L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a indiqué lundi qu’elle révisera ses lignes directrices nationales pour les travailleurs de la santé qui pourraient être en contact direct avec le nouveau coronavirus de la pneumonie.

COVID-19: le fédéral révise les lignes directrices pour le personnel de la santé

L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a indiqué lundi qu’elle révisera ses lignes directrices nationales pour les travailleurs de la santé qui pourraient être en contact direct avec le nouveau coronavirus de la pneumonie.

L’ASPC indique que les commentaires des syndicats d’infirmières et d’autres associations seront examinés par un comité consultatif national sur la prévention et le contrôle des infections, dans le cadre de la mise à jour des directives. Ces protocoles définissent comment les travailleurs de la santé doivent se protéger - et protéger leurs patients - s’ils viennent en contact avec un cas potentiel du COVID-19, y compris le type d’équipement de protection qu’ils devraient utiliser.

La Fédération canadienne des syndicats d’infirmières, qui représente quelque 200 000 infirmières syndiquées et étudiantes, a écrit la semaine dernière à la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, pour dénoncer les lignes directrices de l’ASPC visant à protéger les intervenants de la santé de première ligne contre les nouveaux virus comme le COVID-19. Les infirmières affirment que ces directives ne vont pas assez loin et pourraient mettre en danger leur vie et celle des patients.

La présidente de la Fédération, Linda Silas, soulignait que les normes nationales supposent que le coronavirus ne peut pas se propager par voies aériennes, mais uniquement par les gouttelettes respiratoires générées par la toux ou les éternuements, ce que les recherches n’auraient pas clairement établi.

«Nous n’avons pas protégé adéquatement le personnel infirmier lors du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003 et deux infirmières sont décédées, ainsi que 42 autres personnes, écrivait Mme Silas le 28 janvier sur la page de la Fédération. Nous ne devons pas répéter les erreurs du SRAS, et personne ne devrait se rendre au travail en craignant pour sa vie.»

Dans un communiqué publié lundi, l’Agence de la santé publique explique que les lignes directrices avaient été approuvées par un comité consultatif spécial composé de représentants fédéraux et provinciaux.

Bien que les lignes directrices fédérales actuelles soient conformes aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis et les agences de santé publique en Europe recommandent des précautions supplémentaires, afin de se prémunir contre la possibilité que la maladie se transmette par simple voie aérienne.

Sur son site internet, l’ASPC indique toujours qu’»à l’heure actuelle, on ne sait pas clairement avec quelle facilité ce virus se transmet d’une personne à l’autre». L’Agence précise par ailleurs que le risque pour la santé publique associé au COVID-19 demeure toujours faible pour le Canada. Jusqu’ici, huit cas ont été confirmés au Canada: cinq en Colombie-Britannique et trois en Ontario. Par ailleurs, 350 cas qui avaient fait l’objet d’une enquête se sont révélés négatifs. On ne signale aucun décès au Canada.