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COVID-19

Initiatives solidaires: des éclaircies dans les jours sombres

La crise et le confinement qu’entraîne la propagation de la tristement célèbre COVID-19 provoquent de l’inquiétude. Les mauvaises nouvelles semblent accaparer toute l’attention. Mais partout, cette crise fait aussi ressortir la solidarité et l’entraide au sein d’une communauté. Le Soleil présente un survol de quelques initiatives nées dans la tempête. Pour se dire collectivement «ça va bien aller».

Trouve ton take-out!

Depuis l’état de crise sanitaire, l’incertitude demeure bien présente. Les restaurants sont tous fermés, étant des services non essentiels, mais ils peuvent poursuivre la livraison et l’option «take-out».

TROUVE TON TAKEOUT permet aux restaurateurs, boucheries, boulangeries et commerces de proximité de profiter d’un service de commande en ligne «pour apporter» efficace. Même que certaines grandes chaînes de restaurant ont rejoint la plateforme.

L’initiative est portée conjointement par l’hébergeur Web et entreprise de programmation Horizon-Cumulus et l’agence DACTYLO communication de Québec. Leur plateforme permet surtout aux consommateurs de trouver rapidement des options alimentaires à proximité, selon leur géolocalisation.

«L’idée provient de deux entreprises partenaires. On s’est questionnés, nos activités vont être appelées à réduire... comment aider nos clients dans cette crise? Et quant à le faire pour nos clients, pourquoi ne pas l’offrir à l’ensemble des restaurateurs?» explique Jean-Simon Campbell, relationniste média.  

Chaque restaurant peut s’enregistrer gratuitement et chaque consommateur peut fréquenter le site Web sans frais. La plateforme sera certainement appelée à évoluer. Si la crise se prolonge, le site pourrait devenir payant, entièrement pour assurer les frais de gestion, mais ce n’est pas dans les plans à court terme. Les deux entreprises mettent tout leur temps de télétravail pour s’assurer du bon fonctionnement de la plateforme. Il s’agit de leur humble contribution pendant cette crise, le coût de la création représente un don à la communauté.

«Ç’a été un tour de force assez impressionnant en une semaine de mettre sur pied tout ça. C’est une belle collaboration, tous les acteurs de l’initiative sont habitués de travailler ensemble, ça aide», ajoute Simon.

Mis en ligne le 23 mars, le site compte quelque 5000 visites par jour, une centaine de restaurants sont inscrits pour l’instant, le chiffre ne cesse de grimper. «Une vraie plateforme solidaire.»

Pour plus d’infos : facebook.com/TROUVETONTAKEOUT/ et pour commander ou s’inscrire trouvetontakeout.com

COVID-19

COVID-19: des droits suspendus, «mais pas dans l'absolu»

Les droits constitutionnels des Canadiens sont-ils brimés en cette période de restriction de mouvements, de rassemblements et de déplacements? Les gouvernements vont-ils suspendre davantage ces droits si l’on trouve encore des récalcitrants qui s’entêtent à se réunir malgré les demandes répétées des autorités de la santé publiques de ne pas le faire? Verra-t-on bientôt la police bloquer les accès aux ponts reliant le Québec et l’Ontario? Le Droit a posé la question à deux spécialistes de la Constitution du Canada et de sa charte des droits et libertés.

Certains concepts de la Charte des droits et libertés sont effectivement suspendus en cette période de crise, concèdent l’ex-ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, et le professeur titulaire en droit des collectivités locales à l’Université d’Ottawa, David Robitaille.

Cette semaine, le premier ministre Justin Trudeau a dit que son gouvernement n’adopterait – pas pour le moment – la Loi sur les mesures d’urgence lui permettant entre autres de restreindre les déplacements au pays. Pendant ce temps, les provinces des Maritimes, le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest fermaient leurs frontières aux citoyens de l’extérieur. Seuls les seuls voyageurs assurant des services essentiels peuvent désormais franchir ces frontières.

À LIRE AUSSI: Deux employés de l’Hôpital de Hull infectés, 11 autres en isolement

> Ottawa: une résidence d'Orléans touchée par la COVID-19

Ce n’est pas le cas à la frontière Québec-Ontario. Mais les maires des villes frontalières d’Ottawa et de Gatineau ont demandé à leurs populations d’agir de bonne foi et de ne pas traverser la rivière des Outaouais sans raison valable.

Selon M. Pelletier, le fédéral aurait le droit d’imposer une fermeture des provinces dans le cadre de la Loi sur les mesures d’urgence. «Dans la crise actuelle, le fédéral n’a pas voulu donner l’impression qu’il utilisait toutes les mesures d’urgence. Il a laissé les provinces le faire.»

David Robitaille s’intéresse à l’article 6 de la Charte, qui assure aux Canadiens le droit d’entrer, de sortir et de circuler librement dans le pays. «Si les gouvernements ferment leurs portes aux résidents des autres provinces, on a un défi sur le plan constitutionnel, dit-il. Les limites d’accès aux provinces ne doivent pas être des limites absolues.»

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Vivre le confinement... en grande famille

Être confiné à la maison durant des semaines avec un ou deux enfants privés d’école ou de garderie s’avère déjà un beau défi en soi. Tentez maintenant d’imaginer le temps d’un instant le quotidien des parents qui ont quatre, cinq, six, sept, voire huit enfants et qui doivent jongler avec un tel scénario.

C’est la réalité à laquelle sont actuellement confrontées six familles nombreuses interrogées par Le Droit, pour qui le moral est bon et qui ont à elles seules un total de 32 enfants âgés de 10 mois à 15 ans. De quoi remplir presque deux classes du primaire, quand on y songe.

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1919: l’année où une pandémie a eu raison de la Coupe Stanley

La seule saison où la Coupe Stanley n’a pas été remportée pour une raison autre qu’un conflit de travail dans la Ligue nationale de hockey (LNH) remonte à il y a 101 ans. 1919, l’année où la pandémie d’influenza causée par le virus H1N1, aussi appelée «grippe espagnole», a eu le dessus sur le hockey professionnel.

Le Torontois Eric Zweig, historien du hockey et membre de la Society for International Hockey Research, voit certaines similitudes entre l’impact de la pandémie de 1918-1920 sur le hockey sur glace et celui de la COVID-19, mais aussi plusieurs différences notables.

«Il ne faut pas oublier une chose: même si la saison a été arrêtée presque au même moment, à quelques semaines de différence, à l’époque, la saison de hockey ne commençait pas avant le mois de décembre et ne comptait qu’une vingtaine de matchs», indique M. Zweig, ajoutant que malgré le décès d’Hamby Shore des Sénateurs d’Ottawa avant le début de la saison, tout le monde croyait que l’épidémie était terminée en 1919.

«La Ligue nationale regroupait trois équipes de la côte Est et sur la côte Est, la pire période avait été les mois d’août et septembre. Dans l’ouest, c’était en octobre. Tout semblait être terminé en janvier 1919, mais voilà, la pandémie a eu quelques reprises plus tard et s’était déplacée d’est en ouest», raconte M. Zweig.

«En mars, quand les séries ont débuté, aucun joueur de la LNH n’était atteint et il n’y avait pas eu de nouveau décès avant que plusieurs joueurs ne tombent subitement malades. Ça démontre que ce n’est pas nécessairement facile de savoir quand une épidémie a vraiment pris fin», poursuit-il.

Un long voyage

Champions de la Ligue nationale, les Canadiens de Montréal, menés par l’ex-Bulldogs de Québec Joe Hall, avaient pris le train pour aller affronter les Metropolitans de Seattle, champions de la Pacific Coast Hockey Association (PCHA), en finale de la Coupe Stanley. 

Un voyage de presque une semaine dans l’Ouest canadien complété par un périple en bateau pour aller disputer une série de cinq matchs au Seattle Ice Arena. Après une défaite de 7-0, une victoire de 4-2 et une défaite de 7 à 2, les Canadiens ont réussi à maintenir le score à 0-0 dans le quatrième match, même après une période de prolongation.

«Le match est demeuré nul, car la PCHA croyait que c’était la règle applicable dans la LNH après une période de prolongation», explique Zweig, notant l’importance de la confusion entourant cette partie dans la suite des choses.

En effet, les Canadiens ont remporté le cinquième match 4 à 3, rendant la série «trois de cinq» égale à deux victoires de chaque côté et un match nul... Il fallait donc disputer un sixième match pour déterminer un gagnant.

L’influenza frappe

Malheureusement, c’est là que l’influenza a frappé. Le sixième match devait être disputé le 1er avril, mais le matin du 31 mars, Joe Hall et Jack McDonald des Canadiens sont tombés malades avec de fortes fièvres. Quelques heures plus tard, leurs coéquipiers Newsy Lalonde, Louis Berlinguette et Billy Coutu ont été frappés à leur tour, tout comme le propriétaire de l’équipe George Kennedy.

Hall et McDonald ont même dû être hospitalisés le 1er avril après que leur température ait atteint 105 degrés alors que leurs coéquipiers étaient trop malades pour quitter leurs lits. «Il faut savoir qu’à l’époque, une équipe de hockey alignait 10 joueurs. Avec cinq joueurs sur le carreau, les Canadiens étaient incapables de disputer le dernier match de la finale», explique Eric Zweig.

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La routine pour Alain Gaudet

TROIS-RIVIÈRES — «Depuis septembre, je ne suis pas sorti de mon appart, à part peut-être pour aller à des rendez-vous ou des événements caritatifs. Ça va aller à mai peut-être, si on a le droit. Dès que le mercure monte en haut de 20, 21 degrés, je commence à aller faire un petit tour tout seul, mais jamais bien loin, parce que de toute façon, je n’ai pas grand place où aller.»

«Pour moi, c’est business as usual. C’est ma routine, mon quotidien.» Alain Gaudet est un spécialiste de l’isolement. Il est pratiquement cloîtré chez lui non pas depuis des jours ou des semaines mais depuis des années.

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Andrée Bonhomme, l'infirmière retraitée en renfort au CISSSO

« Pour moi, c’était juste impensable de rester à la maison », laisse tomber au bout du fil l’infirmière retraitée Andrée Bonhomme, quelques heures avant d’aller passer sa soirée à effectuer des tests de dépistage à la clinique désignée COVID-19 de l’Outaouais.

Cela fera cinq ans en juillet que Mme Bonhomme a pris sa retraite. Auparavant infirmière stomothérapeute à l’Hôpital de Gatineau, elle avait repris du service l’automne dernier pour aider aux efforts de vaccination. Son permis de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec était donc déjà en règle lorsque le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a lancé un appel aux retraités du réseau pour affronter la crise de la COVID-19.

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À 99 ans, elle lance un message d'espoir aux jeunes

Un siècle. Née en 1920, Gertrude Couture en a vu d’autres, mais rien de comparable à la crise de la COVID-19. Pourtant, elle est sereine. Et nous invite à cultiver l’espoir.

Posée, articulée, vive, elle s’est prêtée au jeu de l’entrevue téléphonique vendredi. Le prétexte : une photo sur laquelle elle s’affiche avec l’arc-en-ciel #cavabienaller, illustration multicolore popularisée sur le Web.

«Je ne suis pas une personne pour aller dans les médias», avance la dame. «Mais là, je le fais parce que c’est très important de garder espoir et de croire à la providence. […] C’est pour garder l’espoir à travers notre épreuve. Il ne faut pas se décourager, il y a toujours une lumière au bout du tunnel.»

«J’ai 99 ans»

«J’ai 99 ans. Au mois d’octobre je vais avoir 100…» Date de naissance : 21 octobre 1920. «Dans toute ma vie, j’ai passé des peines, des joies, des espérances.»

Gertrude Couture est cependant née après la grippe espagnole, durant l’après-Première Guerre mondiale. Elle n’a donc pas vécu l’épidémie qui fait trembler les épidémiologistes. Mais des secousses mondiales, elle connaît.

«En 1930, il y avait une crise aussi», se remémore-t-elle, faisant allusion au tremblement de terre économique qui a déstabilisé le monde durant une décennie.

«Après ça, il y avait eu la guerre», poursuit-elle en racontant le second conflit mondial de 1939 à 1945. «Mon frère était copilote. On avait de l’inquiétude, mais il est revenu sain et sauf.»

Après? Gertrude Couture ne trouve rien dans ses souvenirs d’aussi significatif. Du moins, pas dans le classeur des malheurs internationaux.

Elle en vient donc au coronavirus SARS-Cov-2 qui cause la COVID-19. «On a jamais vu ça. C’est la première fois.»

Pourtant, elle ne s’en fait pas trop. «C’est un bon stimulant, dans l’époque que nous vivons, de garder l’espoir», dit-elle. 

Locataire aux Jardins Saint-Sacrement de Québec, Gertrude Couture ne sort pas, tel que prescrit par les autorités : «Il faut observer tout ce qu’ils nous demandent. […] Ce n’est pas inquiétant, ça veut dire qu’ils prennent soin de nous et qu’ils nous protègent.»

D’autres se rendent dans les rares commerces ouverts, observe-t-elle. «Moi je ne le ferais pas. […] Je trouve ça de valeur pour elles parce qu’elles courent le risque.»

Remise d’une fracture à la hanche, Mme Couture pourrait aller à l’épicerie avec ses amies. Mais se limite à son balcon. Ses amies déposent plutôt des denrées à la porte de la résidence, puis l’infirmière les livre à son logis.

Sorties sur le balcon

Le jour de la photo, la dame était sur son balcon, son terrain de jeu extérieur durant le confinement. «Il faisait très beau». Des voisins et voisines étaient assis au soleil avec l’équipe d’animation. C’est là qu’on a proposé à la doyenne de prendre la pose avec l’arc-en-ciel. «C’est original. Je trouve ça très original.»

Gertrude Couture a aimé l’idée de nous inviter à prendre une grande respiration, à nous relaxer.

«Je suis dans une résidence. On est bien entouré. Je suis heureuse dans mon petit coin, je n’ai pas à me plaindre. J’ai le temps de réfléchir, de prier, de m’occuper de mes petites affaires.» Elle lit.

Pour le reste, elle s’abandonne, n’ayant pas de prises sur les événements. «J’ai une grande foi, alors j’essaie de me mettre dans les bras du Bon Dieu et j’attends ce qu’il fera pour moi.»

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Les enfants et le confinement: une approche différente à adopter

TROIS-RIVIÈRES — Vous aurez beau essayer de cacher votre stress à vos enfants, en ce moment, ils le sentiront, et ce, même s’il s’agit de bébés. La mesure de confinement imposée à cause de la COVID-19 n’est pas difficile à vivre que pour les adultes. Elle a aussi un impact sur le développement des enfants, indique le professeur Carl Lacharité de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

«Il y a des enfants qui vivaient dans des conditions préalables où il y avait déjà beaucoup de vulnérabilité», rappelle ce spécialiste de l’enfance qui travaille souvent en collaboration avec la Direction de la protection de la jeunesse. «Donc, on ne peut pas approcher la question du stress et de la détresse des enfants de la même façon dans ces situations», fait-il valoir.

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Les meilleurs porte-parole du message « Restez à la maison »

Sa « toute personnelle fin du monde », comme le dirait Michel Rivard, Lise Boilard l’a vécue en janvier dernier. En quelque 24 heures, tout a basculé : son fils Zachary a reçu un diagnostic de leucémie aiguë lymphoblastique. Si la vie du Québec est sur pause depuis quelques jours, la vie de Zachary, elle, l’est depuis la mi-janvier. Pour la mère et son fils, le désormais célèbre message « Restez à la maison » est synonyme de vie ou de mort.

Lise Boilard est aux aguets pour son fils de 17 ans, mais également pour sa propre vie.

En 2017, la mère de famille reçoit un diagnostic de cancer du poumon. La vie bascule alors pour celle qui n’a jamais fumé : il s’agit d’une forme très rare de cancer, un carcinome adénoïde kystique. La Windsoroise, une femme active qui aime la randonnée et le ski alpin, se fait alors enlever un poumon. 

« Je ne suis même pas encore en rémission. Ça fait deux ans que j’ai été opérée. Ils doivent attendre cinq ans (pour parler de rémission) », raconte-t-elle au bout du fil. Quand son fils s’est retrouvé à l’hôpital, elle-même passait un scan, comme elle doit s’y soumettre aux quatre ou cinq mois. 

S’isoler volontairement, Lise Boilard connaît. « Tous les partys de Noël, depuis que j’ai eu mon cancer, je n’y vais plus », dit celle qui ne doit pas contracter de pneumonie. « Si j’attrape ça, le coronavirus, je vais décéder. Zachary aussi. On dit à tout le monde de ne pas venir. »

Et pourtant, elle doit quand même se rendre avec son fils à l’hôpital, avec les risques que cela comporte. « Il faut qu’on continue », dit-elle au sujet de la chimiothérapie. Son fils en a pour environ neuf mois à recevoir des traitements de chimiothérapie, sans compter des ponctions lombaires et de la moelle épinière. L’horizon qui se dessine devant lui ressemble à près de deux ans et demi de traitements.

« Durant les Fêtes, Zachary ne se sentait pas bien. Il est allé faire du ski alpin; il était essoufflé, un peu comme quand j’avais mes symptômes de cancer », raconte-t-elle en citant aussi sa perte d’appétit. On lui a d’abord dit, à l’hôpital, qu’il avait l’influenza. Jusqu’à ce que son état se dégrade… et qu’on l’envoie en ambulance. 

En quelques heures, tout se bouscule : on lui apprend qu’il a une leucémie. Il a aussi contracté deux bactéries au niveau d’un bras et d’une jambe, ce qui oblige l’équipe médicale à l’opérer. Le diagnostic est à peine tombé que les médecins enclenchent la chimiothérapie. Pas de temps à perdre. 

En plus de travailler, Zachary allait à l’école, où il suivait un programme combinant matière et formation professionnelle. Depuis le début de l’hiver, il recevait des cours à la maison, mais la COVID-19 a évidemment stoppé sa formation. « C’est difficile pour un adolescent. C’est l’âge où ils veulent se séparer des parents et il est pris avec moi 24 heures sur 24 », note Lise Boilard, en citant les nombreuses conséquences de la chimiothérapie. 

Depuis l’annonce, Zachary a déjà cumulé plusieurs journées d’hospitalisation. 

La crise du coronavirus en rajoute une couche sur les inquiétudes déjà nombreuses de la mère. « On se demande : est-ce que les gens vont dire la vérité? Il y a ceux qui disent qu’ils ne reviennent pas de voyage… » La mère de trois garçons a accueilli avec soulagement le fait que l’on ferme les chantiers : l’un d’eux travaille dans la construction. « C’est une bonne affaire, je commençais à capoter », image-t-elle. 

Si elle n’avait qu’un message à lancer aux gens? « Qu’ils restent chez eux! » lance Lise Boilard. Du même coup, elle croit que cette situation suscitera une réflexion dans la société... à commencer par quelques bonnes pratiques en matière d’hygiène. « On l’enseigne aux enfants en CPE », note celle qui travaillait dans le milieu de la petite enfance.

Matière à réflexion

COVID-19: et le bonheur, lui?

Simon Girard est professeur en génétique humaine à l’Université du Québec à Chicoutimi. Il enseigne le cours d’évolution et s’intéresse à l’impact de plusieurs concepts de biologie évolutive sur les humains. Dans un contexte de pandémie mondiale, nous lui avons posé quelques questions afin de savoir comment il vit la situation, d’abord, et ensuite, à quel point elle pourra avoir un impact sur les individus.

Q: Vous êtes professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi et jeune père, comment vivez-vous cette période de confinement ?

COVID-19

Comment fêter nos petits confinés?

Justin aura neuf ans le 6 avril. À la maison, sans les amis et la famille élargie près de lui. Comment fêter les anniversaires de nos confinés?

Mon garçon vit présentement le même petit drame que plusieurs enfants à travers la planète; mettre un x, pour une période indéterminée, sur la fête d’anniversaire longtemps attendue, espérée, planifiée.

Par intérêt personnel et pour nous tous, j’ai demandé des conseils à mes proches et à des spécialistes de la fête pour marquer cette journée, la rendre inoubliable.

Vive la technologie

Émilie Rouleau, du groupe Party Expert, a elle-même dû fêter son garçon de sept ans en isolement. La technologie (FaceTime, conversation vidéo par Messenger de Facebook, etc.) lui a été d’un grand secours pour maintenir un semblant de normalité. D’autres applications comme Zoom et Google Hangout permettent aussi de se réunir.

«On avait partagé les articles de décoration Pokémon à nos proches et quelques amis et tout le monde a pu se regrouper pour fêter par ordinateur, raconte Mme Rouleau. Mon garçon ne s’attendait pas à ça, ça lui a fait une belle surprise de voir tout le monde là par ordinateur.»

Une session vidéo sera évidemment moins longue qu’une vraie fête. Mais pourquoi ne pas la prévoir pour le moment du gâteau d’anniversaire ou du déballage de cadeaux?

Josée Pilote et André Roberge de Chant-o-Fêtes ont fermé leur boutique physique. Mais ils continuent à livrer des bouquets de ballons et des décorations. L’opération se fait sans contact avec leurs clients, en accrochant les ballons à la porte d’entrée.

«Je pense que les gens ont le goût de continuer à fêter, estime Mme Pilote. Les parents vont installer les décorations la nuit, pendant que les enfants dorment. Il y en a qui se donnent deux fois plus pour que ce soit mémorable!»

À fond dans le thème!

La journaliste et blogueuse Maude Goyer, du blogue Maman 24 / 7, propose d’embarquer toute la famille dans une thématique et de l’exploiter à fond. Votre fils aime les pirates? Tout le monde se déguise et on prépare des jeux, des bricolages, un film et des décorations, avec le thème des pirates.

«Aussi, je serais tentée de coller aux demandes du fêté, écrit Maude. Il n’y a pas de sortie, pas de resto, pas d’invité, mais on va tenter de lui offrir une belle journée avec ce qu’il/elle aime vraiment : son repas préféré, son jeu préféré. Il veut faire du camping dans le sous-sol en famille? Souper à la chandelle? Go! Il faut tenter de lui faire plaisir avec les moyens du bord… Ça demande un peu plus d’implication et de participation de la part des parents et frères/sœurs s’il y en a —, mais je parie que ce sera une fête réussie!»

Autres idées en vrac

Voici plusieurs idées originales recueillies grâce à un appel à tous sur mon réseau Facebook.

  • Demander aux amis et aux proches d’envoyer une carte de fête par la poste
  • Inviter les amis à passer en voiture devant notre maison pour saluer le fêté
  • Avec une pancarte colorée installée devant la maison, inviter les automobilistes à klaxonner en l’honneur du fêté
  • Cuisiner le gâteau de fête avec le fêté
  • Nommer le fêté «patron du jour» et lui donner les rênes de la fête
  • Faire du camping dans le salon avec une vraie tente
  • Faire une chasse au trésor à la maison ou dans la cour
  • Faire un diaporama, un collage ou remplir le cadre numérique avec des photos du fêté à tous les âges
  • Grâce à la vidéo, faire participer les amis à un jeu-questionnaire avec le fêté
  • Commencer à imaginer la fête d’amis «en vrai» qui se tiendra dans quelques mois

Actualités

Les géants du détail sortent grands gagnants de la crise de la COVID-19

Les campagnes encourageant l’achat local se multiplient depuis les deux dernières semaines. « C’est important d’acheter chez nous, au Québec. C’est primordial, si on veut se donner les chances que le maximum de nos entreprises passent au travers », a même demandé le premier ministre, François Legault, la semaine dernière, dans l’un de ses points de presse quotidien.

Les grands gagnants de cette pandémie demeurent toutefois les géants du détail américains. Walmart, Costco et Amazon voient leurs ventes grimper. Et au Québec, ça ne fait pas exception. Depuis le début de la crise, ce sont les stationnements des deux magasins qui s’avèrent les plus garnis. Dans les camions des principaux livreurs, ce sont les boîtes d’Amazon qui remplissent les tablettes.

Livres

COVID-19: les bibliothèques redoublent de créativité

La demande en emprunts de livres numériques n’a jamais été si forte au Québec, depuis le début de la crise de la COVID19.

La seule journée du 17 mars dernier, plus de 10 000 ouvrages ont été empruntés via la pretnumerique.ca. Un record inégalé, constatent les administrateurs de cette plateforme utilisée par plus de 1 000 bibliothèques au Québec, dont celles de Gatineau, et à travers laquelle sont disponibles plus de 850 000 livres.

COVID-19

NBA: Rudy Gobert et Donovan Mitchell guéris

Le basketteur français Rudy Gobert et son coéquipier Donovan Mitchell sont guéris du coronavirus, a annoncé le Jazz de l’Utah vendredi, ajoutant que le reste de l’équipe et le personnel ne présentent plus de risque d’infection.

«Le ministère de la Santé de l’Utah a déterminé que tous les joueurs et le personnel du Jazz, y compris Donovan Mitchell et Rudy Gobert qui ont été testés positifs au coronavirus, ne présentent plus de risque d’infection pour les autres», indique le club de Salt Lake City.

Mercredi, Gobert avait affirmé se sentir «mieux de jour en jour» dans un live sur Instagram, ressentant toutefois encore certains symptômes.

«Je n’ai toujours pas retrouvé l’odorat. Mais le goût revient petit à petit», avait-il précisé, ajoutant qu’il s’entraînait néanmoins de nouveau «tous les jours avec des séances de cardio, de musculation».

Consécutivement au test positif de Gobert, le premier constaté en NBA le 11 mars qui a poussé le commissaire de la Ligue à suspendre immédiatement la saison, tous les joueurs et membres du personnel de l’équipe avaient à leur tour subi un test de dépistage et s’étaient mis à l’isolement.

«Quatorze jours plus tard, ils ont été autorisés par le ministère de la Santé de l’Utah à sortir de leur quarantaine respective», ajoute le Jazz.

Pour que cette décision soit prise, deux tests négatifs pour la COVID-19 doivent être constatés à au moins 24 heures d’intervalle.

Les joueurs et le personnel de jazz continueront de pratiquer la distanciation sociale, tout en limitant leurs sorties hors de leur domicile aux activités essentielles, suivant les directives de la NBA et des Centres de contrôle et prévention des maladies (CDC).

COVID-19

COVID-19: «Il faut garder le moral», dit un Gatinois d'origine italienne

Un Gatinois d’origine italienne fait partie des rares personnes sur cette planète à ne compter aucun proche atteint du coronavirus.

L’Italie est plongée dans un enfer innommable depuis des semaines. Les morts se comptent par milliers (plus de 7 500, mercredi) et presque tous les Italiens ont vécu un drame personnel lié à la pandémie.

Vincent a préféré taire son nom de famille afin de préserver la vie privée des siens en sol canadien.

Ses liens familiaux et amicaux sont toujours solides avec ceux qui vivent dans le nord-est de l’Italie. « Ils sont en milieu rural, alors, c’est un peu mieux que dans les villes, où tout est fermé. Dans leur village, ils n’ont accès qu’à la pharmacie et au marché d’alimentation. »

Ses amis travaillent sur les terres agricoles. Ils poursuivent tant bien que mal la culture des vignes pour, un jour, en faire du vin. D’autres maintiennent les activités des fermes bovines.

« Le problème, dit Vincent, c’est un peu comme ici. C’est de garder le moral. Personne, dans ma famille, n’est touché là-bas. Mais il n’y a rien à faire. Aucune activité. Ils ont besoin de permissions spéciales pour tout. Le monde est dans l’incertitude. Le combat pour garder le moral, c’est la même chose qu’ici. J’ai l’impression que c’est bien pire là-bas. Lorsque je leur ai dit que le Canada était aussi touché par la pandémie, ils n’en revenaient pas. Ils étaient trop préoccupés par ce qui se passait chez eux. »

Vincent souhaite que les Canadiens réussissent à garder leur calme dans les prochaines semaines. Il souhaite surtout que la crise sanitaire au Canada n’atteigne pas les mêmes sommets que ceux de son pays d’origine. « En Italie, c’est la panique. »

Actualités

Les travailleuses du sexe sur la corde raide

Bon nombre de travailleuses du sexe risquent de se retrouver à la rue et sans accès à l’aide d’urgence en raison de leur métier illégal.

Le Projet Intervention Prostitution Québec (PIPQ), qui aide 350 femmes et adolescentes dans la région, reçoit ces jours-ci plusieurs appels de détresse. «On sent beaucoup de panique», confie Geneviève Quinty, directrice du PIPQ.

Les salons de massage et les bars de danseuses ont fermé leurs portes. Les femmes qui travaillent dans ces établissements sont plus nombreuses à déclarer leurs revenus. Elles auront droit pour la plupart à la prestation d’urgence fédérale.

Geneviève Quinty s’inquiète davantage pour les femmes vulnérables, qui travaillent en solitaire. Comme cette mère monoparentale de deux enfants, qui a arrêté de voir des clients le 13 mars, à la fermeture des écoles. «Elle s’était économisé de l’argent, mais là, il lui reste 200 $ et elle se demande comment elle va nourrir ses enfants si ça dure», explique la directrice du PIPQ.

La pandémie est une autre occasion de soulever les conséquences de garder comme infraction criminelle l’achat de services sexuels, souligne Mme Quinty.

«Si on décriminalisait cette pratique-là, les filles auraient droit à l’aide», résume-t-elle.

Le comptoir d’aide alimentaire du PIPQ a eu 20 demandes de plus qu’à l’habitude durant la dernière semaine. L’organisme continuera à aider, tant que Moissons Québec pourra continuer à accumuler des denrées.

Une intervenante du PIPQ tente de rejoindre les travailleuses du sexe sur les sites Web où elles placent des annonces pour rappeler les mesures d’hygiène. On suggère aussi de changer les pratiques, comme de cesser d’embrasser les clients ou d’offrir des services sexuels via la webcam.

Geneviève Quinty sait bien que plusieurs femmes se mettent encore à risque. Comme cette jeune adulte tout juste revenue d’un séjour à Toronto, où elle a rencontré des clients. «Ces filles-là sont en situation de survie», rappelle Mme Quinty.

Moins de refuges

La situation devient d’autant plus critique pour les travailleuses du sexe du fait que les refuges sont beaucoup moins accessibles. 

Même ceux qui sont dédiés à cette clientèle. «Bien que nous sommes conscientes des grands défis que cela pose au quotidien, notamment au niveau de l’hygiène et des besoins de base, et de la détresse occasionnée par la fermeture de plusieurs lieux et services d’aide, nous sommes dans l’obligation de demander aux femmes qui présentent des symptômes de rhume et de grippe de ne pas se présenter à l’hébergement», annonçait cette semaine le Projet L.U.N.E., un organisme du centre-ville qui met, pour la nuit, un logement à la disposition des travailleuses du sexe et des femmes en situation d’itinérance. 

Le minuscule 4 ½, qui dispose de seulement de 5 lits et d’une seule salle de bain, accueillait certains soirs jusqu’à 13 personnes. Impossible, dans de telles conditions, de garder la distance nécessaire entre chaque femme pour éviter la propagation des virus. En fermant ses portes aux femmes avec des symptômes, l’organisme estime pouvoir maintenir l’accueil à 11 femmes.

«Cette décision est très déchirante pour toute l’équipe, car nous avons à cœur votre sécurité à toutes. Mais nous avons également un grand souci de préserver la santé et la sécurité des autres femmes hébergées ainsi celles que des employées», conclut le communiqué du Projet L.U.N.E.

Affaires

Mieux vaut attendre avant de vendre sa maison en temps de crise

Cette semaine, l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ) a avisé ses membres que tous contacts en personnes avec des clients ou d’autres courtiers étaient interdits, et ce, pour une période de trois semaines, soit jusqu’au 13 avril. L’organisme s’arrime ainsi aux directives de distanciation sociale mises de l’avant par le gouvernement du Québec. On interdit donc toutes les visites et on demande aux courtiers de fermer leurs bureaux.

Vendre sa maison en temps de crise devient presque impossible. Et la situation est la même pour ce qui est de l’achat d’une nouvelle résidence.

COVID-19

Manger mieux et bouger plus pour affronter le COVID-19

Le quotidien est chamboulé. À la maison, le temps s’alanguit et certaines préoccupations ont soudainement moins leur raison d’être. Et si cette pause obligée nous permettait de dépoussiérer nos vieilles habitudes pour en créer de nouvelles de façon durable ? Comme manger mieux et bouger plus ?

En quarantaine chez elle depuis son retour de voyage, la nutritionniste Marie-Claude Trempe constate d’ailleurs une étrange tendance depuis quelques jours. «Beaucoup de gens veulent me parler. À ma grande surprise, plein de monde appelle pour être sur la liste d’attente dès que je vais rouvrir mon bureau. Ce que je perçois, c’est que les gens veulent bien manger.»

Sénateurs

Cas de COVID-19 chez les Sénateurs: l’anonymat, c’est la loi

Au moment où les Sénateurs ont sauté sur la glace pour le dernier match du sport nord-américain, il y a deux semaines au Staples Center de Los Angeles, le grand partisan des Kings qu’est l’acteur Tom Hanks faisait savoir qu’il avait la COVID-19, tout comme sa femme Rita Wilson.

La nouvelle avait fait réaliser à bien du monde sur la planète que la menace du coronavirus était bien réelle et que n’importe qui pouvait être atteint.

COVID-19

Le couple gatinois coincé au Maroc est soulagé d’être de retour

Guy Pouliotte et sa femme Jeannine Côté-Pouliotte sont soulagés. Très soulagés. Le couple gatinois est arrivé à la maison plus tôt cette semaine après une épopée éprouvante au Maroc, travaillant d’arrache-pied pour trouver un moyen de revenir au Canada après avoir été coincés dans le pays africain dans la foulée de la lutte contre la pandémie de COVID-19.

M. Pouliotte et sa femme faisaient partie d’un groupe de huit amis de Gatineau en voyage de découverte au Maroc qui devait être suivi d’un séjour de repos en Espagne.

COVID-19

Montréal déclare l’état d’urgence local

MONTRÉAL — La Ville de Montréal a répondu à la demande des autorités de santé publique du Québec et a déclaré l'état d'urgence sur son territoire pour aider à lutter contre la pandémie de COVID-19. Mais la mairesse Valérie Plante a voulu du même souffle rassurer ses concitoyens: la ville n'est pas en confinement total.

«Nous passons à une étape importante dans notre lutte collective contre le coronavirus, a-t-elle souligné lors d'un point de presse à l'hôtel de ville. Depuis le début de la crise, nous travaillons avec l'équipe d'experts du Centre de coordination des mesures d'urgence et la Direction générale de la santé publique pour prendre les meilleures décisions. Le plan établi a été très efficace jusqu'ici, mais étant donné l'évolution de la situation, nous sommes rendus à un point où nous devons nous doter de nouveaux pouvoirs, des pouvoirs exceptionnels.»

La mairesse a officiellement décrété l'état d'urgence à compter de 16h, vendredi. Cette mesure permettra notamment à Montréal d'adopter rapidement des mesures pour réduire les risques d'éclosion de la COVID-19 auprès des personnes en situation d'itinérance.

«La situation dans les centres de jour et les refuges est très difficile actuellement, a souligné Mme Plante. Les centres de jour, qui accueillent 750 personnes par jour, sont maintenant fermés, à quelques exceptions près. Les refuges, qui accueillent près de 1400 personnes par nuit, ont vu le nombre de places chuter d'environ 300 au cours de la dernière semaine.

«Notre population itinérante se retrouve sans nourriture, sans endroit de repos et sans protection et c'est inacceptable. Le premier ministre [François Legault] nous demande de rester chez nous: qu'est-ce que ça veut dire quand notre maison, c'est la rue?»

Montréal se donne ainsi les moyens de réquisitionner des locaux pour loger ces sans-abri, en plus de se donner la marge de manoeuvre financière nécessaire pour acheter des fournitures pour ces centres. Elle compte doter la ville de nouveaux refuges — deux déjà, au Y du centre-ville et au complexe Guy-Favreau, sont en fonction — en plus de créer des îlots sanitaires au centre-ville pouvant accueillir 1000 itinérants par jour.

L'hôpital Royal Victoria sera également mis à contribution. Il servira à accueillir la clientèle itinérante infectée au coronavirus ou celle en attente d'un diagnostic.

«Cette crise sanitaire ne doit pas devenir une crise humanitaire, a déclaré la mairesse. C'est pour ça qu'on doit se donner des pouvoirs nécessaires pour passer à l'action. Les dispositions de la Loi sur la sécurité nous permettent de prendre toutes les mesures pour protéger l'intégrité, la vie et la santé de ces personnes.»

Affaires

Coups de pouce financiers: Ottawa ne semble pas se fixer de plafond

MONTRÉAL — Après les petites et moyennes entreprises (PME), d'autres secteurs ébranlés par la pandémie de COVID-19 pourraient bien recevoir un coup de pouce de la part du gouvernement Trudeau, qui ne semble pas vouloir fixer de limite quant à l'ampleur des deniers publics nécessaires pour traverser la crise.

«Je vous dirais qu'il n'y a pas de plafond sur ce que nous pourrions devoir investir pour résoudre le problème», a lancé le ministre des Finances, Bill Morneau, vendredi, au cours d'une conférence de presse où il était flanqué du gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz.

Ottawa a dévoilé un bouquet de mesures de plusieurs dizaines de milliards de dollars qui comprend notamment une subvention visant à défrayer jusqu'à 75% des salaires des employés des PME admissibles, par rapport à 10% auparavant. Elle concerne les compagnies qui poursuivent leurs activités — même au ralenti — et qui continuent à retenir des travailleurs. Ceux qui ne pourront plus du tout travailler auront la prestation canadienne d'urgence à leur disposition.

L'initiative, qui a déjà été adoptée par plusieurs États européens et qui était réclamée par les milieux patronaux et syndicaux, est valide pour trois mois et rétroactive au 15 mars.

Ce plan a été dévoilé après que la banque centrale eut procédé à une autre baisse inattendue d'un demi-point de pourcentage de son taux d'intérêt directeur, qui a été ramené à 0,25%, ainsi que la publication d'un rapport du directeur parlementaire du budget à l'effet que le déficit pourrait atteindre 112,7 milliards $ au terme de l'exercice.

Mais malgré tout, M. Morneau a affirmé, au cours de la conférence de presse, que son gouvernement discutait également avec les entreprises du secteur énergétique et les compagnies aériennes — qui ont procédé à des licenciements massifs en raison de la fermeture des frontières — et qu'il pourrait prochainement y avoir des annonces.

«Nous allons agir de manière appropriée [à la crise], a dit le grand argentier du pays. Nous sommes dans une posture fiscale enviable.»

M. Morneau a estimé que les mesures dévoilées vendredi totalisaient 95 millions $ en soutien supplémentaire aux entreprises, ce qui fait passer la taille de l'aide destinée aux entreprises à près de 110 milliards $ depuis le début de la pandémie.

Il faudra toutefois patienter encore quelques jours pour connaître l'ensemble des modalités du plan, a indiqué Ottawa, puisqu'il doit encore être peaufiné. Invité à préciser quelles PME seraient admissibles, le ministre fédéral des Finances ne s'est pas avancé.

Même si de nombreuses questions subsistent, syndicats et associations patronales ont réservé un accueil plutôt favorable aux annonces.

«Nous allons devoir attendre pour savoir s'il y a un maximum de dépenses remboursables», a expliqué la présidente-directrice générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), Véronique Proulx, au cours d'un entretien téléphonique.

Au niveau fédéral, une PME compte 500 employés et moins, a-t-elle fait remarquer, ce qui laisse entendre que des entreprises comme Bombardier, BRP et CAE, qui ont effectué d'importantes mises à pied temporaires, n'auraient pas droit aux coups de pouce annoncés.

Idéalement, la subvention aurait été annoncée plus tôt, mais la rétroactivité au 15 mars devrait permettre à des entreprises de rappeler des employés mis à pied temporairement, a estimé le vice-président aux affaires nationales à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, Jasmin Guénette.

«Cette mesure permet de conserver un lien d'emploi avec les travailleurs pour les entreprises confrontées à une baisse de l'activité, a-t-il dit. Cela permet de ne pas engorger le système [fédéral] qui n'est pas en mesure de répondre à la demande [pour les prestations d'assurance emploi et d'urgence].»

Dans un communiqué conjoint, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) ont aussi salué la subvention salariale, mais elles ont demandé, à l'instar d'autres associations patronales, que l'ensemble des compagnies puissent en bénéficier.

Par souci d'équité, la taille des entreprises ne devrait pas être le critère qui détermine pourquoi certains travailleurs auront à se tourner vers l'assurance emploi alors que d'autres pourront bénéficier d'une subvention salariale. Les deux syndicats ont également plaidé pour la mise en place de mécanismes pour s'assurer que les subventions soient «entièrement consacrées à la rémunération des employés».

Les autres mesures dévoilées par Ottawa

- Prêts: Le programme permettra l'octroi de prêts sans intérêt pouvant atteindre 40 000 $ pour les PME. Si le remboursement est effectué avant la fin 2022, jusqu'à 10 000 $ de la dette sera radiée. Ottawa prêtera également jusqu'à 12,5 milliards $ de plus par l'entremise d'Exportation et développement Canada et la Banque de développement du Canada pour aider les PME en matière de liquidités.

- Mesures fiscales: Les versements de la taxe sur les produits et services et de la taxe de vente harmonisée ainsi que des droits de douane sont reportés jusqu'au 30 juin. Le gouvernement estime que cela fournira environ 30 milliards $ en liquidités aux compagnies.

Actualités

Jessy Brown garde espoir de présenter son spectacle Notre-Dame - Les passagers du temps

Après avoir été retardé d’une année, le grand spectacle multimédia que le Granbyen Jessy Brown doit présenter cet été subira-t-il cette fois les contrecoups de la COVID-19? Le concepteur garde espoir que tout se déroulera comme prévu.

Notre-Dame - Les passagers du temps doit prendre l’affiche au nouveau Centre Notre-Dame de Granby pour une vingtaine de représentations estivales. La date de la première devant public est fixée au 26 juin prochain. «Pour l’instant, on ne sait pas si ça va commencer plus tard. Je travaille là-dessus. Mais rien n’est annulé!» laisse entendre Jessy Brown.

COVID-19

Deux employés de l’Hôpital de Hull infectés, 11 autres en isolement

Un deuxième employé de l’Hôpital de Hull est atteint de la COVID-19, a annoncé vendredi le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), ce qui a forcé l’organisation à mettre une dizaine de membres du personnel en isolement.

Le bilan pour l’Outaouais est passé vendredi à un total de 18 cas, soit deux de plus que la veille. Aucun décès n’est à déplorer dans la région.

Là où le bât blesse particulièrement, c’est qu’un autre employé de l’Hôpital de Hull a contracté la COVID-19. «Afin d’éviter toute propagation et de prendre les mesures nécessaires pour protéger le personnel en place, nous avons mis 11 employés en isolement», a fait savoir la présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion, lors d’un point de presse virtuel organisé vendredi après-midi. Elle assure qu’ils vont tous «bien» pour l’instant.

Cette situation a forcé l’organisation à mettre en place un plan de contingence afin de pouvoir continuer à soigner la population à l’Hôpital de Hull. «Plusieurs employés venant d’autres installations sont et seront déployés pour soutenir notre offre de services», a indiqué Mme Filion.

COVID-19

Sa fille coincée... à l’Île-du-Prince-Édouard

Une étudiante originaire de l’Outaouais est coincée à l’Île-du-Prince-Édouard parce qu’elle ne peut traverser le Nouveau-Brunswick sans y avoir préalablement fait une quarantaine de 14 jours.

Le père de la jeune femme est une figure bien connue dans le milieu policier. Le sergent Martin Fournel, porte-parole de la police de la MRC des Collines, a interpellé Le Droit, vendredi.

Sa fille, une universitaire dans la vingtaine, a perdu ses trois emplois à la suite des nombreuses fermetures de commerces liées à la pandémie de COVID-19. Elle a décidé de revenir au foyer familial, en Outaouais, en attendant le passage de la tempête.

«Avant qu’elle parte de là-bas, nous nous sommes informés sur les bonnes façons d’agir, raconte M. Fournel. On nous a dit qu’elle devait s’isoler au Nouveau-Brunswick pendant 14 jours avant de poursuivre sa route vers le Québec», raconte le père médusé.

L’étudiante devait rapporter certains biens en voiture. Elle prévoyait être en mesure de traverser la province néo-brunswickoise sans s’arrêter dans une station-service et limiter ses contacts dans les commerces du Québec, n’achetant que le strict minimum comme l’essence.

Air Canada effectue encore des vols intérieurs entre les Maritimes et l’Aéroport international d’Ottawa. Cette solution a été étudiée par la famille, mais la famille est loin d’être rassurée. «Être ‘jammé’ dans un avion avec plein de gens, c’est ‘OK’, mais pas si tu conduis seule dans une voiture et traverses le Nouveau-Brunswick sans t’arrêter? Où est la logique?» pose le père.

Ce dernier comprend que les policiers font leur travail aux barrages routiers. «Je sais qu’ils exécutent les ordres de leur gouvernement. Mais c’est tout un problème, et on ne doit pas être les seuls dans cette situation.»

COVID-19

Ottawa: une résidence d'Orléans touchée par la COVID-19

Un premier cas de la COVID-19 a été identifié dans une résidence pour aînés d’Ottawa. Un couple est hospitalisé pour soigner leurs symptômes.

Il s’agit d’une première inquiétante, selon la médecin-chef de Santé publique Ottawa (SPO), Vera Etches. Cette dernière a annoncé qu’il s’agit d’un occupant de la résidence Promenade, dans le secteur d’Orléans.

«Il y a beaucoup de choses qui doivent changer dans un contexte d’épidémie localisée et je peux vous assurer que la direction de cette résidence fait tout ce qu’elle devrait en ce moment», soutient la Dre Etches.

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Deux employés de l’Hôpital de Hull infectés, 11 autres en isolement

Tous les résidents ont été placés en isolement de façon préventive et les employés doivent suivre des procédures strictes avant d’entrer dans chaque chambre. Le personnel fera également l’objet d’un suivi régulier pour vérifier s’ils n’ont pas contracté le nouveau coronavirus.

Transmission exponentielle?

On dénombre maintenant 75 cas confirmés de la COVID-19 dans la Ville d’Ottawa, dont 24 qui l’ont été vendredi. Il s’agit presque d’une hausse de 50% de diagnostics positifs en une seule journée.

Santé

COVID-19: quatre cas confirmés dans une maison pour aînés de Lévis

Une éclosion de COVID-19 s’est déclarée dans une résidence pour personnes âgées de la région de Chaudière-Appalaches. Vendredi, quatre cas étaient confirmés parmi les 128 résidents du Manoir Liverpool de Lévis. Une personne a aussi été hospitalisée.

La Direction de santé publique du CISSS de Chaudière-Appalaches a confirmé les informations vendredi. Elle poursuit ses efforts pour limiter l’éclosion de COVID-19 qui s’est déclarée mercredi dernier.

L’équipe de santé publique réalise son travail d’enquête épidémiologique et contacte toutes les personnes qui ont été en lien avec une personne infectée.

Plusieurs mesures ont été mises en place dans la résidence pour aînés depuis mercredi, afin d’assurer la sécurité des autres résidents et des employés. Le CISSS assure que la désinfection de la résidence est réalisée en continu, qu’un mécanisme de surveillance électronique des portes est en place et que les entrées et les sorties des employés sont contrôlées. Toutes les personnes qui présentent des symptômes, qu’ils soient résidents ou employés, sont placées en isolement automatiquement.

Des agents sont présents en tout temps sur les lieux du Manoir Liverpool.

Chaque personne entrée en contact avec les résidents infectés sera contactée individuellement par la Direction de santé publique, elle recevra alors des consignes claires.

«Une éclosion dans un milieu de vie comme une résidence pour personnes âgées constitue un moment très stressant pour les résidents et leurs proches. Toutes les mesures sont déployées pour leur assurer soutien et réconfort dans cette période difficile», est-il indiqué dans le communiqué transmis par le CISSS.

«En ce sens, un appel est lancé à toutes les personnes dont un proche habite en résidence pour leur téléphoner le plus souvent possible. La présence des proches est essentielle pour adoucir cet isolement forcé, mais nécessaire», ajoute-t-on.

D'autres détails concernant l'évolution de la situation seront communiqués par le CISSS de Chaudière-Appalaches si nécessaire.

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COVID-19

COVID-19: l’Ontario enverra d’autres alertes médias

TORONTO — À 14 h vendredi, les Ontariens ont reçu une alerte sur leur téléphone cellulaire avisant les voyageurs qu’ils ont l’obligation de s’isoler pendant 14 jours pour éviter la propagation de la COVID-19. Ce ne sera sûrement la dernière alerte de ce genre, a déclaré le premier ministre Doug Ford lors de son point de presse quotidien.

«Voyageurs de retour en Ontario, vous présentez un risque élevé de propagation de la COVID-19. La loi vous oblige à vous isoler pendant 14 jours. N’allez pas dans les magasins et ne rendez pas visite à votre famille ou vos amis. Tout le monde doit rester chez soi pour mettre fin à la propagation.»

Comme il le fait déjà avec les alertes Amber, le gouvernement ontarien a envoyé une alerte via les télévisions, radios et téléphones cellulaires de toute la population de la province, vendredi. 

«C’est la première fois que nous envoyons une telle alerte dans le cadre de cette crise, et ce ne sera probablement pas la dernière», a souligné le premier ministre ontarien Doug Ford en conférence de presse. 

Par ailleurs, M. Ford a demandé à ceux qui ont un chalet de ne pas y aller. Ces résidences secondaires sont souvent situées en milieux ruraux. Plusieurs maires auraient demandé au premier ministre de faire une telle déclaration pour informer la population que les hôpitaux et les commerces de leurs régions n’ont pas les ressources nécessaires pour tous ces visiteurs.

À LIRE AUSSI: Les villégiateurs ontariens invités à rester chez eux

Actualités

Compenser les bas salariés: preuve que le salaire minimum est trop bas, dit Boyer

MONTRÉAL — Le fait que le premier ministre François Legault évoque la nécessité de compenser les bas salariés pour qu’ils aient intérêt à continuer à travailler, malgré la prestation fédérale de 2000 $ par mois, prouve la nécessité de hausser le salaire minimum, estime le président de la FTQ, Daniel Boyer.

La plus grande centrale syndicale du Québec, qui y représente plus de 600 000 travailleurs, a lancé le bal, le 1er mai 2016, du mouvement en faveur d’une hausse du salaire minimum à 15 $.

En entrevue vendredi, M. Boyer a dit estimer que le débat qui a cours depuis que le fédéral a lancé sa Prestation d’urgence de 2000 $ par mois, pour compenser la perte de revenu des travailleurs victimes de la COVID-19, démontre toute la pertinence de cette revendication.

Depuis, plusieurs travailleurs à bas salaire ont critiqué le fait qu’ils gagneraient davantage avec cette prestation d’urgence que s’ils continuaient à travailler — parfois au péril de leur santé.

Il s’agit des préposés aux bénéficiaires qui travaillent dans les résidences privées pour personnes âgées, des commis d’épicerie, caissières, employés du commerce de détail et autres.

Le fait que le premier ministre Legault ait indiqué en conférence de presse que le ministre des Finances allait trouver un moyen pour les compenser démontre que ces salaires sont trop bas, argue M. Boyer.

Arts

Les nommés aux prix Écrans canadiens devront attendre encore

TORONTO — Les nommés aux prix Écrans canadiens cette année devront attendre encore un peu plus avant de savoir s’ils remportent un trophée.

L’Académie canadienne du cinéma et de la télévision a dit reporter l’annonce des lauréats étant donné la grande incertitude entourant la pandémie de COVID-19.

Plus tôt ce mois-ci, l’Académie avait annulé la cérémonie qui devait être télédiffusée dimanche, ainsi que les événements prévus à la fin du mois de mars à Toronto, à Montréal et à Vancouver liés à la Semaine du Canada à l’écran.

Les organisateurs ont publié vendredi un communiqué, affirmant que l’Académie demeurait déterminée à célébrer les lauréats cette année au moment jugé opportun.

Deux films québécois, Antigone et The Twentieth Century, sont finalistes dans la catégorie du meilleur film.

Le Chant des noms, de François Girard, est cité neuf fois, mais pas dans les catégories du meilleur film ou de la meilleure réalisation.

L’Académie canadienne du cinéma et de la télévision décerne aussi ses prix Écrans aux artisans de la télévision en anglais — les productions francophones reçoivent des prix Gémeaux au Québec.

C’est la comédie Schitt’s Creek qui domine la liste des finalistes, avec 26 nominations, suivie d’Anne with an E avec 17 et Cardinal avec 14.