COVID-19 : Québec lance un appel à la mobilisation des jeunes contre le virus [VIDÉO]

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
MONTRÉAL — Parce que les jeunes sont les plus touchés par la COVID-19 actuellement, Québec les prie de respecter les consignes sanitaires, et souligne qu’ils ont entre leurs mains le pouvoir de garder la situation sous contrôle.

En conférence de presse, lundi à Montréal, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a lancé un appel à la mobilisation des jeunes de 15 à 34 ans, un groupe d’âge chez qui on observe une recrudescence du nombre de cas d’infection depuis quelques semaines.

Par exemple, chez les 20 à 29 ans, le nombre de cas a augmenté de 128 % lors de la période du 8 au 14 juillet par rapport à la semaine précédente, indique la Santé publique.

Mme Guilbault juge cette tendance «inquiétante».

Elle exhorte les jeunes à prendre la menace au sérieux, en faisant très attention lors des rassemblements intérieurs et les fêtes privées, notamment en évitant de partager les bouteilles de bière et la nourriture, ce qui augmente le risque de contamination. En plus des bars et des partys, certains jeunes ont aussi contracté la maladie lors d’activités sportives.

Elle a rappelé que les jeunes ne sont pas immunisés contre le virus et ses séquelles, même si leur taux de mortalité est moins important.

«Croyez-moi : vous n’avez pas envie de vous retrouver aux soins intensifs dans un centre hospitalier.»

Et puis, ils peuvent être un vecteur de transmission pour des personnes plus vulnérables qu’eux, comme leurs grands-parents, a-t-elle illustré.

La ministre leur a donc lancé cet appel : «vous avez en ce moment, littéralement, le pouvoir entre vos mains, d’influencer le cours des choses et de faire en sorte que la situation va demeurer sous contrôle».

Mme Guilbault les invite à devenir des «influenceurs» et de tenter de convaincre leurs amis qui prennent la situation trop à la légère.

Manifestations anti-masques

Par ailleurs, elle prévient les manifestants qui s’affichent contre le port obligatoire du masque qu’ils s’exposent à des mesures répressives et des sanctions, s’ils ne respectent pas les consignes sanitaires.

«On va sévir si on voit des gestes qui nuisent à la santé publique.»

La ministre a dit qu’elle avait été «très choquée» d’observer des centaines de manifestants au cours des derniers jours, à Québec et à Montréal, défiler dans les rues au mépris des consignes de distanciation physique et du port du couvre-visage.

«Personne n’a le droit de mettre en danger les autres», a-t-elle insisté, soulignant que le gouvernement planche sur le «resserrement des mesures répressives».

Tout en reconnaissant le droit de manifester, la vice-première ministre a aussi dénoncé le fait que certains manifestants s’en sont pris aux journalistes présents, dans un cas pour insulter et intimider un reporter, dans un autre pour enlacer une journaliste pendant qu’elle faisait son reportage en direct à la télé.

Quant au message que les manifestants anti-masque véhiculent — notamment en «méprisant» les efforts faits pour protéger la santé de la population —, elle reconnaît qu’il «n’est pas facile de convaincre des gens qui ont un tel discours».

Mais c’est crucial, juge-t-elle : la COVID-19, «ce n’est pas un complot, ce n’est pas le 5G, ça se passe pour vrai dans des lits d’hôpitaux».

Préparation pour la 2e vague

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, aussi présent au point de presse, assure que le Québec a suffisamment d’équipements de protection personnelle pour faire face à une seconde vague.

Il y a assez de masques, de gants et de blouses pour 40 à 50 jours. «Ce n’est plus un enjeu», a-t-il dit, ajoutant que certains de ces équipements seront bientôt fabriqués au Québec.

En ce qui concerne le personnel des CHSLD, il y a 10 000 personnes en formation qui seront en poste d’ici septembre, a-t-il ajouté.

La capacité de tests est aussi augmentée, bien qu’il faille encore améliorer l’aspect de «la file d’attente» pour mieux convaincre les gens d’aller se faire dépister, a convenu le ministre.

Le Québec a enregistré 145 nouveaux cas d’infection de dimanche à lundi, mais aucun décès.

Nombre de cas 

Cent quarante-cinq nouveaux cas de COVID-19 ont été signalés lundi au Québec, portant le nombre total de personnes infectées à 58 728.

La province n'a toutefois répertorié aucun nouveau décès; le total demeure donc de 5667.

Le nombre d'hospitalisations a augmenté de trois, pour atteindre un total de 200. Parmi celles-ci, sept se trouvent aux soins intensifs, une diminution de trois.

Un total de 12 344 prélèvements ont été réalisés le 25 juillet.

Au Canada

On compte actuellement 114 032 cas confirmés au pays.

Distribution des cas au Canada, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux:

- 58 728 cas au Québec, dont 5667 décès;

- 38 799 cas en Ontario, dont 2764 décès;

- 10 086 cas en Alberta, dont 178 décès;

- 3419 cas en Colombie-Britannique, dont 191 décès;

- 1178 cas en Saskatchewan, dont 16 décès;

- 1067 cas en Nouvelle-Écosse, dont 63 décès;

- 381 cas au Manitoba, dont sept décès;

- 266 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès;

- 170 cas au Nouveau-Brunswick, dont deux décès;

- 36 cas à l'Île-du-Prince-Édouard;

- 14 cas au Yukon;

- cinq cas dans les Territoires du Nord-Ouest, tous guéris;

- aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s'ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars. La Presse canadienne