Courriels contre les services en français

Dominique La Haye
Dominique La Haye
Le Droit
Pendant que la Ville d'Ottawa se prépare à adopter cette semaine son budget 2009, des conseillers municipaux reçoivent plusieurs courriels de citoyens proposant d'éliminer les services destinés aux francophones pour épargner de l'argent.
Selon le conseiller du quartier Rideau-Vanier, Georges Bédard, l'histoire se répète à chaque année, au moment des discussions budgétaires, alors que les élus doivent choisir entre mettre la hache dans les programmes et les services ou hausser davantage les impôts fonciers.
« C'est malheureux qu'à toutes les années des gens nous envoient de tels courriels nous disant qu'on pourrait sauver beaucoup d'argent en abolissant la politique de bilinguisme de la Ville, dit-il, car selon eux, elle représente une perte d'argent et qu'ils n'aiment pas que leurs taxes soient dépensées à cette fin. »
« Ce sont des gens ou bien racistes ou bien ignorants des besoins de la communauté francophone », ajoute-t-il.
La conseillère Diane Deans constate aussi une recrudescence de ce type de courriels suggérant que la Ville réduise les services en français au cours des derniers jours.
« Je pense que l'approche de la Ville en matière de bilinguisme a été la bonne depuis les fusions municipales. Je ne crois pas que ça causera problème durant l'adoption finale du budget », croit-elle.
Services en français
Les coprésidents du comité consultatif sur les services en français d'Ottawa, Louis-Gabriel Bordeleau et Steve Clay, ont pris la parole, hier, devant le conseil pour rappeler aux élus de ne pas sabrer dans les services en français dans le budget 2009.
« Dans bien des secteurs, nous n'avons pas encore atteint l'équité avec les services en anglais, tels que les garderies subventionnées et les loisirs, indique M. Bordeleau. Notre crainte, c'est que des coupures ne creusent davantage l'écart entre les services offerts dans les deux groupes. »
« L'équité des services, ce n'est pas une question de budget, mais un principe de base, ajoute M. Clay. Les francophones font partie de cette ville et payent aussi des taxes. On se dit bilingue comme municipalité, on en parle souvent, mais les gestes valent mieux que des mots. »
Une cinquantaine de groupes ont aussi pris la parole devant le conseil, hier, la majorité provenant du milieu culturel d'Ottawa.
Les discussions se poursuivent jusqu'à jeudi et le conseil municipal devrait boucler son budget vendredi.