Des bars et restaurants sur la rue Laval, dans le centre-ville de Gatineau.
Des bars et restaurants sur la rue Laval, dans le centre-ville de Gatineau.

Commerces locaux à Gatineau: «certains ne se relèveront pas», craint Vision centre-ville

Les enjeux de santé publique demeurent la priorité des autorités, mais le milieu économique de l’Outaouais voit aussi sa situation s’aggraver de manière accélérée au fur et à mesure que les directives de fermetures sont émises par le gouvernement pour limiter la propagation de la COVID-19. «Il faut aider l’économie locale, c’est d’une extrême urgence», insiste la députée de Hull, Maryse Gaudreault.

L’Outaouais tente de s’organiser comme elle le peut face aux impacts du nouveau coronavirus. Un comité de crise composé des cinq députés provinciaux, de la direction du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) et des préfets vient d’être créé afin de jouer le rôle de canal de communication entre les différents acteurs de la région et le gouvernent du Québec. Une première conférence téléphonique a eu lieu dimanche et cela doit se reproduire quotidiennement.

Le directeur général de Vision centre-ville, Stefan Psenak, ne cache pas son inquiétude devant la situation qui touche l’ensemble des commerces, restaurants et boutiques. L’organisme a d’ailleurs lancé un sondage, lundi matin, afin d’avoir un portrait plus précis des commerces qui ont choisi de fermer leurs portes. «Beaucoup de commerces n’ont pas les moyens d’être plusieurs semaines sans entrée d’argent, dit-il. Ils n’ont tout simplement pas les liquidités pour passer à travers ça. Si rien n’est fait, s’il n’y a pas une aide d’urgence, plusieurs se retrouveront rapidement dans une situation extrêmement précaire.»

Il est difficile à l’heure actuelle, selon M. Psenak, de demeurer positif. «Je suis extrêmement inquiet pour nos commerçants, dit-il. La situation est très grave. On ne sait pas combien de temps les fermetures vont durer. Pour plusieurs, quelques semaines de fermeture c’est déjà trop. Je crains que plusieurs n’arriveront pas à s’en remettre.»

Mme Gaudreault affirme que la question des liquidités devient de plus en plus urgente pour les commerçants. «On travaille avec le gouvernement pour permettre aux entreprises de reporter leurs paiements de TVQ et de TPS, dit-elle. Une telle mesure permettrait aux entreprises de respirer un peu. Je ne crois pas que cette demande soit déraisonnable dans les circonstances.»

La mise en place d’un fonds de roulement d’urgence à l’intention des commerçants serait actuellement en discussion au gouvernement, note M. Psenak. Le ministre du Travail, Jean Boulet, doit d’ailleurs détailler un plan d’aide aux travailleurs lundi après-midi.