nombre total de 924 cas d'infection au virus a été rapporté en Outaouais depuis le début de la pandémie.

COVID-19 en Outaouais: «On n'est pas partis dans la bonne direction»

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
«On doit faire très attention, on n'est pas partis dans la bonne direction», a lancé mercredi la directrice de santé publique de l'Outaouais, la Dre Brigitte Pinard, en insistant sur le fait que les consignes gouvernementales doivent être respectées, particulièrement dans un contexte où plusieurs personnes infectées ces dernières semaines peinent à identifier tous leurs «contacts étroits».

Un bond de 17 nouveaux cas confirmés a été observé dans le bilan régional de mercredi, ce qui confirme la tendance à la hausse plus marquée observée dernièrement, qui est à l'origine de la phase de préalerte dans laquelle l'Outaouais a été placée par le gouvernement la veille. 

L'Outaouais a ainsi connu la deuxième plus forte hausse du taux de cas confirmés par 100 000 habitants parmi toutes les régions du Québec, derrière la Capitale-Nationale.

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Une nouvelle éclosion a aussi été rapportée à la résidence à assistance continue McConnell du secteur Aylmer, qui héberge des usagers ayant une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l'autisme ou un trouble grave du comportement. Six résidents et trois travailleurs de la santé de cette résidence ont été infectés. «Nos usagers qui sont touchés se portent bien», a fait savoir la directrice adjointe de la déficience et de la réadaptation du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), Stéphanie Legault, en précisant qu'aucun d'entre eux n'est hospitalisé.

Transmission communautaire

La Dre Pinard a indiqué en point de presse, mercredi, que «la vaste majorité des cas» diagnostiqués ces dernières semaines «sont acquis dans la communauté», alors qu'au printemps, les cas étaient davantage concentrés chez les travailleurs de la santé et dans les milieux de soins ou d'hébergement.

«On commence aussi à voir de plus en plus de liens entre les cas et des événements comme des fêtes privées et aussi la fréquentation de restaurants», a-t-elle ajouté.

Une augmentation est observée dans le groupe d'âge des 59 ans et moins, particulièrement chez les 20 à 29 ans. Le CISSSO a indiqué mercredi que sur les 924 cas diagnostiqués dans la région depuis le début de la pandémie, 76 sont encore actifs, soit 11 de moins que la veille.

Quatre personnes étaient alitées au centre désigné COVID-19 de l'Hôpital de Hull mercredi, dont une aux soins intensifs.

Sans pouvoir dire s'il s'agit du début d'une deuxième vague, la Dre Pinard estime qu'il pourrait à tout le moins s'agir d'une «petite vague». Le CISSSO est rendu à une moyenne quotidienne de 400 tests de dépistage par jour, un sommet depuis le début de la crise.

Enquêtes complexes

Les autorités régionales de santé publique font toutefois face à un certain casse-tête dans leurs enquêtes épidémiologiques. Les cas confirmés sont «de plus en plus complexes à enquêter», a mentionné la Dre Pinard, puisque certaines personnes infectées «ont plus d'une vingtaine de contacts étroits», soit des contacts avec lesquels la distanciation de deux mètres n'a pas été respectée.

Une collaboration aux enquêtes épidémiologiques est aussi demandée, car les autorités ont éprouvé de la difficulté, dernièrement, à joindre certaines personnes infectées ou leurs contacts étroits.

Préalerte

Tout en soulignant que le mode de préalerte n'apporte «pas de nouvelles restrictions» dans la région, la Dre Pinard a mentionné à maintes reprises que les consignes gouvernementales visant à prévenir la propagation du virus doivent être suivies à la lettre par «tout le monde».

«L'annonce de phase préalerte pour notre région nous dit clairement que nous devons faire très attention, a insisté la directrice régionale de santé publique. […] Il faut faire des efforts collectifs pour s'assurer que toutes les mesures en place soient respectées par tous, et je tiens à souligner ici par tous. La lutte au coronavirus, c'est une responsabilité collective et tout le monde doit y contribuer.»

La directrice de la santé publique en Outaouais, Dre Brigitte Pinard.

La vigilance est particulièrement de mise afin de réduire les risques d'éclosions dans les milieux de vie pour aînés et dans les écoles, a aussi rappelé la Dre Pinard. Cette dernière a précisé que les «quelques cas isolés» rapportés dans des écoles de l'Outaouais étaient liés à une transmission communautaire, et non au sein du milieu scolaire, tout en indiquant que les disparités entre la liste gouvernementale des écoles touchées et la réalité devraient être réglées au courant des prochains jours.

En rappelant les mesures à respecter, la Dre Pinard a précisé qu'elles doivent toutes «s'additionner». «Ce n'est pas parce qu'on met un couvre-visage qu'on peut se rapprocher à l'intérieur de deux mètres d'une personne», a-t-elle donné en exemple.

Le mode de préalerte fait par ailleurs en sorte que les équipes de santé publique intensifient les interventions dans les milieux de travail pour soutenir les entreprises «dans l'application des mesures sanitaires», particulièrement dans les commerces plus à risque comme les bars et les restaurants.

Le Shaker Gatineau

Les autorités ont compté jusqu'à présent 19 cas d'infection à la COVID-19 parmi les travailleurs et la clientèle du restaurant Shaker Gatineau, après avoir lancé un appel au dépistage pour tous ceux qui s'étaient rendus sur place entre le 20 et le 27 août. Cette éclosion semble stable, a fait savoir la Dre Pinard, puisqu'aucun nouveau cas n'y a été lié au cours des derniers jours.