Andrée Bonhomme, qui travaille à la clinique de Gatineau, fait partie de ces infirmières à la retraite qu’on a rappelées au travail pour combattre la COVID-19.
Andrée Bonhomme, qui travaille à la clinique de Gatineau, fait partie de ces infirmières à la retraite qu’on a rappelées au travail pour combattre la COVID-19.

Andrée Bonhomme, l'infirmière retraitée en renfort au CISSSO

« Pour moi, c’était juste impensable de rester à la maison », laisse tomber au bout du fil l’infirmière retraitée Andrée Bonhomme, quelques heures avant d’aller passer sa soirée à effectuer des tests de dépistage à la clinique désignée COVID-19 de l’Outaouais.

Cela fera cinq ans en juillet que Mme Bonhomme a pris sa retraite. Auparavant infirmière stomothérapeute à l’Hôpital de Gatineau, elle avait repris du service l’automne dernier pour aider aux efforts de vaccination. Son permis de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec était donc déjà en règle lorsque le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a lancé un appel aux retraités du réseau pour affronter la crise de la COVID-19.

« Il y a eu un appel à tous, on demande un effort collectif et il y a déjà une pénurie de personnel dans le réseau de la santé, […] alors c’était impossible pour moi de rester à la maison », a raconté Mme Bonhomme au Droit.

Elle avait offert de reprendre du service n’importe où, en fonction des besoins du CISSSO. Depuis vendredi de la semaine dernière, l’infirmière travaille ainsi à temps plein à la clinique désignée installée dans les locaux de la RessourSe, sur le boulevard Saint-Raymond à Gatineau.

Dès qu’elle arrive sur place, Andrée Bonhomme doit suivre des instructions bien précises pour limiter au maximum les risques de contamination. « Dès qu’on arrive, on a une espèce d’antichambre où on laisse nos choses », explique-t-elle. Jaquette, masque, lunettes de protection et gants doivent ensuite être enfilés pour aller dans l’aire de dépistage à pression négative.


« Les gens sont très reconnaissants qu’on soit là, il y en a beaucoup qui nous le disent. »
L'infirmière Andrée Bonhomme

Anxiété

Avec toutes ces mesures en place, l’infirmière n’est pas stressée. « Je ne suis pas une personne craintive, dit-elle. […] En respectant bien les mesures préventives, je n’ai pas particulièrement d’inquiétude. »

Il y a toutefois de l’anxiété, dans certains cas, chez les patients qui se présentent pour un test de dépistage de COVID-19. « En général, ça se passe bien et les gens sont très reconnaissants qu’on soit là, il y en a beaucoup qui nous le disent, relate Mme Bonhomme. Le dépistage, ce n’est pas difficile, mais il faut beaucoup gérer l’anxiété et donner des informations. »

L’infirmière s’efforce donc d’apaiser les craintes des gens qui se présentent pour le dépistage. « On dédramatise », illustre-t-elle.

Andrée Bonhomme

À l’extérieur de ses heures de travail, Andrée Bonhomme se fait aussi un devoir de respecter les consignes gouvernementales visant à limiter la propagation du nouveau coronavirus.

Elle effectue des commissions pour sa mère, tout en veillant à garder une distance de deux mètres lorsqu’elle lui apporte ses provisions.

Tant que la crise continuera de sévir, Mme Bonhomme entend demeurer fidèle au poste pour donner un coup de main au réseau de la santé, qui est débordé par toute la gestion entourant la COVID-19.

Avant de raccrocher, l’infirmière a voulu s’adresser à la population. « Si vous pouvez demander aux gens de rester à la maison, c’est le plus gros message qu’on doit faire passer », insiste-t-elle.