Plusieurs personnes se tournent vers les animaux de compagnie pour gérer leur anxiété ou briser la solitude.
Plusieurs personnes se tournent vers les animaux de compagnie pour gérer leur anxiété ou briser la solitude.

Adoption d'animaux : plus de temps... et d’anxiété

Le télétravail, la solitude, le temps, la disponibilité et le stress motivent certaines personnes à adopter un animal plus tôt que prévu.

Dans un contexte anxiogène tel que la pandémie de la COVID-19, plusieurs personnes se tournent vers les animaux de compagnie pour gérer leur anxiété ou briser la solitude. 

La marche, la course, et les jeux avec son animal sont considérés comme des moments de détentes pour l’être humain. Puisque les animaux de compagnie sont bénéfiques, certaines personnes ont décidé d’adopter un chien, un chat ou des petits animaux.

Jordane Boisvert, Andréa Dubé et William Henri ont adopté un animal lors de la période de confinement, elle un chat et lui un chien. Pour Estelle Mottin, le temps et le désir d’aider l’ont motivée à devenir famille d’accueil pour un refuge.

C’est justement le télétravail qui a poussé Jordane Boisvert, qui envisageait déjà d’adopter un autre chat, à le faire plus tôt. Elle considère que c’est un avantage pour faciliter l’intégration de son nouveau compagnon qu’elle a pris au refuge du Cégep de Sherbrooke.

« Le seul inconvénient, c’était l’impossibilité de visiter le chat au Cégep à cause de la distanciation sociale. J’ai donc décidé de le prendre sans l’avoir vu en vrai », précise Jordane Boisvert.

Après trois à quatre mois de recherche, Andréa Dubé et son copain ont enfin trouvé un chaton disponible à l’endroit où ils souhaitaient adopter. 

Cette dernière estime aussi que le confinement l’a amenée à prendre une décision rapidement parce que c’était un bon moment, et parce qu’ils ne voulaient pas attendre la fin de la pandémie. 

L’annulation d’un voyage a forcé William Henri à prendre le chien, qu’il avait repéré dans un refuge, avant le moment prévu. 

« Mettons que le timing est assez bon pour réussir à l’élever », souligne William à propos du temps libre à sa disposition.

Temps favorable

Après consultation, Estelle Mottin et sa colocataire ont temporairement adopté un lapin en tant que famille d’accueil. 

Elles aiment les animaux et elles ont beaucoup de temps. C’était tout naturel pour elles de donner un coup de pouce en pleine pandémie.

Et pour les animaux, comment ça se passe?

Dans l’optique d’élever ou socialiser son animal, le temps que nous accordons à celui-ci en période de confinement est favorable. Cependant, ce n’est pas la routine habituelle pour plusieurs. 

Au moment du déconfinement, ce changement peut-il perturber l’animal?

Spécialiste en médecine du comportement animal, la Dre Marion Desmarchelier estime que ce n’est pas un problème en soi. Il est vrai que la situation peut sembler étrange pour l’animal de voir son maître toute la journée et soudainement le perdre de vue pendant quelques heures. 

Elle explique que le confinement et le futur déconfinement ont des difficultés, mais aussi des avantages.

« Certains problèmes de comportement peuvent être résolus grâce au confinement, comme l’anxiété de séparation. Les chiens qui manifestent de l’anxiété en présence d’inconnus et qui n’apprécient pas les contacts rapprochés avec eux ou des congénères sont eux aussi avantagés par les mesures de distanciation sociale », mentionne la Dre Desmarchelier.

Elle ajoute que la présence en continu est plus néfaste pour les animaux de compagnie, qui préfèrent le calme à l’activité permanente. Ils sont plus susceptibles de souffrir de stress chronique.

Chien ou chat : lequel s’adapte le mieux?

Un bouleversement n’est pas nécessairement un problème pour les animaux. Dre Desmarchelier précise que c’est plutôt une période d’ajustement. 

La spécialiste et l’équipe de la Société protectrice des animaux de l’Estrie (SPA) craignent surtout l’anxiété de séparation que plusieurs pourront ressentir avec le déconfinement.

Les chiens seront plus susceptibles d’être victimes d’anxiété de séparation puisqu’ils ont plus de difficulté à rester seuls longtemps. Il faut traiter l’animal si jamais il développe de l’anxiété. Mais les chances sont faibles s’ils sont normaux et qu’ils n’ont pas la maladie à la base.

« L’anxiété de séparation est moins présente chez le chat parce qu’on n’arrive pas à le diagnostiquer aussi bien. Les chats ne détruisent pas tout en notre absence, et même s’ils miaulent ça ne dérange pas trop les voisins. Habituellement les chats vont s’habituer à ce genre de changement puisqu’ils dorment une bonne partie de la journée », explique Dre Desmarchelier.

Elle souligne qu’il est important de respecter les limites de l’animal pour faciliter la cohabitation, mais aussi pour éviter de futures complications. Par exemple, si l’animal a besoin d’être seul, c’est important de lui donner accès à un endroit tranquille ou lui accorder des périodes sans le solliciter constamment. Sinon, elle soutient votre nouvel animal est probablement votre meilleur allié en temps de crise.

La SPA invite les intéressés

 La Société protectrice des animaux de l’Estrie (SPA-Estrie) invite les personnes intéressées à présélectionner un animal sur son site internet et à prendre rendez-vous pour une éventuelle adoption.

La SPA-Estrie avait fermé ses portes au public le 21 mars en raison de la pandémie de COVID-19. Les frais d’adoption ont même diminué de 50 pour cent pendant trois jours consécutifs pour trouver des familles rapidement.

Avant la fermeture de son refuge, la Société protectrice des animaux de l’Estrie (SPA) s’était assurée de trouver des familles aux pensionnaires du refuge. 

L’agente de communications de la SPA, Marie-Pier Quirion, précise que normalement la plupart des adoptions se déroulent sur place.

« Nous avons reçu plus de demandes par téléphone et via notre formulaire de demande d’adoption, mais c’est normal, car nous étions fermés », mentionne Mme Quirion.

Pour la SPA, il est donc difficile d’évaluer ou d’affirmer s’il y a une hausse dans les demandes d’adoption. Cependant, plusieurs personnes ont demandé à adopter un chat, souligne Marie-Pier Quirion.

En plus de la SPA, il est possible d’adopter un chat ou un chien au refuge du Cégep de Sherbrooke ou bien le Refuge Le Château à proximité du café Chat L’étoile. 

Pour les élevages de chiens ou de chats, certains éleveurs ont préféré suspendre leurs activités, mais c’est du cas par cas actuellement.