La ministre Anglade estime que Québec envoie un signal à l’international avec son plan de cinq ans pour l’économie verte.

Coup de pouce vert de Québec

Le gouvernement du Québec a dévoilé, lundi midi, un plan d’action de 147,5 millions $ sur cinq ans pour favoriser la croissance d’une économie plus verte et plus propre.

Ce plan qui s’étendra jusqu’en 2023 doit permettre à plus d’entreprises québécoises, grandes comme petites, de développer et d’implanter de nouvelles technologies propres et des plans d’affaires écoresponsables. De passage à Gatineau pour faire cette annonce dans les bureaux d’Énergie renouvelable Brookfield, la vice-première ministre et ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, Dominique Anglade, a indiqué que ces interventions du gouvernement devraient entraîner des investissements publics et privés de plus de 370 millions $. La ministre se dit convaincue que cette nouvelle action gouvernementale permettra au Québec de demeurer dans le peloton de tête des juridictions écoresponsables. « En posant ces gestes, on envoie un signal à l’international », ajoute-t-elle.

Avec ce plan, Québec souhaite augmenter de 20 %, « année après année » la proportion d’entreprises québécoises qui mettent en œuvre des pratiques d’affaires écoresponsables et qui adoptent des technologies propres. D’ici deux ans, Québec souhaite par ailleurs dépasser les 3 milliards de dollars de ventes par les entreprises de technologies propres et de biens et services environnementaux. Ce chiffre atteint actuellement 2,5 milliards de dollars.

Trois axes
Le plan québécois se décline en trois axes et misera surtout sur l’accompagnement et le financement des entreprises qui souhaitent faire un virage vert. Québec renforcera aussi son appui à la commercialisation des technologies propres. Un nouveau fonds de capital de risque visant à financer la croissance des entreprises québécoises qui développent des technologies propres.

Un Observatoire de l’économie verte, en collaboration avec l’Institut de la statistique du Québec, sera mis sur pied. « Il s’agira du premier du genre au Canada, a noté la ministre Anglade. Ça nous permettra d’avoir des données, de nous comparer et de demeurer à l’avant-garde. »


«  C’est certain qu’avec ce plan on va devenir un modèle dans le domaine en Amérique du Nord.  »
Denis Leclerc, président d’Écotech

Denis Leclerc, président d’Écotech, une firme qui œuvre à la croissance des grappes de technologies propres au Québec, salue le plan gouvernemental. « Ça touche autant les entreprises qui développent des technologies propres que les entreprises qui souhaitent en implanter pour améliorer leur compétitivité, dit-il. C’est certain qu’avec ce plan on va devenir un modèle dans le domaine en Amérique du Nord. »

Donner l’exemple
Ce dernier appelle toutefois le gouvernement à faire des efforts pour améliorer la cohérence et la cohésion des différents ministères afin d’accélérer la transition vers une économie verte. « De l’innovation, ce n’est pas toujours écrit dans les règlements et les lois, dit-il. Ça prend de la volonté pour lever des obstacles et accélérer l’étude d’innovations pour ensuite les implanter. »

À ce chapitre, Dominique Anglade reconnaît que « tout est perfectible » et que le gouvernement a la responsabilité de « donner l’exemple ». « Des actions ont été faites, mais on peut certainement en faire plus, dit-elle. Tout le monde peut s’améliorer et ça doit passer par une meilleure concertation des ministères, des plans d’action et une meilleure sensibilisation. »