Des nombreux voyageurs ont annulé leurs vols en raison de la crise du coronavirus, ce qui a des impacts immédiats sur les agences de voyages.
Des nombreux voyageurs ont annulé leurs vols en raison de la crise du coronavirus, ce qui a des impacts immédiats sur les agences de voyages.

Coronavirus: un «désastre» pour les agences de voyages

Pascal Vachon
Collaboration spéciale
La crise du coronavirus est un « désastre » pour les agences de voyages d’Ottawa et de Gatineau, qui doivent accommoder leurs clients affectés par l’annulation de vols en direction de la Chine.

« C’est un désastre pour nous. On essaie juste d’aider les gens en ce moment», explique Tingting Wang, directrice de l’agence ottavienne TTQ Travel, dont les annulations affectent près de 80 % de sa clientèle.

Les appels de voyageurs ne cessent d’affluer, notamment depuis qu’Air Canada a décidé de mettre fin à ses 33 vols hebdomadaires en direction de Shanghai et Beijing, et ce, jusqu’au 29 février.

Même son de cloche chez Midearth Travel, une autre agence d’Ottawa spécialisée dans les voyages en Chine. 

« Tout ce qu’on avait de prévu en février a été annulé. Tout ce qu’on fait en ce moment, c’est des annulations. On essaie de régler cinq à dix dossiers à la fois pour aller plus vite », explique la copropriétaire Wen Jin. 

« Les gens ont tous annulé leurs vols, alors on fait juste des remboursements. On ne touche pas de revenus, il n’y a aucune rentrée d’argent », poursuit Wen Jin.

Pour sa part, TTQ Travel espère que le gouvernement fédéral pourra venir en aide aux entreprises affectées.

« Si le gouvernement ne nous donne pas de soutien financier, ça va être un désastre pour l’industrie des agences de voyages », s’inquiète Mme Wang.

Retour au pays compliqué

Plusieurs voyageurs de la région, qui étaient partis visiter leur famille en décembre ainsi que pour le Nouvel An chinois, devaient être de retour au cours des derniers jours. Wen Jin essaie de les rapatrier en leur proposant des vols entre Shanghai et Ottawa, avec des escales à Tokyo ou Beijing et Toronto, mais certains refusent et restent en Chine.

« J’ai un couple qui avait prévu revenir le 3 février, mais Air Canada a annulé leur vol. Je leur ai proposé de faire Shanghai-Tokyo-Toronto-Ottawa, mais ce sont des personnes âgées, alors ils ne peuvent pas le faire à cause de leur santé.»

Industrie touchée

Même si les destinations soleil restent parmi les plus populaires en cette saison hivernale, les répercussions de la crise du coronavirus se font sentir. 

« Ça a un impact majeur sur l’industrie de la croisière. Les mesures de sécurité ont un impact sur l’embarquement des voyageurs », indique Jany Simon, conseillère chez Voyage Aquarelle, à Gatineau.

« Les gens nous appellent, car ils sont inquiets. Ça s’est calmé dans les derniers jours, mais au début, on recevait cinq à six appels par jour de gens qui nous demandaient si c’était prudent de voyager, même s’ils n’allaient pas en Asie. » 

Tingting Wang dénonce la « panique » du moment concernant le coronavirus et juge que les gouvernements canadiens et chinois ont la situation en main.

« J’ai des amis qui sont en Chine et ils ne sont pas en mode panique. Pour eux, c’est la normale, ils font leurs petites affaires de tous les jours.»

Tourisme Ottawa explique ne pas avoir vu d’impact immédiat sur l’industrie touristique locale, étant donné que les mois de janvier à mars ne sont pas une période prisée par les visiteurs chinois.