Le ralentissement économique en Chine entraîne des impacts chez les producteurs de porcs d’ici qui doivent composer avec un prix à la baisse.

Coronavirus: incertitude chez les éleveurs de porcs

Le ralentissement économique engendré par le coronavirus en Chine avec la fermeture de ses frontières a un impact pour les éleveurs de porcs du Québec qui doivent composer avec un prix à la baisse depuis deux semaines.

« Le fait que la Chine soit paralysée, ça crée un ralentissement, ça crée une incertitude dans les marchés et le prix a baissé. Les impacts, ils sont là pour toute l’économie », affirme Julien Santerre, un producteur porcin de Notre-Dame-de-Stanbridge et administrateur au sein des Éleveurs de porcs du Québec.

Le pays ne peut plus assurer la réception et la manutention des conteneurs, ce qui provoque le ralentissement.

Concrètement, les producteurs d’ici recevaient en moyenne 190 $ pour 100 kilos de viande il y a deux semaines. Le prix a chuté à 160 $. « Je reste confiant, les perspectives demeurent bonnes, fait valoir M. Santerre. Je reste optimiste, malgré ce coup-là. »

La peste porcine, qui a décimé 25 % des troupeaux en Chine, était favorable aux éleveurs de porcs du Québec qui recevaient un meilleur prix à une période de l’année où il est habituellement plus faible. « On avait un bon début d’année, explique l’éleveur. Avec la diminution, on revient au prix qu’on avait à pareille date l’année passée. Le prix, c’est comme une montagne. On commence bas, le prix remonte pendant l’été et rebaisse ensuite. C’est la courbe régulière. »

Les éleveurs d’ici exportent 70 % de leur production. La Chine représente le premier marché d’exportation pour les Éleveurs de porcs du Québec avec 26 % des volumes de viande porcine exportée.

« C’est un bon marché. La Chine nous offre une belle opportunité. Elle a un grand besoin en viande de porc et de toutes autres viandes », indique Julien Santerre.

Même si la chute du prix n’était pas souhaitable et crée une certaine incertitude, le producteur ne vit pas de grandes inquiétudes.

« On n’est pas dans un creux historique, dit-il. Je ne suis pas inquiet outre mesure parce qu’ils ont besoin de viande. On suit ça de près pour savoir qu’est-ce qui va arriver, comment la Chine va replacer tout ça. »

Rappelons qu’il y a 2800 éleveurs de porcs au Québec et 31 100 emplois générés par la filière porcine québécoise.