Un chien masqué à Algers, en Algérie, mardi

Animaux domestiques: aucune preuve de transmission de la COVID-19, mais précautions à prendre

PARIS - Même s’il n’existe aucune preuve scientifique que les animaux transmettent la COVID-19, l’Académie française de médecine a appelé mercredi les humains à appliquer des principes de précaution.

«À ce jour, il n’y a pas de démonstration scientifique sur le risque de contamination de l’Homme par le virus à partir des animaux domestiques, ni sur le risque de contamination (forte et avec signes cliniques, NDLR) d’un animal domestique à partir d’un malade», écrit d’emblée l’institution, qui a créé le 19 mars un comité de veille sur le nouveau coronavirus.

Pour autant, «ces risques ne peuvent pas être écartés», poursuit l’Académie, parce que le coronavirus du SRAS de 2002-2003 (génétiquement proche de l’actuel) a pu être «isolé dans plusieurs espèces animales» et parce que «deux chiens ont été testés positifs» à Hong-Kong dont le maître avaient la COVID-19.

À noter toutefois que le premier chien avait un «très faible taux de virus» et que les tests suivants ont été «négatifs». Si le deuxième chien est encore sous surveillance, aucun des deux animaux n’a montré de signes cliniques, souligne l’Académie.

Mais «ces données scientifiques suggèrent que le COVID-19 peut se transmettre aux chiens à partir du propriétaire contaminé». En revanche, «rien n’indique» que les chiens «peuvent à leur tour contaminer» des humains ou d’autres animaux, insiste l’institution.

Rappelant que l’agence sanitaire Anses et l’Organisation de la santé animale (OIE) considèrent la transmission via les animaux comme «peu probable», l’Académie recommande néanmoins aux propriétaires «de renforcer les mesures habituelles» en se lavant régulièrement les mains lorsqu’on s’occupe de l’animal et de ne «pas le laisser lécher le visage».

Recommandé aussi : «séparer le propriétaire ayant la COVID-19 de son animal de compagnie pendant la période où le malade peut être excréteur du virus», parce qu’il tousse par exemple.

Dans ce cas, «autant que possible, il faudrait instaurer une quarantaine permettant de limiter tout contact rapproché de l’animal avec les autres membres de la famille», avance l’Académie.

Mais elle tient aussi à rappeler que «dans un foyer où une personne malade a le Covid-19, le risque pour les personnes vivant sous le même toit est bien plus lié aux contacts avec ce malade qu’avec l’animal de compagnie» et que «l’animal de compagnie est bien plus un ami qu’un danger».

L’Organisation mondiale de la Santé a aussi souligné qu’il n’y avait «aucune preuve qu’un chien, un chat ou tout animal domestique puisse transmettre la COVID-19».