De son balcon des Jardins Saint-Sacrement de Québec, Gertrude Couture, 99 ans, a pris la pose avec le fameux arc-en-ciel de l’espoir. «C’est original. Je trouve ça très original».
De son balcon des Jardins Saint-Sacrement de Québec, Gertrude Couture, 99 ans, a pris la pose avec le fameux arc-en-ciel de l’espoir. «C’est original. Je trouve ça très original».

À 99 ans, elle lance un message d'espoir aux jeunes

Un siècle. Née en 1920, Gertrude Couture en a vu d’autres, mais rien de comparable à la crise de la COVID-19. Pourtant, elle est sereine. Et nous invite à cultiver l’espoir.

Posée, articulée, vive, elle s’est prêtée au jeu de l’entrevue téléphonique vendredi. Le prétexte : une photo sur laquelle elle s’affiche avec l’arc-en-ciel #cavabienaller, illustration multicolore popularisée sur le Web.

«Je ne suis pas une personne pour aller dans les médias», avance la dame. «Mais là, je le fais parce que c’est très important de garder espoir et de croire à la providence. […] C’est pour garder l’espoir à travers notre épreuve. Il ne faut pas se décourager, il y a toujours une lumière au bout du tunnel.»

«J’ai 99 ans»

«J’ai 99 ans. Au mois d’octobre je vais avoir 100…» Date de naissance : 21 octobre 1920. «Dans toute ma vie, j’ai passé des peines, des joies, des espérances.»

Gertrude Couture est cependant née après la grippe espagnole, durant l’après-Première Guerre mondiale. Elle n’a donc pas vécu l’épidémie qui fait trembler les épidémiologistes. Mais des secousses mondiales, elle connaît.

«En 1930, il y avait une crise aussi», se remémore-t-elle, faisant allusion au tremblement de terre économique qui a déstabilisé le monde durant une décennie.

«Après ça, il y avait eu la guerre», poursuit-elle en racontant le second conflit mondial de 1939 à 1945. «Mon frère était copilote. On avait de l’inquiétude, mais il est revenu sain et sauf.»

Après? Gertrude Couture ne trouve rien dans ses souvenirs d’aussi significatif. Du moins, pas dans le classeur des malheurs internationaux.

Elle en vient donc au coronavirus SARS-Cov-2 qui cause la COVID-19. «On a jamais vu ça. C’est la première fois.»

Pourtant, elle ne s’en fait pas trop. «C’est un bon stimulant, dans l’époque que nous vivons, de garder l’espoir», dit-elle. 

Locataire aux Jardins Saint-Sacrement de Québec, Gertrude Couture ne sort pas, tel que prescrit par les autorités : «Il faut observer tout ce qu’ils nous demandent. […] Ce n’est pas inquiétant, ça veut dire qu’ils prennent soin de nous et qu’ils nous protègent.»

D’autres se rendent dans les rares commerces ouverts, observe-t-elle. «Moi je ne le ferais pas. […] Je trouve ça de valeur pour elles parce qu’elles courent le risque.»

Remise d’une fracture à la hanche, Mme Couture pourrait aller à l’épicerie avec ses amies. Mais se limite à son balcon. Ses amies déposent plutôt des denrées à la porte de la résidence, puis l’infirmière les livre à son logis.

Sorties sur le balcon

Le jour de la photo, la dame était sur son balcon, son terrain de jeu extérieur durant le confinement. «Il faisait très beau». Des voisins et voisines étaient assis au soleil avec l’équipe d’animation. C’est là qu’on a proposé à la doyenne de prendre la pose avec l’arc-en-ciel. «C’est original. Je trouve ça très original.»

Gertrude Couture a aimé l’idée de nous inviter à prendre une grande respiration, à nous relaxer.

«Je suis dans une résidence. On est bien entouré. Je suis heureuse dans mon petit coin, je n’ai pas à me plaindre. J’ai le temps de réfléchir, de prier, de m’occuper de mes petites affaires.» Elle lit.

Pour le reste, elle s’abandonne, n’ayant pas de prises sur les événements. «J’ai une grande foi, alors j’essaie de me mettre dans les bras du Bon Dieu et j’attends ce qu’il fera pour moi.»