Le premier ministre François Legault et le ministre de la Santé Christian Dubé en conférence de presse à Québec, jeudi matin 
Le premier ministre François Legault et le ministre de la Santé Christian Dubé en conférence de presse à Québec, jeudi matin 

Amendes aux «irresponsables» sans masque, surtout en zones jaunes [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
À compter de samedi, les Québécois qui ne portent pas de masque dans des lieux publics intérieurs pourraient recevoir une amende. La surveillance sera encore plus serrée dans les zones jaunes comme la région de Québec, où il n’est pas non plus exclu de retarder la reprise de certains programmes sports-études.

«On ne peut pas accepter que quelques individus irresponsables mettent à risque toute notre société au Québec», a affirmé le premier ministre François Legault, jeudi matin.

En point de presse avant le début du caucus préparatoire à la session parlementaire de la Coalition avenir Québec (CAQ), rencontre qui se tient au parlement de Québec et en ligne jeudi et vendredi, M. Legault a annoncé que son gouvernement passe en deuxième vitesse pour contraindre les citoyens au respect des consignes de santé publique pour éviter la transmission de COVID-19.

«Une écrasante majorité des Québécois suit les consignes de la Santé publique. Mais malheureusement, une petite minorité est contre, pour plein de raisons. Certaines de ces personnes croient même qu’Elvis est encore vivant! Je fais de mon mieux et je réussis avec la vaste majorité des gens, mais il est temps de sévir pour les autres», a-t-il dit.

Plus alertes en zone jaune

«Samedi, on commencera à donner des amendes aux citoyens qui, sans raison, ne respectent pas la consigne de porter un masque dans les lieux publics intérieurs, par exemple les commerces ou les autobus. Cela s’applique sur tout le territoire québécois, mais on demande aux corps policiers de surtout se concentrer sur les zones jaunes», a poursuivi le premier ministre.

Il réfère au code de couleurs dévoilé mardi par son ministre de la Santé, Christian Dubé, qui l’accompagnait d’ailleurs jeudi matin, tout comme le directeur national de santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda.

Le code à quatre niveaux place déjà 4 des 18 régions du Québec en «préalerte», deuxième de quatre paliers, soit la Capitale-Nationale, l’Outaouais, l’Estrie et Laval.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, en est à s’assurer «que ce soit simple, facile à appliquer et s’assurer que ça ne peut pas être contesté», explique M. Legault. Le montant de l’amende, «plus de 50 $», sera entériné lors d’une réunion extraordinaire du conseil des ministres jeudi ou vendredi.

«On n’a pas l’intention d’ajouter du personnel policier, mais dans les zones jaunes, on va leur demander d’aller faire plus de tours dans les endroits où il faut porter des masques. On demande aussi à la population que si quelqu’un voit quelque chose qui n’a pas de bon sens, appelez le 9-1-1.»

Jusqu’ici, les amendes étaient réservées aux commerçants qui ne respectaient pas les règles ou dont les clients ne respectaient pas les règles.

Sports-études repoussés?

Le premier ministre Legault a par ailleurs laissé entendre que les programmes scolaires de sports-études ou d’arts-études, qui doivent redémarrer lundi, pourraient être encore retardés dans les zones jaunes. En tout ou en partie.

«Je veux tout faire pour que tous les sport-études recommencent, surtout dans les zones vertes. Pour ce qui est des zones jaunes, est-ce que ça peut être une partie des activités? C’est ça que Jean-François Roberge [ministre de l’Éducation] va vous dire demain [vendredi]», s’est-il contenté de commenter.

Dépistage sur rendez-vous

Il a été beaucoup question de dépistage, au cours du point de presse de jeudi. Surtout des longues heures d’attente vécues par des familles et des citoyens pour se faire tester au cours des derniers jours.

Le ministre Dubé affirme que le dépistage sur rendez-vous devra davantage s’imposer comme une solution pour réduire le temps d’attente.

«Je suis content de voir que dans les deux grandes zones jaunes, Québec et Laval, il y a eu une augmentation du dépistage de façon sensible dans les deux derniers jours. L’outil de communication [des niveaux d’alerte] fonctionne parce que les gens se disent : “C’est chez nous que ça arrive, je vais aller me faire dépister.” Dans ce sens-là, je pense que ça fonctionne. On va s’ajuster puis on va ajuster le nombre de centres de dépistage aussi», a analysé M. Dubé.

Son patron ne «trouve pas ça acceptable que les délais d’attente soient aussi longs», établit le premier ministre Legault. «On va travailler pour ajuster la capacité en fonction de la demande dans chacune des régions du Québec».

«Mais il y a des régions qui ont changé, souligne M. Legault. Il y a un mois, il n’y a pas beaucoup de monde qui voulait se faire tester à Québec. Depuis quelques semaines, il y a beaucoup de gens qui veulent se faire tester à Québec. Donc, évidemment, on s’ajuste en fonction de l’évolution des cas.»

Zone verte et santé mentale

En cette journée mondiale de la prévention du suicide, le ministre Dubé a tracé un lien entre son nouveau système d’alerte par région et la santé mentale des citoyens.

«On se fait des fois reprocher qu’on a peut-être trop déconfiné. Mais une des raisons, c’est qu’on voulait retourner vers une vie normale le plus possible. Là, on est dans cet équilibre. On est presque à un niveau de normalité. Plus on confine, plus on rend les personnes à risque [de souffrir de maladie mentale] encore plus à risque.

«Si tout le monde pouvait rester dans la zone verte, on se préoccuperait moins de cette question-là. On a une responsabilité sociale, collective, en ce moment, de rester le plus possible dans la zone verte partout. On se doit ça, à la population en général, mais encore plus à ceux qui sont à risque», fait valoir le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec.

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