L'antenne CKRN sera officiellement fermée le 25 mars, à moins d'avis contraires, prévient le pdg de RNC Média, Mario Cecchini (photo).

Couverture locale en Abitibi: le SCFP craint un manque de diversité

La couverture régionale est sur le point de changer en Abitibiti-Témiscamingue, alors que la diffusion du signal local de la télévision de Radio-Canada cessera d'ici une semaine dans le secteur. Une décision que critique vivement le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), dans une missive envoyée dimanche matin.

C'est l'entreprise RNC Média qui transmet les nouvelles locales de Radio-Canada dans la région. Le groupe avait d'ores et déjà annoncé mettre fin à l'entente la liant à la société d'État, au début du mois de mars, freinant ainsi toutes les activités de l'antenne CKRN. 

Celle-ci sera officiellement fermée le 25 mars, à moins d'avis contraires, prévient le pdg de RNC Média, Mario Cecchini. 

Le patron de l'entreprise avait affirmé, lors de l'annonce de la nouvelle, que son groupe préfère actuellement concentrer tous ses efforts sur deux autres partenariats d'envergures, avec TVA et Vtélé notamment. 

Manque de diversité

Même si la population de l'Abitibi-Témiscamingue continuera d'avoir accès à la programmation de Radio-Canada via le câble, le satellite ou le site Internet, le SCFP déplore vivement le manque de diversité des voix qui résultera de cette fermeture, et affirme craindre pour l'avenir de la nouvelle locale partout au pays. 

«La mission de Radio-Canada, c'est de donner du service et de refléter l’ensemble des régions du Québec et du Canada, explique le vice-président du Conseil provincial du secteur des communications (CPSC-SCFP), Richard Labelle. La société d’État rend cette région muette et invisible aux yeux du reste du pays. Si la SRC peut se déresponsabiliser en Abitibi, elle pourrait le faire ailleurs aussi. C’est inquiétant.»

La preuve a pourtant été faite, selon le SCFP, qu'une station locale peut bel et bien être rentable. Il suffirait d'attirer son auditoire local par des bulletins de nouvelles complets qui soient basés sur des nouvelles régionales seulement. 

«Selon une étude réalisée par Influence Communications en 2016, l’Abitibi-Témiscamingue est l'une des régions les moins bien desservies en information locale au Québec», affirme le regroupement syndical. 

Cultiver l'appétit local

L'appétit de la population pour la nouvelle locale est toujours bien présent, estime le conseiller syndical du SCFP, Steve Bargone.

«Il s’agit d’y croire et dans le cas de Radio-Canada, de respecter sa mission. Malheureusement, le diffuseur public ne remplit pas sa vocation première», estime-t-il.

M. Bargone ajoute que, depuis des décennies, le Conseil provincial du secteur des communications rappelle constamment, devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), l’importance des nouvelles locales et la diversité des voix. 

«C’est triste que le CRTC n’ait pas pu agir pour éviter ce drame», constate-t-il.