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Ce sont 44 des 138 résidents du CHSLD Laflèche qui ont succombé à la COVID-19 lors de l’éclosion survenue durant la première vague.
Ce sont 44 des 138 résidents du CHSLD Laflèche qui ont succombé à la COVID-19 lors de l’éclosion survenue durant la première vague.

CHSLD: début de l’enquête publique

Sébastien Lacroix
Sébastien Lacroix
Le Nouvelliste
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Shawinigan — C’est lundi que doit s’ouvrir l’enquête publique du Bureau du coroner chargé de faire la lumière sur les morts survenus dans des milieux d’hébergement pour aînés de la province lors de la première vague de la pandémie, dont le CHSLD Laflèche à Shawinigan.

L’exercice portera principalement sur le CHSLD Herron où une cinquantaine de morts sont survenues. Ce qui pourrait d’ailleurs retarder le processus, selon La Presse, puisque le CHSLD Herron a demandé un report des audiences en fin de semaine.

Le CHSLD Laflèche a été ajouté à l’exercice, tout comme cinq autres milieux d'hébergement pour aînés, afin de permettre au Bureau du coroner «d’avoir un portrait global des événements qui se sont passés lors de la première vague de la pandémie et qui a fait tant de morts dans les résidences», a fait savoir le coroner en chef adjoint, Me Luc Malouin, en entrevue à La Presse.

L'enquête publique tentera également de faire la lumière sur les décès qui sont survenus dans les CHSLD Sainte-Dorothée, à Laval, Yvon-Brunet, à Montréal, des Moulins, à Terrebonne, René-Lévesque, à Longueuil et à la résidence pour personnes âgées Manoir Liverpool, à Lévis.

C’est Géhane Kamel qui a été désignée pour présider l’enquête qui aura pour objectif de faire la lumière sur chacun des décès survenus entre le 12 mars et le 1er mai dans le but de protéger les aînés et éviter d’autres décès dans les résidences et de faire des recommandations pour l’ensemble des milieux d’hébergement de la province.

La coroner et avocate Géhane Kamel aura le pouvoir d’appeler à la barre toute personne qu’elle trouve utile à l’enquête. Les audiences publiques se tiendront jusqu’à l’automne et la coroner pourrait prendre jusqu’à six mois pour émettre ses recommandations.

Dans le cas de l’éclosion au CHSLD Laflèche, où 44 des 138 résidents avaient succombé à la COVID-19, un rapport interne du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec rendu public en septembre dernier avait déjà pointé du doigt des problèmes de communication, la mobilité du personnel, une formation insuffisante sur la prévention et le contrôle des infections, ainsi qu’un d’un délai de 14 jours entre le début de l’éclosion et l’envoi d’une équipe d’intervention.

Des attentes du côté du syndicat

Le président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers du CIUSSS MCQ, Pascal Bastarache, admet qu'il y a des attentes en ce qui concerne l'enquête publique qui devrait se faire entendre au cours des prochaines semaines ou des prochains mois dans la région. Des salariés de la région pourraient d'ailleurs être appelés à témoigner.

Pascal Bastarache estime qu'il y a des questions qui se posent sur le mode de gestion de l'organisation. Il estime que ce n'est pas la faute d'une personne en particulier, mais sur la rapidité à mettre en œuvre les actions. D'autant plus que des problématiques ont de nouveau été rencontrées durant la deuxième vague.

En entrevue au Nouvelliste, il a rappelé que le syndicat réclamait une enquête publique depuis plusieurs mois afin de mettre le doigt sur des problèmes qui peuvent être présents dans le réseau de la santé, indépendamment qu'il y ait une pandémie ou non. «Nous voulions qu'elle soit publique pour que l'ensemble de la population puisse être mis au fait de la situation», soutient Pascal Bastarache.