Martel et sa bande rock, les Deadly Apples, étaient au Mexique, sur la grande scène du festival Hell & Heaven.

Alex Martel brave le Coronavirus au Mexique

Le fondateur du défunt Montebello Rockfest, Alex Martel, a peut-être donné le seul concert de heavy métal de tout le week-end.

Martel et sa bande rock, les Deadly Apples, étaient au Mexique, sur la grande scène du festival Hell & Heaven, où il se sont produits deux fois plutôt qu’une, samedi et dimanche, car le festival s’est retrouvé à la dernière minute avec des créneaux à combler, « au moins 20 % » des formations invitées ayant dû (ou ayant préféré) annuler leur participation.

« On a joué devant une couple de dizaines de milliers de personnes. (...) Une expérience surréelle », a témoigné le chanteur, rejoint par téléphone lundi après-midi.

Au Hell & Heaven Fest, qui serait « le seul festival majeur au monde » à n’avoir pas été annulé à cause de la crise  du coronavirus, croit-il, « on a été accueillis comme des héros », poursuit Alex Martel.  

« Jeudi soir » (le 12 mars), alors que les salles et diffuseurs de spectacles au Québec  annonçaient qu’ils annulaient les concerts prévus dans les semaines qui allaient suivre, « on a pris la décision de maintenir notre engagement, et de prendre l’avion comme prévu, tôt le lendemain matin », retrace-t-il. 

Une décision prise en commun avec toute l’équipe de préproduction, au regard du fait le risque de propagation de la COVID-19 au Mexique était considéré « faible », explique Alex martel.

« On a conclu entre nous qu’on [ne courrait] pas de gros risques au Mexique. [...] Et puis c’est juste au moment où je montais dans le vol que j’ai appris  les consignes de ne pas quitter le Canada », poursuit-il, sans cacher le côté frondeur du voyage. 

Une attitude de rockstar bravache vis-à-vis des mesures de précaution préconisées ? Une image insolente, héroïque, au milieu du vent de panique ? lui a-t-on demandé. « Oui et non. C’est l’attitude rock “the show must go on”, mais il faut nuancer : c’est pas au détriment ou au risque de qui que ce soit. On le fait de notre plein gré et si on est affectés, c’est notre décision », répond Alex Martel. 

« On a pris plus de précautions que d’habitude : On a traîné nos [flacons] de Purell partout. Dans l’avion, j’ai nettoyé ma rangée au complet avec mes lingettes désinfectantes », rigole le rockeur.

Pas de symptômes

L’euphorie a été « intense ». « C’était vraiment un sentiment indescriptible, témoigne-t-il. Autant les bands que les fans appréciaient le fait qu’on était en train de vivre vive quelque chose d’unique au monde, et que ce serait sûrement la dernière fois avant longtemps, parce que, selon les informations qu’on a, le gouvernement mexicain s’apprête à [interdire les événements culturels] dans les prochains jours. On est vraiment les derniers à être passés entre les craques. »

« On a un peu  mal partout », à cause du double-concert, mais « personne dans le band n’a de symptômes » de la  COVID-19. « On n’est pas super nerveux, on est jeunes et en santé, tous. C’est plus pour les aînés que c’est stressant, tout ça. » 

Seul hic, les Deadly Apples risquent désormais d’être bloqués aux frontières, avoue Alex Martel.

« Ce que me disent mes contacts, c’est que le gouvernement mexicain s’apprête à fermer ses frontières d’un instant à l’autre. » Sans compter que les compagnies aériennes seront tentées d’annuler des vols, s’il n’y a pas assez de monde à bord. « On n’est donc pas certains de pouvoir rentrer au Canada demain matin comme prévu. »

Son équipe et lui-même ont l’intention de s’imposer une quarantaine (de quinze jours), « même si on n’y est pas obligés ». « Et on va respecter toute mesure supplémentaire » provenant des autorités sanitaires canadiennes et mexicaines, garantit le Montebellois. Qui ne regrette rien : « C’était magique. Il y avait de l’électricité dans l’air. On va s’en rappeler toutes nos vies ! »