Le président de l'AFO, Carol Jolin.
Le président de l'AFO, Carol Jolin.

COVID-19: les organismes franco-ontariens en pleine crise

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
Les organismes franco-ontariens peinent à conserver leurs services et leur financement pendant la crise de la COVID-19, révèle l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO).

Pas moins de 20 organismes des 131 organisations sondées par l'AFO, en mars dernier, ont déclaré avoir subi des pertes de près de 200 000 $, en plus de déficits hebdomadaires s'étendant de 80 000 à 90 000 $. 

Selon le sondage, les organismes sont également craintifs face aux délais possibles de paiements pour les subventions de bases ou aux possibles annulations de sommes allouées pour de futurs projets. Selon l’AFO, environ un organisme sur trois n'était d’ailleurs pas en mesure de se prononcer sur l'utilité des programmes gouvernementaux présentement mis de l’avant.

« Les gouvernements devront faire preuve de flexibilité en travaillant avec nos organismes pour adapter à la réalité du confinement les projets déjà financés et à venir. Les gens doivent rester à la maison, mais les besoins restent. La pérennité de plusieurs de nos organismes ne tient qu'à un fil. Les gouvernements ont reçu notre rapport et sont ouverts sur ces questions. À la sortie du confinement, nous souhaitons un réseau franco-ontarien tel qu'il était avant la crise », souligne le président de l'AFO, Carol Jolin.

L'Assemblée affirme qu’elle fera des suggestions aux gouvernements pour permettre aux organisations franco-ontariennes «d'équilibrer leur budget de fonctionnement et de servir leur clientèle». De plus, l’AFO organisera des séances d'informations avec des représentants des différents paliers de gouvernements et collaborera de près avec Ontario Non Profit Network (ONN). 

La crise et les services en français

En plus de proposer des solutions au gouvernement de l'Ontario pour optimiser les communications en français lors des points de presse, l’AFO dit aussi souhaiter que la pandémie amène une réflexion quant à la modernisation de la Loi sur les services en français, déjà sur la table de travail du gouvernement actuel. 

« La Loi sur les services en français n'avait visiblement pas prévu ce type de situation. Cette crise nous amène plusieurs questions. Est-ce que certains postes de fonctionnaires interagissent quotidiennement avec la presse dans le cadre d'une crise devraient être désignés bilingues ? Comment améliorer les plans d'action, procédures et protocoles pour maximiser les services en français en période de crise ? Cette période est une occasion de trouver des solutions à ce type de défi », dit M. Jolin. Le président de l'AFO croit d’ailleurs pertinent de consacrer un chapitre à la crise de la COVID-19 dans le rapport annuel de la commissaire aux services en français. Il mentionne que la commissaire pourrait ainsi amener un point de vue intéressant sur «les façons de solidifier les services en français en temps de crise». 

« Il y a eu des améliorations depuis le début du confinement. Des ministres bilingues ont été intégré.e.s à certains points de presse. La ministre des Affaires francophones offre maintenant des capsules d'information quotidiennes. Depuis hier, les conférences de presse sont offertes avec des sous-titres par le signal de Queen's Park. Nous travaillons avec la ministre des Affaires francophones sur d'autres solutions et souhaitons avoir de bonnes nouvelles à cet effet cette semaine », souligne M. Jolin.