Face au criant manque de bénévoles auquel sont confrontés certains de ses organismes membres en raison des mesures d’isolement et craignant de voir son stock s’écouler très rapidement si les étalages des épiceries se vident, Moisson Outaouais se dit « en mode alerte ».

Coronavirus: Moisson Outaouais en mode alerte

Face au criant manque de bénévoles auquel sont confrontés certains de ses organismes membres en raison des mesures d’isolement et craignant de voir son stock s’écouler très rapidement si les étalages des épiceries se vident, Moisson Outaouais se dit « en mode alerte ».

« Le plus grand des besoins, c’est l’aide bénévole. Il y a déjà deux des banques alimentaires que l’on aide (dont le Dépannage St-René-Goupil) qui ont fermées car les bénévoles sont souvent des personnes âgées de 70 ans et plus, des gens à qui on a demandé un confinement. On lance donc un appel à la population. D’autres organismes pourraient se retrouver dans la même situation, un troisième est sur le point de fermer si on ne trouve pas des bénévoles », affirme le directeur général, Armand Kayolo.

Ce dernier s’attend à ce que les semaines à venir soient plus difficiles.

« On s’attend à ce que les besoins augmentent. Le premier ministre (Legault) dit qu’il n’y aura pas de pénurie alimentaire. On le croit, sauf qu’en attendant, on doit continuer à donner à manger à la population dans le besoin. Ils doivent savoir vers qui se tourner. Je comprends que tout le monde est préoccupé par beaucoup de choses, mais notre secteur devrait être une priorité pour les gouvernements. On doit être en mesure de soutenir nos 41 organismes », ajoute-t-il.

Il faut comprendre que plus de 40 % des provisions de Moisson Outaouais proviennent du Programme de récupération en supermarchés. Les produits invendus des commerces participants sont donnés aux banques alimentaires, qui les redistribuent ensuite.

« Pour l’instant, notre stock est encore là, mais nous savons bien que dans peu de temps, ça va changer complètement. On prévoit que si quelque chose survient, si les épiceries se retrouvent à sec, on va devoir se tourner vers une autre source d’approvisionnement pour des denrées supplémentaires, soit les grands producteurs. Il va falloir acheter en groupe, en collaboration avec les Banques alimentaires du Québec. Alors il nous faut de l’argent pour cela, les gens doivent continuer à nous appuyer, par exemple avec des dons en argent en ligne.

Selon Moisson Outaouais, environ 12 000 personnes par mois ont eu recours en 2019 à des services d’aide alimentaire dans la région, une hausse de 11 % par rapport à 2018. Un ménage sur quatre à faible revenu est touché par l’insécurité alimentaire. Les enfants forment plus du tiers (37 %) des personnes qui bénéficient des paniers à provisions.

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CENTRAIDE APPEL À LA SOLIDARITÉ

Centraide de l’Est de l’Ontario appelle à la solidarité et aux dons afin de soutenir les personnes vulnérables qui doivent s’isoler en temps de pandémie. 

L’organisme prévoit que les personnes âgées et les gens dans le besoin devront aussi avoir accès à de la nourriture et des produits sanitaires. 

Centraide Est de l’Ontario demande à ceux qui peuvent se le permettre de faire un don, de se porter volontaire pour venir en aide à leurs voisins, ou de réduire l’isolement en contactant ses proches par téléphone. 

«Nous savons que bon nombre de gens dans notre région ne peuvent pas se préparer adéquatement à la pandémie, a expliqué la docteure Vera Etches, médecin-chef en santé publique de Santé publique Ottawa. Ils n’auront pas le soutien nécessaire s’ils doivent s’isoler ou s’ils contractent la COVID-19. C’est pourquoi nous avons demandé à Centraide d’être un solide partenaire pendant cette période.» 

Par ailleurs, la Manne de l’île, en Outaouais, indique que la situation est grave. «Je dois avouer que la demande de denrées est folle», a mentionné le président de l’organisme, Carl Martin. 

Le Centre de distribution alimentaire situé dans le secteur Hull a vu ses revenus diminuer considérablement depuis le début de la crise. 

«Je remercie à l’avance les donateurs qui nous feront parvenir de l’argent, qui servira à acheter une partie de la nourriture que nous redistribuons à nos bénéficiaires, dont des produits laitiers et de la viande.»