C'est le branle-bas de combat dans le réseau de la santé de l'Outaouais en raison de la propagation du coronavirus.

COVID-19: branle-bas de combat pour libérer des lits au CISSSO

C'est le branle-bas de combat dans le réseau de la santé de l'Outaouais. Face à la certitude que le premier cas de COVID-19 arrivera plus tôt que tard et que tout déboulera par la suite, les autorités s'affairent à annuler des rendez-vous et à libérer des lits d'hôpital pour répondre à la crise.

Après une journée sans point de presse lundi pour se concerter « sur des messages communs » avec le ministère de la Santé, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSSO) a annoncé, mardi, avoir effectué 532 tests de dépistage du nouveau coronavirus depuis le 6 mars. Du lot, 160 ont été réalisés à la clinique de COVID-19 ouverte dans les locaux de Le RessourSe, dans le secteur Hull.

« On a au moins plus que la moitié des résultats qui sont arrivés » et ils sont tous négatifs pour l’instant, a fait savoir la Dre Carol McConnery, médecin-conseil en santé publique.

La présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion, a précisé que la clinique de La RessourSe peut doubler sa capacité initialement prévue de 56 tests par jour. Les urgences de la région continuent aussi de faire des prélèvements, de sorte que l’ouverture d’une deuxième clinique désignée pour le dépistage ne se fera que lorsque les besoins l’exigeront.

Le CISSSO a annoncé l’annulation de toutes les chirurgies électives non urgentes. Les patients concernés seront tous appelés.

Des démarches sont aussi en cours pour libérer les lits d’hôpital occupés par des patients « en fin de soins actifs » pouvant être soignés dans un autre type de ressource, le tout dans le but d’être en mesure de recevoir les personnes qui auront besoin d’être hospitalisées en raison de complications de la COVID-19. « On vise au minimum 60 à 70 lits à libérer dans nos centres hospitaliers, principalement au niveau urbain », a dit Mme Filion. 

La présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion, et la médecin-conseil en santé publique, Dre Carol McConnery

Le CISSSO voit aussi plus loin, en fonction de différents scénarios. Des services qui n’ont pas absolument besoin d’être offerts à l’hôpital pourraient être déplacés ailleurs dans la communauté. « On n’écarte en ce moment aucune piste », a mentionné la grande patronne du CISSSO.

Malgré tous ces efforts associés à la crise de la COVID-19, Josée Fillion assure que « tous les autres patients nécessitant des soins ne sont pas mis de côté pour autant ».

L’organisation demande par ailleurs désormais aux gens « de ne pas se présenter au pré-triage » installé dans des locaux modulaires près de La RessourSe. Toutes les personnes symptomatiques doivent appeler au 1-877-644-4545 pour savoir si elles doivent subir un test de dépistage.

En ce qui concerne les craintes de certains usagers de La RessourSe, Mme Filion rappelle que les personnes qui s’y présentent pour le dépistage « utilisent un circuit prédéterminé afin d’éviter tout contact avec la clientèle » du centre de réadaptation.

Pour l’instant, le CISSSO affirme ne pas être rendu « à l’étape de penser à un service à l’auto pour le dépistage », une méthode déjà utilisée ailleurs, notamment à Ottawa et dans d’autres régions du Québec.

Le personnel soignant du réseau de la santé a par ailleurs accès à tout le matériel de protection nécessaire pour affronter la COVID-19, assure Mme Filion, qui précise toutefois qu’un « suivi étroit des inventaires » est effectué, entre autres pour assurer que tout soit utilisé « de façon judicieuse ».