Coups de coeur et souvenirs au Bal de neige

Le Droit
Quelques journalistes du Droit vous parlent de leur coup de coeur au Bal de neige.
On ne peut rester de glace
À peine installé dans la région, en 2006, j'ai aperçu la rivière des Outaouais sous son plus beau jour, lors d'une longue marche entre les centres-villes de Gatineau et d'Ottawa. C'était pendant la première fin de semaine de Bal de neige. Le pont Alexandra et ses marcheurs, comme moi, café ou chocolat chaud à la main, sommes restés de longues minutes à regarder les glaces épaisses s'entrechoquer sur la rivière, en cette journée plutôt froide. Un soleil de midi rendant la glace aveuglante, éclairant le parc Jacques-Cartier, « noir de monde ». Assez de glace pour donner envie d'un deuxième chocolat chaud, devant d'autres merveilles de glace, celles-là sculptées par l'homme, au marché By. Ces images me servent encore aujourd'hui à vendre la région aux amis qui hésitent à visiter la région de la capitale fédérale en plein hiver.
Louis-Denis Ebacher, LeDroit
La stratégie du grand air
Enfant, le Bal de neige rimait avec des journées entières au grand air en famille au Domaine des flocons. Ma soeur et moi passions nos journées dans les glissades et à se lancer des balles de mousse dans le défunt « château de la Guerre des tuques ». Nous retournions à la maison complètement exténués. On se couchait tôt et surtout sans dire un mot. Mes parents avaient bien compris le principe. Leurs enfants passaient une journée extraordinaire et en retour, eux, ils savaient très bien qu'ils auraient la sainte paix le soir venu. Aujourd'hui c'est à mon tour de mettre en pratique cette stratégie. J'ai un petit sourire en coin en regardant ma fille courir partout dans les structures de neige. Je connais les bienfaits d'une journée au grand air. Pendant qu'elle s'amuse et accumule des souvenirs impérissables, moi, fin stratège, je prépare mon plan pour une petite soirée tranquille en amoureux... devant un match du Canadien.
Mathieu Bélanger, LeDroit
La queue de castor
Quand j'étais enfant, c'était le petit luxe après avoir dépensé de l'énergie dans les glissades de neige géantes. Je savais bien qu'il était possible d'en acheter ailleurs, à d'autres moments de l'année. Mais la queue de castor du Bal de neige a son petit goût particulier. Au grand froid, le mélange cannelle-sucre-citron était particulièrement bon. Depuis quelques années, je redécouvre le Domaine des flocons avec ma petite fille. L'an dernier, elle a goûté à une queue de castor du Bal de neige. Manteau, foulard et mitaines y ont aussi goûté un peu... Si la tradition se poursuit, je prédis que ma petite cocotte finira, elle aussi, par trouver que le goût de la queue de castor du Bal de neige, il n'y a qu'au Bal de neige qu'on peut le trouver !
Justine Mercier, LeDroit
Les pieds gelés devant le filet
J'avais 11 ans. J'étais gardien de but des Voyageurs d'Ottawa-Est pee-wee AA. J'étais choyé d'avoir une patinoire dans la cour arrière de notre résidence du cercle Michel à Vanier. Quand la température était clémente, on y jouait tout le temps. À l'hiver 1983, notre entraîneur avait eu la bonne idée de nous inscrire à un tournoi qui allait se dérouler sur le canal Rideau pendant le Bal de neige. C'était excitant. Sur place, il devait bien y avoir six ou sept patinoires qui s'alignaient les unes à côté des autres. Le problème, c'est que lorsque notre équipe a disputé son premier match, la température était frigorifique. Faisait tellement froid que je devais aller me réchauffer les pieds et les mains aux cinq minutes dans la cabine qui nous servait de vestiaire. Une chance que nous avions deux gardiens pour faire l'alternance. Dans ces froids intenses, la rondelle devient dure comme une roche. Elle est tellement rigide que tu espères qu'elle ne te touche pas ! Je n'ai pas effectué beaucoup d'arrêts, dans ce match-là. Je n'avais jamais été aussi content d'être éliminé d'un tournoi aussi rapidement ! Quand même. Avec le recul, je me dis que je répéterais l'expérience !
Jean-François Plante, LeDroit
Les 7,8 km au complet
La plus grande patinoire au monde. Déjà, le titre impressionne. Enfant, c'est comme un rêve, une image tout droit sortie d'un conte de Disney. Des heures à patiner sans regarder derrière, à se faufiler entre les ombres de la foule, puis s'arrêter, respirer, se donner le courage de continuer à l'aide d'une bonne dose de sucre avec à une queue de castor cannelle et cassonade, puis continuer, jusqu'au bout. Mes parents en étaient avisés : pas question de rebrousser chemin avant d'avoir accompli le pèlerinage en entier. Il y a quelque chose de magique à se retrouver comme des milliers de gens, se laissant glisser sur 7,8 km dans le paysage urbain qui change au fil des kilomètres. Et puis, le retour sur la banquette arrière vers Gatineau avec mes deux frères, l'un s'endormant sur l'épaule de l'autre et ainsi de suite, songeant déjà à la prochaine fois.
Guillaume St-Pierre, LeDroit
Des mastodontes bondés
Le Domaine des flocons, avec ses immenses glissades, ses balades en traîneau tiré par des chiens, ses petites cabanes à frites, les queues de castor et le chocolat chaud. Voilà ce qui illuminait les yeux de mes enfants lorsque je leur annonçais que nous allions y passer la journée. Mais, il y avait aussi ces petits « à-côtés » qui excitaient mes deux rejetons. Ils savaient qu'ils allaient prendre l'autobus pour s'y rendre. Parce que les navettes de la STO font aussi partie de la fête et pour eux, monter dans ces mastodontes remplis de gens en habits de neige était une expérience étrange et très amusante. À tel point qu'un certain dimanche après-midi, mon fils et moi avons fait le trajet entre le Domaine des flocons et l'aréna Guertin trois fois dans la même demi-journée ! Voilà le genre de magie qui opère dans ce vaste terrain de jeux d'hiver.
Mario Boulianne, LeDroit
D'une génération à l'autre
Je suis trop vieux pour avoir vécu le Bal de neige étant petit, mais je l'ai vu à travers les yeux de mes enfants et, maintenant, de mon petit-fils. Pour mes enfants, le Bal de neige, c'est d'abord et avant tout le Domaine des flocons au parc Jacques-Cartier et les queues de castor. Ils ont patiné à quelques reprises sur le canal Rideau, mais c'est au Domaine des flocons qu'ils ont vécu les plus belles heures. Je les vois encore courir un peu partout dans le parc à la recherche des Glamottes et de toutes les mascottes qui s'y promènent. Bien sûr, leur plus grand plaisir était de glisser dans les énormes structures qui ont fait la réputation du Domaine des flocons et de manger les fameuses queues de castor. Aujourd'hui, mon petit-fils de 6 ans passe par les mêmes émotions que sa maman, son oncle et sa tante. Il aime tout : les glissades, les mascottes, les queues de castor et l'atmosphère de fête qui règne dans le parc Jacques-Cartier. L'enfance est un bien court moment de notre existence, mais les beaux souvenirs sont gravés à jamais dans nos mémoires.
Charles Thériault, LeDroit