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Le premier ministre François Legault a confirmé qu’il aimerait « redonner un peu d’oxygène » aux commerçants du Québec.
Le premier ministre François Legault a confirmé qu’il aimerait « redonner un peu d’oxygène » aux commerçants du Québec.

COVID-19: La MRC de la Vallée-de-la-Gatineau demande un assouplissement pour les commerçants

Claudia Blais-Thompson
Claudia Blais-Thompson
Le Droit
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La MRC de la Vallée-de-la-Gatineau demande au gouvernement Legault de considérer la réalité économique de son territoire rural dans ses décisions concernant la COVID-19 et d’assouplir certaines mesures sanitaires pour les commerçants afin d’éviter des fermetures définitives.

La préfète, Chantal Lamarche, a confirmé au Droit avoir envoyé un courriel au premier ministre François Legault dans lequel elle lui demande d’avoir une approche différente pour sa MRC.

« Malheureusement, c’est par région administrative souvent qu’ils font des choix, explique Mme Lamarche. Notre MRC est 102e sur 104, la plus pauvre au Québec. L’économie et la santé mentale, ça fait mal. J’ai peur que les commerces tombent comme des mouches. »

La politicienne croit d’autant plus qu’il sera difficile d’attirer une main-d’œuvre dans la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau si des fermetures d’entreprises se multiplient.

La préfète Chantal Lamarche

« On a quand même de bons postes dans la MRC, mais si tout tombe, on ne sera jamais capable de recruter du monde pour venir travailler chez nous. Qui va venir dans la Vallée-de-la-Gatineau s’il n’y a pas de restaurants ni de services? »

Le premier ministre François Legault a confirmé samedi sur sa page Facebook qu’il aimerait « redonner un peu d’oxygène » aux commerçants. Tout en restant prudent, il a indiqué qu’il annoncera mardi à 17h les suites du confinement actuel.

Tout en étant en accord avec le maintien du couvre-feu, Mme Lamarche aimerait que le gouvernement réinstaure le code de couleurs déployé cet automne pour permettre aux entrepreneurs de souffler un peu.

« Je suis consciente qu’il a dit de ne pas avoir de trop grandes attentes, mais je n’ai pas lâché le morceau et j’ai été très persévérante, mentionne-t-elle. Je crois qu’il y a moins de danger d’aller manger au restaurant ou d’aller chez la coiffeuse que d’avoir des gens à la maison. »

Frustration

Josée-Anne L’Écuyer est travailleuse autonome au Salon de coiffure la Caboche, à Maniwaki. Elle affirme trouver la situation « frustrante » puisque selon elle, « il n’y a pas eu d’éclosion officielle dans les salons de coiffure ni dans l’esthétique. » C’est sans parler des pertes financières reliées à la fermeture des salons de coiffure depuis Noël.

« J’ai peut-être perdu 25 % de mon chiffre d’affaires l’an passé parce que je ne peux plus avoir deux clients en même temps, estime-t-elle. On préférerait retourner travailler avec toutes les mesures exigées plutôt que de ne pas travailler du tout. »

Cette dernière aimerait elle aussi voir revenir les codes de couleur, et les mesures sanitaires qui y sont rattachées, en fonction de la situation épidémiologique des MRC de l’Outaouais. À ses yeux, le secteur de la coiffure respecte de nombreuses mesures sanitaires depuis la fin du premier confinement, en juin.

« J’aimerais qu’on revienne au code de couleurs et une réouverture des commerces. Je suis consciente que ça va prendre des règles un peu plus strictes parce que ce n’est pas tout le monde qui les respecte. Je crois qu’il y a une façon de rouvrir certains secteurs tout en assurant la sécurité de tout le monde. »

Même son de cloche du côté du propriétaire du Resto pub le Rabaska et de l’Auberge du Draveur à Maniwaki, Martin St-Jacques, où seulement 12 de ses 84 employés travaillent actuellement. Pour lui, la solution est de permettre la réouverture des salles à manger.

« On est toujours dans le néant, raconte-t-il. Si on nous avait dit en décembre qu’on allait devoir fermer tout l’hiver, j’aurais acheté deux ou trois voitures de livraison. On nous donne toujours des délais de quelques semaines ce qui nous empêche d’avancer. »

Alléger les mesures sanitaires en fonction du territoire et retourner au code de couleurs de cet automne est le scénario idéal pour permettre aux entrepreneurs de traverser la saison hivernale, selon M. St-Jacques.

« Ça serait acceptable pour se rendre au printemps. Ça devient frustrant parce qu’on met toute notre énergie et notre cœur dans notre business et on est en train de tout mettre ce qu’on possède pour rester debout. »