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François Legault, le directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda et le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et leurs équipes se demandent comment réduire les visites dans les maisons qui causent tant de transmission.
François Legault, le directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda et le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et leurs équipes se demandent comment réduire les visites dans les maisons qui causent tant de transmission.

Cinq régions sous haute surveillance, prévient Legault [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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Québec, la Beauce, le Bas-Saint-Laurent, le Lac-Saint-Jean et l’Outaouais sont «sous haute surveillance», insiste François Legault. «Je suis très franc avec vous, on a des scénarios pour augmenter les restrictions dans les cinq régions qui sont difficiles actuellement.»

La nouvelle hausse récente des cas de COVID-19, dont beaucoup viennent de souches mutantes souvent plus contagieuses nommées variants, inquiète le gouvernement du Québec et la Santé publique. Encore plus à l’approche de la longue fin de semaine de Pâques.

«Les prochains jours vont être vraiment critiques», a déclaré le premier ministre Legault, mardi après-midi, lors de son point de presse habituel. Des mots répétés et entendus à d’innombrables reprises depuis un an.

Cette fois, la crainte d’une troisième vague trop forte incite les autorités à davantage de prudence.

«Quand même, la situation reste à l’intérieur de nos capacités hospitalières avec les projections actuelles», a rassuré M. Legault

«On est inquiets, puis on se demande : doit-on faire quelque chose de spécial pour la fin de semaine de Pâques? D’abord, ce n’est pas une bonne idée de faire des fêtes familiales ou des fêtes d’amis. J’ai demandé aussi à la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, de s’assurer avec tous les corps policiers qu’ils soient plus présents en fin de semaine qui vient qu’à l’habitude. [...] Ce qui est le plus important, c’est les visites dans les maisons. On voit que le problème, ce n’est pas ce qui est permis, c’est ce qui est non respecté dans les interdictions.»

Revenir au rouge d’avant

M. Legault, son ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, le directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda, et leurs équipes se demandent comment réduire ces visites dans les maisons qui causent tant de transmission. Le premier ministre a identifié quelques pistes de solution possibles.

«Par exemple, on pourrait aller plus loin que le rouge actuel et revenir au rouge qu’on avait avant, avec le couvre-feu à 20h, a-t-il affirmé. Certains endroits dans le monde ont le couvre-feu à 18h. Il y a toutes sortes de mesures qui existent. On reste présentement à l’intérieur de nos capacités hospitalières, mais la tendance est mauvaise.»

Le gouvernement Legault n’exclut donc pas d’à nouveau rétrograder certaines régions au palier d’alerte maximale, au besoin. Ou de resserrer certaines restrictions précises. 

Une mise à jour spécifique à ces cinq régions pourrait être réalisée avant la fin de cette semaine.

Fermer le gym s’il le faut

Sur l’éclosion d’une quarantaine de cas liés au Mega Fitness Gym 24 h de Québec, le ministre de la Santé veut éviter que les salles de conditionnement physique deviennent ce printemps les bars karaoké de l’automne dernier.

«On va envoyer des inspecteurs aujourd’hui, si ce n’est pas déjà fait, pour voir ce qui est arrivé et on va prendre les mesures nécessaires. S’il faut fermer le gym, on va fermer le gym», a tranché M. Dubé.

On se rappelle qu’à la fin août, une importante éclosion au bar Le Kirouac, dans le quartier Saint-Sauveur de Québec, avait provoqué une réaction en chaîne forçant à la fermeture de tous les bars de karaoké du Québec.

Pas de sous-régions

Même si M. Legault a parlé de sous-régions spécifiques où la hausse de cas de COVID-19 s’avère problématique en ce moment, l’idée de subdiviser les régions administratives en sous-régions plus petites pour adapter les consignes selon l’épidémiologie locale, comme cela a déjà été fait plus tôt dans la pandémie, n’est pas au programme des autorités.

À cause des capacités hospitalières considérées pour l’ensemble d’une région et non par sous-région.

Sont donc sous haute surveillance les régions complètes de la Capitale-Nationale, de Portneuf à Charlevoix, de Chaudière-Appalaches, incluant Lévis, Lotbinière et L’Islet, du Saguenay-Lac-Saint-Jean, même si la hausse actuelle concerne surtout Roberval, et du Bas-Saint-Laurent jusqu’à Les Méchins, même si l’activité virale est concentrée à Rivière-du-Loup et dans Kamouraska.

L’inquiétude pour l’Outaouais dépend aussi beaucoup de l’Ontario et de la région d’Ottawa. Où «leur rouge est moins sévère que notre orange», souligne le DArruda.

L’idée d’harmoniser les restrictions sanitaires est en discussion entre les deux provinces. Mais M. Legault n’exclut plus de dresser des barrages routiers à la frontière provinciale si le besoin s’en fait sentir.

Profs et éducatrices priorisés?

Pour tenter d’endiguer plus rapidement la montée des cas, ces cinq régions bénéficieront de davantage de vaccins dans les prochaines semaines. Comme la région de Montréal y avait eu droit lorsque la métropole chauffait trop.

Le Bas-Saint-Laurent et l’Outaouais sont les régions surtout ciblées par ce transfert de vaccins, à hauteur de 15 000 à 20 000, a révélé le ministre Dubé.

Le gouvernement et la Santé publique examinent aussi «de façon sérieuse» la possibilité de prioriser les enseignants des écoles et les éducatrices en garderies dans l’ordre de vaccination, à la suite d‘un projet pilote réalisé à Montréal. 

Pour le reste, l’objectif d’inoculer 1,3 million de doses de vaccin aux Québécois qui le veulent d’ici au 31 mars a été atteint deux jours plus tôt, soit lundi.

Dans la foulée, le ministre Dubé maintient l’objectif de vacciner une première fois tous les Québécois de 16 ans et plus qui le veulent d’ici au 24 juin est maintenu.

Le système de rendez-vous pour la vaccination ClicSanté (clicsante.ca) permettra de plus de voir si la plage choisie implique le vaccin AstraZeneca, dont l’administration est pour l’instant suspendue pour les gens de 55 ans et moins. La personne aura donc le choix à l’avance d’accepter de recevoir le Covishield ou de préférer un autre moment.

Un député caquiste se retire

Le député Louis-Charles Thouin s’est par ailleurs retiré du caucus de la Coalition avenir Québec, le temps qu’une enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) soit complétée au sujet de possibles conflits d’intérêts remontant à ses années comme maire de Saint-Calixte, dans Lanaudière, de 2009 à 2017.

Il perd aussi ses fonctions d’adjoint parlementaire de la présidente du Conseil du trésor et ministre responsable de l’Administration gouvernementale, Sonia LeBel.

Le premier ministre Legault dit que la décision a été prise «d’un commun accord».