Certaines cliniques vétérinaires de l’Outaouais ont cessé d’accepter de nouveaux clients à cause de la pandémie de COVID-19.
Certaines cliniques vétérinaires de l’Outaouais ont cessé d’accepter de nouveaux clients à cause de la pandémie de COVID-19.

Clientèle limitée chez des vétérinaires de l'Outaouais

Depuis la reprise de leurs activités, certaines cliniques vétérinaires de l’Outaouais n’acceptent plus de nouveaux clients. Résultat : des animaux de compagnie ne peuvent recevoir une vaccination complète.

C’est notamment le cas à Clinique vétérinaire Maloney Inc., à Gatineau.

Au début de la pandémie, la clinique située sur le boulevard Maloney a décidé d’interrompre ses activités régulières afin de se concentrer seulement sur les cas urgents. Les rendez-vous préventifs n’étaient plus une option.

« Quand on a pu recommencer nos activités plus normalement, on avait environ 700 clients qui étaient en retard dans les vaccins de leur animal, ou pour des rendez-vous préventifs, indique la technicienne en santé animale Véronique Tessier. Avec un seul vétérinaire sur place, c’est déjà difficile de combler la demande pour nos clients actuels. »

Et la saison estivale est loin de venir faciliter les choses.

« C’est la période la plus occupée de l’année chez tous les vétérinaires parce qu’on doit gérer des trucs qu’on n’a pas à gérer à d’autres moments de l’année », souligne Mme Tessier en faisant notamment référence aux noyades et aux coups de chaleur chez les animaux, ainsi qu’à ceux qui se font piquer par un porc-épic.

La technicienne en santé animale ignore d’ailleurs pendant combien de temps cette mesure sera en vigueur.

« C’est vraiment pour une période indéterminée, dit-elle. Il reste à voir s’il y aura une deuxième vague et si on devra encore suspendre nos activités régulières au cours des prochaines semaines ou des prochains mois. »

Entre temps, elle recommande aux propriétaires d’animaux qui n’ont pas reçu une vaccination complète de ne pas mettre leur animal en contact avec d’autres.


« Une personne qui adopte pendant la crise doit cependant reconnaître et être consciente que les soins de santé seront plus difficiles à obtenir et devrait possiblement mettre un peu d’argent de côté pour un accident et une visite surprise à l’urgence »
Maxime Daigle

Débordé à Cantley

De son côté, la Clinique vétérinaire de Cantley a opté pour une approche différente. Les nouveaux clients sont toujours acceptés, et ce, malgré la pandémie de la COVID-19.

« Pendant le temps de confinement, on avait pris la décision de réduire nos heures d’ouverture et on s’est retrouvé avec une demande qui n’arrêtait pas de progresser », confie le vétérinaire Dr Marc Bruyninx.

« En Outaouais, les vétérinaires n’assurent pas les urgences qui sont faites par des cliniques d’urgence à Ottawa. En fermant les ponts, on s’est rendu compte que ceux qui avaient des urgences avec leur animal éprouvaient des difficultés à aller faire soigner ce dernier puisque l’accès au niveau des ponts était filtré, explique-t-il. On a donc décidé d’ouvrir un peu moins chaque jour, mais sept jours sur sept pendant le temps du confinement et là, on regarde pour rouvrir les dimanches parce que l’achalandage est élevé. »

Selon Dr Bruyninx, il existe un certain paradoxe entre la pandémie actuelle de la COVID-19 et la limitation de la clientèle chez certains vétérinaires.

« J’ai connu la médecine vétérinaire à l’époque où on était confronté avec la gestion de maladies susceptibles d’affecter les humains, par exemple la tuberculose, la fièvre aphteuse ou encore la rage, dit-il. C’est un peu surprenant qu’aujourd’hui, certains vétérinaires aient oublié qu’ils ont définitivement été confrontés avec des pathologies qui étaient potentiellement dangereuses pour les humains également. »

Solution alternative

Par ailleurs, la SPCA de l’Outaouais mentionne qu’un animal ne devrait en aucun cas se trouver mal en point, et ce, malgré le fait que la clientèle de certaines cliniques vétérinaires de la région est limitée.

« Les cliniques d’urgence sont encore opérationnelles et prendront votre animal », assure le directeur adjoint Maxime Daigle en notant que les soins de base peuvent « attendre un peu ».

« Une personne qui adopte pendant la crise doit cependant reconnaître et être consciente que les soins de santé seront plus difficiles à obtenir et devrait possiblement mettre un peu d’argent de côté pour un accident et une visite surprise à l’urgence », met-il en garde.

En attendant une vaccination complète de l’animal, M. Daigle y va de quelques recommandations.

« Pour un nouveau chien particulièrement, le vermifuge est très important et le reste des consignes coïncident un peu avec celles de la COVID, illustre-t-il. On évite les parcs à chien et les contacts avec les autres animaux qu’on ne connaît pas. On ramasse les selles immédiatement et on se lave les mains. »

« Et prenez un rendez-vous immédiatement dans une clinique. Si le rendez-vous est pour la fin du mois d’août, ce sera déjà mieux que de ne pas en avoir du tout », conclut-il.