Stéphane Simoneau, coordonnateur aux mesures d’urgences à la Ville de Sherbrooke, estime que la vitesse d’action de François Legault sème la confusion dans les municipalités.
Stéphane Simoneau, coordonnateur aux mesures d’urgences à la Ville de Sherbrooke, estime que la vitesse d’action de François Legault sème la confusion dans les municipalités.

«Ça va trop vite»: Legault invité à ralentir les annonces

 L’Organisation municipale de la sécurité civile (OMSC) place la Ville de Sherbrooke en mode alerte à la suite du point de presse du premier ministre François Legault. La Ville reverra donc le niveau de chacun de ses services selon qu’ils sont essentiels ou non. Le coordonnateur aux mesures d’urgence, Stéphane Simoneau, éprouve néanmoins un malaise devant la vitesse des annonces du gouvernement provincial.

Le passage au niveau d’alerte est nécessaire pour coordonner les actions municipales avec celles de la Santé publique, notamment la fermeture des activités non essentielles. Mais c’est justement la définition de ce qu’est une activité essentielle qui entretient un flou dans les municipalités. 

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« Ça va trop vite. Nous sommes la sixième ville en importance au Québec, mais nous n’avons pas l’information en avance quand M. Legault annonce une décision. Sortir une nouvelle comme la fermeture de tous les commerces non essentiels sans nous fournir une liste, ça crée beaucoup de confusion », avance M. Simoneau. 

« Le gouvernement annonçait dimanche des mesures pour faire travailler le monde et lundi, il interdit les activités de construction... Nous voudrions une consigne claire. Il va falloir commencer à se demander si on ne va pas trop vite et si on ne fait pas plus de mal que de bien avec cette façon de faire. Quand il y a une annonce, le citoyen veut des actions tout de suite. Je commence à éprouver un certain malaise. La confusion pourrait entraîner des tragédies. »

La Ville de Sherbrooke se penchera donc sur les services qu’elle offre. « Mais si on maintient les policiers et les pompiers, on a besoin de pouvoir mettre de l’essence, de pouvoir faire appel à des mécaniciens. Il faudra aussi que le service de la paye reste ouvert. Et les communications doivent travailler pour transmettre l’information. Nous appliquerons le plan de contingence en déterminant le niveau de service que nous voulons offrir, mais lundi et mardi, tout fonctionnera normalement parce qu’il nous faudra un peu de temps pour appliquer les nouvelles mesures. »

M. Simoneau n’était pas en mesure de dire quand les baisses de services seraient annoncées. Il reste qu’une centaine d’employés supplémentaires font maintenant du télétravail. « Beaucoup d’emplois ne peuvent pas être réalisés de la maison. Il pourrait arriver que de nos employés n’aient plus de travail. Nous regarderons comment articuler cette décision. Nous ne pensions pas que ça arriverait aussi tôt. Mais dès que je peux prendre une décision, je vais l’annoncer. Et la Ville se préoccupe de la santé financière de ses employés. C’est le conseil qui verra quels genres d’aménagements sont possibles. »

Les parcs restent ouverts

En ce qui concerne les parcs, la Ville de Sherbrooke les garde toujours ouverts pour le moment. « Il serait utopique de penser qu’on peut les fermer. Il faut des mesures pour que les gens puissent tempérer leur isolement. Nous demandons donc la collaboration du public. Si on ferme les parcs, les citoyens se retrouveront dans les rues pour marcher de toute façon. Pour le moment, la directive n’est pas de rester confiné à la maison. Si c’était le cas, il faudrait une consigne claire. Mais s’il y a des rassemblements dans les parcs, il faudra intervenir. De la frustration pourrait s’installer si la population n’a plus accès à des lieux publics. »

Collecte des ordures

À noter que la collecte des ordures doit se faire en suivant un nouvel horaire à partir du 30 mars à Sherbrooke. Le nouvel horaire est maintenu. Il est possible de consulter le calendrier des collectes à sherbrooke.ca/collectes. Pour ceux qui n’ont pas accès à internet à la maison, il est possible de téléphoner au bureau d’arrondissement où le personnel en place pourra leur envoyer par la poste. Cette mesure s’adresse aussi aux personnes de plus de 70 ans qui doivent demeurer à la maison et qui ne pourront pas avoir accès à ce calendrier de collectes.