Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.
Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

Annonces prochaines pour musées, salons de coiffure et restaurateurs

TROIS-RIVIÈRES — Alors qu’il soulignera lundi à Trois-Rivières la réouverture complète du secteur de la construction et le redémarrage de l’industrie manufacturière avec son collègue Pierre Fitzgibbon, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a laissé entrevoir des annonces la semaine prochaine pour, entre autres, les musées et les soins personnels tels que les salons de coiffure.

Ces réouvertures se feront avec l'accord de la Santé publique qui évalue chaque jour la situation.

«Normalement, on devrait faire une annonce de la date cette semaine. Ce qui me préoccupe, c’est de donner un préavis raisonnable, une semaine, dix jours, deux semaines. Mais ça ne saurait tarder», a-t-il déclaré vendredi en entrevue éditoriale au Nouvelliste.

Selon lui, le délai préalable à une réouverture permet au commerce de s’organiser et de s’imprégner du guide de la CNESST qu’il fait préparer de façon sectorielle.

Outre les salons de coiffure, on retrouve dans les soins personnels les cliniques d’esthétique, les soins de la peau, le maquillage, les ongles, les psychologues et psychiatres, les ophtalmologistes et optométristes, les cliniques de médecine, les podiatres et dentistes ainsi que les soins professionnels et thérapeutiques tels que massothérapie, physiothérapie, ergothérapie et acupuncture, excluant les spas.

Quant aux restaurants, le ministre Boulet refuse de donner une date de réouverture, mais «ça va venir le plus rapidement possible». «On a un plan de déconfinement qui va être graduel», souligne-t-il.

Que pense-t-il des revendications des restaurateurs de la région pour différentes mesures d’allégement et l’aménagement de terrasses extérieures sur la place publique?

«Je suis sensible à leurs préoccupations. Je suis favorable à ça. Ce qui est important, c’est que tout ce qu’on fait est avec l’approbation de la santé publique et la distanciation physique est l’élément clé là-dedans», précise celui qui se dit impressionné par la mobilisation des restaurateurs de Trois-Rivières «qui se sont donné une stratégie».

Selon lui, ce qui est un incontournable avant de rouvrir quelque entreprise ou quelque secteur que ce soit, c’est de s’assurer de la capacité de respecter les normes sanitaires en milieu de travail.

«Quand on a mis le Québec sur pause, j’ai formé un comité tactique dans le milieu de la construction, avec les acteurs patronaux, syndicaux, la CNESST et la Santé publique. Et le guide s’inspire de sept ou huit réunions des membres de ce comité tactique. Ça m’a aidé beaucoup dans la reprise des opérations dans le secteur de la construction résidentielle. Ce n’est pas parfait. Il y a des plaintes, il y a eu 13 fermetures de chantier au Québec, mais ils sont tous rouverts en date d’aujourd’hui. Il y a de la non-conformité sanitaire, on émet des avis de correction, les entrepreneurs se corrigent. Il n’y aura pas de compromis en matière de santé-sécurité des travailleurs», a-t-il fait savoir.

Et à ceux qui pensent que son gouvernement met davantage l’accent sur l’économie que la santé, il répond catégoriquement par la négative. «Depuis le début, on a été dans les premiers à bouger, même à l’échelle internationale, et on continue de respecter énormément les directives de la Santé publique», tient-il à indiquer.

Celui-ci s’affaire toujours à aider les travailleurs à réintégrer correctement le marché du travail. «Le retour au travail ne se fera pas de manière échevelée. Je cherche beaucoup l’équilibre entre les droits des employés et la façon de faire des employeurs. Je ne veux pas que les employeurs aient une approche trop légaliste», affirme le ministre.

Pour lui, même s’il n’y a pas de protection légale, les conditions personnelles préexistantes telles que les maladies pulmonaires chroniques et les problèmes cardiovasculaires vont faire partie des motifs raisonnables qui justifient le refus d’un travailleur de réintégrer le travail et ce, dans tous les secteurs.

Par ailleurs, Jean Boulet n’est pas peu fier des résultats du PACME, ce programme d’actions concernées pour le maintien en emploi. «J’ai 92 ententes en Mauricie, j’en ai un peu plus de 2000 au Québec, ça représente au-delà de 30 000 travailleurs qui vont bénéficier de formations. C’est un succès phénoménal», s’est-il plu à révéler.

D’ailleurs, il s’apprête à annoncer sous peu une bonification de l’enveloppe de ce programme qui, au départ, était de 100 millions de dollars.

«La formation, c’est un incontournable économique au Québec. Et ça permet de compenser les heures de travail qu’on n’est pas capable de confier à nos travailleurs, surtout dans le contexte pandémique. Et ça va nous permettre de reprendre les activités de manière plus efficace et plus performante», explique le député de Trois-Rivières.

Et le ministre se prépare à lancer «très bientôt» une plateforme numérique qui va permettre de faire un arrimage entre ceux qui cherchent un emploi et les employeurs qui ont des besoins, que ce soit dans les services essentiels ou autres. «Ça va être hyper performant parce que l’arrimage va se faire par la voie de l’intelligence artificielle», a-t-il spécifié.

Finalement, ce dernier a demandé «d’assouplir beaucoup pour les prestataires d’aide financière de dernier recours», ayant, entre autres, suspendu complètement les procédures de recouvrement.

«Une pandémie comme celle-là, c’est un immense laboratoire humain. C’est un défi collectif. Il faut que tous les Québécois s’adaptent», a-t-il conclu.