Le président de l'AFO, Carol Jolin
Le président de l'AFO, Carol Jolin

COVID-19: la survie d'organismes franco-ontariens est en jeu, selon l’AFO

Jean-Simon Milette
Jean-Simon Milette
Le Droit
En raison de la pandémie, des organismes sans but lucratif franco-ontariens sont menacés de disparaître si une aide financière substantielle ne leur est pas accordée avant la fin de la présente année, selon l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

Dans le cadre de leur assemblée générale annuelle, qui a pris fin samedi, les membres de l’AFO ont fait le point sur l’impact de la COVID-19 sur les services en français.

« On risque de perdre 11 % de nos organisations francophones en Ontario s’il n’y a rien qui est fait avant Noël », déplore le président de L’AFO, Carol Jolin, en entrevue avec Le Droit.

Selon des sondages menés par L’AFO, les organismes sans but lucratif francophones ont besoin d’un minimum de 12,5 millions $ afin de survire à la crise sanitaire actuelle.

« On a discuté du travail qui a été fait pour aller chercher des sommes d’argent pour aider nos organismes communautaires. On a reçu de l’aide, notamment avec le programme d’appui à la francophonie ontarienne, qui vient de la ministre des Affaires francophones. On a discuté avec le ministère et cette année, le programme ne sera pas consacré à des projets, mais plutôt à aider les organismes sans but lucratif à passer à travers de la crise. Notre objectif à court et moyen terme, c’est d’aller chercher des sommes supplémentaires aux deux paliers de gouvernement. »

Lors de l’assemblée, les membres de l’AFO ont aussi brossé le bilan de ce qui a été déposé comme libellé auprès du gouvernement de l’Ontario concernant le dossier de la loi sur les services en français.

« On a beaucoup parlé du lobbying qui a été fait afin de faire connaître nos priorités. La priorité qui ressort le plus c’est celle du retour à l’indépendance du commissariat aux services en français. C’est sur que ça fait partie des changements que nous voulons voir au niveau de la loi sur les services en français. »

« Ce qu’on demande, c’est qu’un projet de loi à ce sujet soit déposé et adopté avant la prochaine élection », poursuit M. Jolin.


« On risque de perdre 11 % de nos organisations francophones en Ontario s’il n’y a rien qui est fait avant Noël. »
Carol Jolin

Le congrès annuel de l’AFO a aussi permis de procédé à la validation du Plan stratégique communautaire vision 2030. Un processus qui a impliqué plus d’une centaine de membres.

« On l’a officiellement adopté [samedi] en réunion. On a surtout mis à jour le plan et fait certains ajustements afin de mieux refléter ce que la communauté veut, notamment au niveau de la diversité. On va donc entre autres poursuivre le travail d’inclusion de nos nouveaux arrivants dans les communautés multiculturelles de la province. »

Pandémie oblige, l’assemblée générale de l’AFO s’est déroulée virtuellement cette année. Plus de 1000 participants ont pris part à l’événement qui a duré six jours.

« Le virtuel représente un défi, c’est certain. C’est la première fois qu’on tenait une assemblée générale d’envergure comme celle-là entièrement en virtuel. Ça s’est très bien déroulé. Les membres étaient au rendez-vous », assure M. Jolin.

L’assemblée générale annuelle de 2021 aura pour thème « vitalité franco-ontarienne », soit le premier pilier du Plan stratégique communautaire nouvellement adopté.