Carole Doré, copropriétaire de Voyages Rideau

«C’est un peu le bordel» pour les agences de voyage

Entre le retour au pays hâtif de leurs clients et l’annulation de vacances prochaines, les agences de voyages sont complètement débordées depuis une semaine. Tout cela alors qu’un important creux de vague se pointe à l’horizon.

«C’est un peu le bordel», résume le copropriétaire de l’entreprise gatinoise Voyage Aquarelle, Samuel Charrette.

«Je ne peux même pas expliquer comment c’est en ce moment. Je n’ai jamais vu ça et ça fait 42 ans que je fais ce travail», ajoute la copropriétaire de Voyages Rideau, Carole Doré.

Cette dernière soutient que la priorité est évidemment de ramener à la maison des gens qui ont quitté le pays avant que la crise de la COVID-19 prenne une grande ampleur au Canada. Elle estime d’ailleurs que l’ensemble de ses clients devrait être de retour d’ici le 25 mars.

«Nous avons des moyens de contacter plus facilement les compagnies aériennes, explique Mme Doré. Il y a même des gens qui ont réservé leur voyage en ligne qui nous appellent maintenant pour nous demander de l’aide afin de rentrer à la maison.»

Comme certains de ses employés sont en quarantaine après une récente croisière, M. Charrette soutient que son entreprise a dû identifier les tâches prioritaires cette semaine: le rapatriement au Canada de clients et l’annulation de voyages.

Cette dernière tâche est d’ailleurs particulièrement difficile pour les agences de voyages depuis quelques jours puisque les compagnies aériennes ont changé à plusieurs reprises leur politique d’annulation après que la propagation de la COVID-19 ait été déclarée une pandémie par l’Organisation mondiale de la Santé.

«Vendredi dernier, avec Sunwing par exemple, les gens devaient payer 100 $ pour annuler leur réservation et recevoir un crédit voyage, raconte M. Charrette. Depuis hier, il donne le crédit voyage avec un supplément de 100 $. La question est de savoir si ceux qui ont annulé vendredi vont être remboursés. C’est très difficile à suivre.»

Période difficile à venir

Si les agences de voyages ont du pain sur la planche depuis quelques jours, ça pourrait être complètement l’opposé dans les semaines qui viendront.

On ne sait pas, par exemple, combien de temps les restrictions de voyages imposées par le gouvernement canadien seront en vigueur. Même une fois levée, on s’attend à ce que plusieurs soient réticents de quitter le pays.

«Il n’y a aucune réservation pour le futur en ce moment, soutient Carole Doré de Voyages Rideau. On ne sait pas quand ça va recommencer. Comme beaucoup d’entreprises, des jours difficiles s’en viennent.»