L'édifice, qui donnera l'illusion qu'une masse de glace turquoise a accosté sur les rives de la rivière des Outaouais, ne fondera pas puisqu'il s'agira d'un trompe-l'oeil.

Contraste polaire en milieu urbain

Les berges gatinoises de la rivière des Outaouais pourraient prendre des airs arctiques avec l'érection d'un centre national de découverte polaire sous forme d'un iceberg, derrière le Musée canadien de l'histoire.
L'ambitieux projet du groupe Piqaluujaq - l'Iceberg canadien aurait les allures d'un iceberg urbain vu de l'extérieur et ferait tourner bien des têtes s'il se réalise.
L'édifice, qui donnera l'illusion qu'une masse de glace turquoise a accosté sur les rives de la rivière des Outaouais, ne fondera pas puisqu'il s'agira d'un trompe-l'oeil. Le groupe derrière le projet assure que l'illusion sera spectaculaire et donnera l'impression aux visiteurs d'être à l'intérieur d'un immense bloc de glace.
« On veut construire un véritable iceberg sur les berges ou même directement sur la rivière avec le parlement bien en vue. Le maire de Gatineau veut revitaliser les berges, c'est une excellente occasion », lance Jacques Sirois, porte-parole du groupe.
Ce dernier a déjà discuté avec le maire Maxime Pedneaud-Jobin au cours des dernières semaines. Le maire lui a proposé de présenter son projet au comité responsable du 150e anniversaire de la Confédération canadienne.
Au cabinet du maire, on indique que M. Pedneaud-Jobin trouve « bon de présenter le projet pour qu'il soit entre les mains du comité ».
Les membres de Piqaluujaq - l'Iceberg canadien oeuvrent afin qu'un plan concret soit sur les planches d'ici 2017. Ils privilégient le site près du Musée canadien de l'histoire en raison de la proximité avec l'eau et pour bénéficier du flot de touristes présents dans le secteur. Les terrains adjacents de la forestière Kruger sont aussi un site possible, selon eux.
Le concept de l'iceberg urbain a aussi été présenté au premier dirigeant de la Commission de la capitale nationale (CCN), Mark Kristmanson, récemment. Sans s'avancer outre mesure vis-à-vis du projet de musée polaire, la CCN soutient qu'elle valorise le Nord et encourage sa représentation dans la capitale.
« La CCN a un rôle de révision et d'approbation de l'utilisation des terrains et aussi du design des édifices. Nous, à la CCN, examinerons tout projet sérieux qui nous sera présenté, avec la collaboration de Patrimoine canadien qui a la charge des institutions culturelles nationales », soutient Jean Wolff, porte-parole de la CCN.
Le musée de l'Arctique se donne pour mission de mettre en valeur l'importance du Grand Nord à l'aide de l'architecture, des beaux-arts et de la photographie. Le groupe compte laisser une grande place aux nations inuites afin de raconter l'histoire.
« Ça fait 30 ans que je travaille dans l'Arctique et ça me surprend toujours qu'il n'y ait pas de musée national sur le sujet. On est un pays polaire, une nation polaire », clame M. Sirois, un biologiste, naturaliste et éducateur se décrivant comme un « grand passionné du Grand Nord ». L'histoire polaire l'anime, il a passé une quinzaine d'années à bord de navires d'expédition dans l'Arctique et l'Antarctique comme guide et conférencier.
Les membres de Piqaluujaq - l'Iceberg canadien travaillent depuis longtemps sur le projet. Le concept a fait surface il y a 10 ans lors d'un voyage en Antarctique à bord d'un navire russe. Une présentation de diapositives géantes projetées sur un iceberg a engendré des discussions. Les Canadiens à bord ont réalisé, entre autres, l'importance de raconter l'histoire polaire canadienne.
Jacques Sirois est persuadé que l'occasion est idéale pour construire cette formation glaciaire en milieu urbain d'autant plus que le Canada assure la présidence du Conseil de l'Arctique jusqu'en 2015. « Le Canada a une place de choix pour promouvoir le Grand Nord. [...] L'histoire de l'Arctique doit être racontée dans le coeur de notre capitale. »
Le contraste entre la chaleur de l'été et le froid glacial ajoutera une dimension à l'histoire polaire et mettra en relief le phénomène de la fonte des glaces et des changements climatiques.
Le paysage glacial du Grand Nord ne laissera personne de glace, assurent les membres de Piqaluujaq - l'Iceberg canadien.