Fondatrice de l’Atlas linguistique des langues algonquiennes et de son dictionnaire en ligne, Marie-Odile Junker avait reçu au printemps dernier le Prix du gouverneur général pour l’innovation.

Coups de coeur du jury: Marie-Odile Junker

Marie-Odile Junker fut l’une des personnalités de la semaine du mois de mai 2017. Spécialiste de la linguistique, ce coup de coeur du jury de la Personnalité de l’année est toujours bien occupée en ce début de 2018.

Fondatrice de l’Atlas linguistique des langues algonquiennes et de son dictionnaire en ligne, Mme Junker avait reçu au printemps dernier le Prix du gouverneur général pour l’innovation. Selon elle, si ces langues ne peuvent pas exister dans la technologie du XXIe siècle, elles sont vouées à l’échec.

« Je suis très, très, très occupée. Plus que jamais », a laissé tomber Mme Junker en entrevue au Droit la semaine dernière.

« Je suis en train de travailler sur un dictionnaire pour la langue attikamek. On continue à documenter des dialectes ojibwés pour la classe linguistique », a notamment indiqué la professeure à l’université Carleton, tout en précisant qu’elle a beaucoup d’étudiants à la maîtrise et au doctorat qu’elle doit superviser en plus et des cours qu’elle doit donner, entre autres.

« Je n’ai pas changé le cours du navire. Ça continue », a souligné Marie-Odile Junker.

Mme Junker se rendra sous peu à Sept-Îles avec son équipe pour lancer un forum de terminologie pour les Innus, et pour donner une formation pour les interprètes et les traducteurs dans les communautés innues.

Mme Junker a accueilli avec plaisir sa sélection comme coup de coeur du jury.

« Ça fait plus de 20 ans que je travaille dans ce domaine, et ce n’est pas tellement reconnu d’habitude. Ça me fait plaisir que le grand public commence à reconnaître la valeur des langues autochtones et la contribution que ces gens peuvent faire. Ils ont quelque chose au point de vue de la langue et de la culture qui est riche et qui peut contribuer à la culture canadienne », a-t-elle réagi. 

Mme Junker travaille depuis 20 ans à la « participaction », un modèle de recherche qui favorise la collaboration. 

« C’est vraiment un peu de l’activisme de la langue que je fais », a partagé Mme Junker, tout en prenant soin de préciser que la grande équipe avec qui elle travaille mérite l’honneur, notamment les femmes autochtones qui oeuvrent dans leur communauté pour maintenir leur langue, « souvent dans des conditions précaires ».