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L’imposition d’un couvre-feu jusqu’au 8 février et le prolongement pour un autre mois de la fermeture des commerces non essentiels, le tout afin de ralentir la progression de la COVID-19, continueront à faire mal à l’économie en Outaouais, mais aussi l’équilibre mental des gens qui, pour beaucoup, est déjà fragilisé.
L’imposition d’un couvre-feu jusqu’au 8 février et le prolongement pour un autre mois de la fermeture des commerces non essentiels, le tout afin de ralentir la progression de la COVID-19, continueront à faire mal à l’économie en Outaouais, mais aussi l’équilibre mental des gens qui, pour beaucoup, est déjà fragilisé.

COVID-19 : un couvre-feu qui pourrait en brûler certains

Charles-Antoine Gagnon
Charles-Antoine Gagnon
Le Droit
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L’imposition d’un couvre-feu jusqu’au 8 février et le prolongement pour un autre mois de la fermeture des commerces non essentiels, le tout afin de ralentir la progression de la COVID-19, continueront à faire mal à l’économie en Outaouais, mais aussi l’équilibre mental des gens qui, pour beaucoup, est déjà fragilisé.

Les restaurateurs seront particulièrement touchés par l’annonce du gouvernement Legault, mercredi, d’imposer à compter de samedi un couvre-feu de 20 h à 5 h, eux dont les salles à manger sont fermées, mais qui préparent des repas pour la livraison ou pour les commandes pour emporter.

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«Si j’opère une cuisine, c’est à 19 h que je vais devoir fermer pour me permettre de faire le nettoyage, pour permettre à mes employés de rentrer à la maison pour qu’à 20 h tous soient dans leur foyer», a expliqué le président par intérim de la Chambre de commerce de Gatineau, Stéphane Bisson.

La Chambre de commerce de Gatineau, Stéphane Bisson

Professeure en sciences infirmières à l’Université du Québec en Outaouais, Christine Gervais mène présentement une étude sur les impacts psychologiques du confinement sur les enfants et les parents à l’échelle de la province.

Les constats de Mme Gervais et de son équipe avec des sondages menés auprès de son échantillon vers la fin du premier confinement en mai, en juillet ainsi qu’au début novembre, dans la deuxième vague, n’augurent rien de très encourageant.

«Ce qu’on constate est qu’au début de novembre, on est revenus à des niveaux d’anxiété et de dépression similaires à pendant le premier confinement. Soixante pour cent des parents de l’échantillon avaient des symptômes d’anxiété. On a noté un bien-être inférieur à ce qu’on constate habituellement dans une population normale. On avait aussi une proportion importante de la population qui avait des symptômes dépressifs de modéré à sévère», a partagé Mme Gervais.

«Il y a clairement un phénomène de fatigue et d’épuisement que l’on constate. Au début, je pense que les gens étaient très proactifs et ont accepté de se plier à des mesures assez dures de manière spontanée parce que ça faisait du sens pour tout le monde, mais là les gens sont fatigués, ils sont épuisés. Ils vont se retrouver encore seul pendant une longue période», a ajouté Mme Gervais, qui constate une hausse des burn-out parentaux alors que plusieurs sont complètement dépassés par la charge de responsabilités qu’amène le fait d’être parent et ne plus trouver de plaisir dans ce rôle-là. 

«C’est vraiment ça le risque, soit que lorsque l’on sortira du confinement, que l’hiver finira, que l’on se retrouve avec une société vraiment mal en point avec des taux très élevés de détresse», a noté Mme Gervais.


« Ce qu’on constate est qu’au début de novembre, on est revenus à des niveaux d’anxiété et de dépression similaires à pendant le premier confinement. »
Christine Gervais

Chez Vision centre-ville, la directrice générale par intérim, Annie-Pier Caron Daviault, s’est dite encouragée par l’annonce du gouvernement de permettre à des commerces non essentiels d’offrir leurs produits à leur clientèle à la porte de leur entreprise.

«Il faudra voir les modalités par rapport à ça. Ça va peut-être avoir un impact favorable pour certains commerces qui étaient tout simplement fermés, même pour la livraison», a-t-elle expliqué observé.

Du côté des écoles, la directrice générale du Centre de services scolaire des Draveurs, Manon Dufour, a précisé que la semaine supplémentaire de l’apprentissage en ligne pour les élèves du secondaire ne cause pas de problème puisque tous les élèves et les enseignants sont équipés de matériel technopédagogique.

«Évidemment, rien ne remplace la présence d’un enseignant dans la salle de classe, il faut être franc là-dessus», a-t-elle indiqué.

La directrice générale du Centre de services scolaire des Draveurs, Manon Dufour

Les élèves du primaire devront s’habituer à porter un couvre-visage dans les corridors alors que ce n’était pas le cas avant. Les élèves de 5e et 6e année devront porter le couvre-visage en classe alors que ce n’était pas obligatoire avant.

«Il y a quand même des ajustements à faire au primaire», a souligné Mme Dufour, qui a précisé que de plus en plus d’enfants portent le couvre-visage, comme à l’épicerie, même si ce n’est pas une obligation.

«J’ai confiance que ça va bien aller. C’est sûr qu’il va falloir répéter, qu’il va falloir éduquer, qu’il va falloir bien le porter», a-t-elle ajouté.

Bonne nouvelle pour les stations de ski alors qu’aucune mesure restrictive additionnelle ne leur est imposée dans l’annonce de mercredi.