La conseillère Louise Boudrias a été très critique lors de cette deuxième journée d’étude du budget, mentionnant qu’elle se retrouve « devant des présentations incomplètes ».

Couches, compost et culture à l’étude

Même si elles ne représentent que 0,26 % des dépenses de la Ville de Gatineau en 2018, les bonifications de services proposées au budget ont accaparé toute l’attention des élus, mardi après-midi, en cette deuxième journée d’étude à la table du conseil.

Les sujets les plus chauds qui ont animé les conseillers municipaux ont été le possible retour du programme de subvention pour l’achat de couches lavables, une mesure annuelle de 50 000 $, la reprise envisagée de la distribution gratuite de compost, pour 25 000 $ et le financement pour une deuxième année du sentier culturel dans le centre-ville. 

Une dizaine de bonifications de services sont proposées dans le cadre de ce budget de 599,8 millions $. Elles représentent, ensemble, un investissement supplémentaire de 1,6 million $. Le ton n’a pas vraiment monté lors des discussions, même si on a pu sentir à quelques reprises l’agacement et l’irritation de certains élus indépendants face à ce qu’ils considèrent comme des engagements d’Action Gatineau. 

Les vraies discussions politiques sur chacun de ces sujets sont prévues lors de la journée de jeudi, alors que l’administration se placera un peu en retrait afin de laisser toute la place aux politiciens. 

La conseillère indépendante Louise Boudrias a de nouveau été la plus critique en cette deuxième journée d’étude du budget. « On se retrouve aujourd’hui devant des présentations incomplètes, a-t-elle lancé. Ce qui me fatigue beaucoup c’est qu’on me demande de voter sur plein de montants pour des projets pour lesquels je vais devoir taxer les citoyens, alors que je ne suis même pas certaine qu’on arrivera à les réaliser. On passe des heures à discuter de projets pour 1,6 million $, alors que la grande discussion qu’on devrait avoir c’est de savoir si nous sommes d’accord à voter une autre augmentation des taxes de 2,9 %. »

Les critiques de Mme Boudrias n’ont pas semblé émouvoir le président du comité exécutif, Gilles Carpentier. « Je suis de ceux qui pensent que l’information qu’on a devant nous est suffisante pour prendre des décisions, a-t-il indiqué. Ce que nous faisons c’est d’adopter des crédits (budgétaires). La confirmation des programmes viendra plus tard avec des présentations plus détaillées devant le conseil municipal. »

« Le vrai test »

Il semble presque acquis que les élus adopteront une dépense de 100 000 $ pour assurer le déploiement du sentier culturel pour une deuxième année en 2018. Aux yeux de plusieurs, toutefois, il s’agira du « vrai test » pour cet outil culturel devant servir à diriger les touristes dans le cœur du centre-ville. « Le vrai test ce n’était pas cet été, il y a eu 1,4 million de visiteurs à MosaïCanada, a affirmé le président du conseil, Daniel Champagne. C’est l’année prochaine qu’on va pouvoir analyser la véritable efficacité du sentier. Nous investissons un gros montant, mais s’il apporte vraiment des retombées pour nos commerçants dans le centre-ville, il faut continuer. »

De nombreux élus ont admis avoir fait l’objet de critiques lors de leur porte à porte pour avoir voté pour l’abolition du programme de distribution gratuite de compost. Ainsi, plusieurs ont semblé sympathiques à ramener ce programme. Ils ont toutefois souligné l’importance de revoir les détails du projet, tant au niveau du transport de la matière que dans sa distribution. 

Quant aux couches lavables, elles devraient être biffées de la résolution qui sera soumise à un vote indicatif jeudi pour être remplacées par « des mesures écoresponsables ». Ainsi, la commission sur l’environnement aurait à déterminer quelles mesures seraient mises de l’avant grâce à ce nouveau programme annuel de 50 000 $. Les couches lavables pourraient être identifiées comme mesure à financer au même titre que d’autres qui retiendraient l’attention de la commission présidée par la conseillère Maude Marquis-Bissonnette. 

LE MINIMUM AUQUEL S'ÉTAIT ENGAGÉ ACTION GATINEAU POUR LA STO

Le budget 2018 de la Ville de Gatineau prévoit consacrer le minimum, même un peu moins, que ce à quoi s’était engagé à verser Action Gatineau en augmentation de la quote-part à la Société de transport de l’Outaouais (STO) pour l’année à venir. 

Les élus ont eu la présentation du budget de la STO à huis clos, mardi matin. En campagne électorale, le chef d’Action Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, avait identifié les « besoins criants » dans l’ouest de la Ville comme la « principale priorité de l’administration municipale en matière de transport en commun ». Il avait précisé que la hausse annuelle de la quote-part de la Ville serait d’au minimum 3 millions $ au cours du prochain mandat. Le budget de la Ville de Gatineau prévoit toutefois une augmentation de la quote-part de 2,8 millions $ pour 2018. La moitié de cette somme va habituellement au maintien des services actuels. Ce qui reste sert à bonifier les services de transport à la grandeur du réseau. La quote-part totale versée à la STO en 2018 sera de 62,9 millions $.

Myriam Nadeau, présidente de la Société de transport de l’Outaouais

« La STO fera ses annonces sur les bonifications de services, ses ajustements et ses priorités pour 2018 une fois que son budget sera adopté le 30 novembre », a indiqué, mardi, la présidente de la STO, Myriam Nadeau. En campagne électorale, Audrey Bureau, conseillère du district Aylmer, proposait l’instauration de lignes express pour desservir plus efficacement la population de l’ouest. « Il y a eu une présentation à huis clos aujourd’hui et la STO va faire sa part de réflexion pour voir ce qui sera mis en place », a-t-elle affirmé au terme de la deuxième journée d’étude du budget de la Ville de Gatineau.