Les deux Chinois, Li Xiaoyu, 34 ans, et Dong Jiazhi, 33 ans, ont été inculpés le 7 juillet par un grand jury de l’État de Washington pour «s’être introduit frauduleusement dans des ordinateurs du monde entier et avoir volé des téraoctets de données», selon l’acte d’accusation qui était resté sous scellé jusque là.
Les deux Chinois, Li Xiaoyu, 34 ans, et Dong Jiazhi, 33 ans, ont été inculpés le 7 juillet par un grand jury de l’État de Washington pour «s’être introduit frauduleusement dans des ordinateurs du monde entier et avoir volé des téraoctets de données», selon l’acte d’accusation qui était resté sous scellé jusque là.

COVID-19: deux pirates informatiques chinois accusés aux États-Unis d’avoir ciblé la recherche

WASHINGTON — Le gouvernement américain a révélé mardi l’inculpation de deux Chinois accusés d’avoir mené, en coopération avec leur gouvernement, de nombreuses attaques informatiques notamment contre des entreprises engagées dans la recherche sur la COVID-19.

Cette annonce s’inscrit dans un contexte de tensions exacerbées entre la Chine et les États-Unis, dont le président Donald Trump ne cesse d’imputer à Pékin l’ampleur de la pandémie de nouveau coronavirus.

Li Xiaoyu, 34 ans, et Dong Jiazhi, 33 ans, ont été inculpés le 7 juillet par un grand jury de l’État de Washington pour «s’être introduit frauduleusement dans des ordinateurs du monde entier et avoir volé des téraoctets de données», selon l’acte d’accusation qui était resté sous scellé jusque là.

Ces «deux pirates informatiques chinois travaillent avec le ministère chinois de la Sécurité d’État», a déclaré John Demers, chargé des questions de sécurité nationale au sein du ministère de la Justice. «Ils pirataient en partie pour leur propre profit, mais étaient désireux d’aider leur État», a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.

Au-delà des attaques contre des entreprises d’une dizaine de pays occidentaux — dont l’Australie, le Royaume-Uni, l’Allemagne ou la Belgique —, ils ont également visé «des organisations non gouvernementales, des religieux et des militants prodémocratie et des droits de l’Homme aux États-Unis, en Chine et à Hong Kong», a-t-il poursuivi.

Selon l’acte d’accusation, les deux hommes ont notamment donné aux autorités de leur pays les codes d’accès aux courriels d’un dissident chinois en lien avec le bureau du Dalaï-Lama et ceux d’un militant hongkongais.

D’après ce document, les pirates informatiques s’étaient rencontrés lors de leurs études d’ingénieurs en Chine et ils ont volé ensemble, à partir de 2009, des secrets industriels estimés à plusieurs centaines de millions de dollars. Ils n’ont pas été arrêtés et se trouvent vraisemblablement en Chine.

Ils utilisaient des failles dans des serveurs et installaient des logiciels malveillants à l’insu de leurs victimes, s’emparant ainsi de données liées à des satellites militaires, à des panneaux solaires ou à des produits chimiques.

«Ralentir la recherche»

Récemment, ils «ont repéré des vulnérabilités» dans les systèmes informatiques d’entreprises californiennes engagées dans la recherche de vaccins, de traitements ou de tests de dépistage du nouveau coronavirus, a précisé le procureur fédéral chargé du dossier, William Hyslop.

Les autorités n’ont pas précisé si les deux hommes étaient parvenus à leur dérober des secrets. «Mais nous sommes inquiets que ce piratage ou cette tentative de piratage ralentisse la recherche, parce qu’en cas d’intrusion, l’attention se concentre sur trouver un remède à cette brèche», a souligné M. Demers.

Avec plus de 3,8 millions de cas positifs et plus de 140 000 morts, les États-Unis sont le pays le plus affecté au monde par la pandémie, qui flambe depuis plusieurs semaines notamment dans l’ouest et le sud du pays.

Donald Trump, qui espère décrocher un second mandat lors de la présidentielle du 3 novembre, mise beaucoup sur la découverte rapide d’un vaccin pour sortir de cette crise sanitaire et économique.

Alors que le secteur de la santé est engagé à plein régime dans ces recherches, la police fédérale américaine et l’agence pour la cybersécurité l’avaient mis en garde début mai contre le risque de piratage chinois.

Pékin avait fermement démenti se livrer à ce type d’espionnage, mais début juillet, le directeur du FBI Christopher Wray avait réitéré ces accusations. «En ce moment même, la Chine travaille à compromettre [...] la recherche américaine sur la COVID-19», avait-il assuré.

Le gouvernement de Donald Trump a adopté ces derniers mois un ton très critique envers la Chine, accusée par le président d’avoir dissimulé l’ampleur de la propagation du nouveau coronavirus lors de son apparition dans le centre du pays en fin d’année 2019.