Mercredi, au Québec, c’est par millier que les amateurs de golf se sont élancés sur les tertres de départ pour une première ronde de la saison.
Mercredi, au Québec, c’est par millier que les amateurs de golf se sont élancés sur les tertres de départ pour une première ronde de la saison.

Consignes sanitaires sur les terrains de golf: « tout est très clair » [PHOTOS + VIDÉO]

Depuis quelques jours, on peut entendre à nouveau le fameux cri du golfeur : fore !

Mercredi, au Québec, c’est par millier que les amateurs de golf se sont élancés sur les tertres de départ pour une première ronde de la saison.

En Outaouais, Serge Lafortune, un comptable gatinois, et Lawrence Cannon, ancien ambassadeur canadien à Paris et ex-ministre conservateur, ont pu enfin sortir leurs bâtons.

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Au terme de leur partie disputée au club de golf Kingsway où ils sont membres, Le Droit les a questionnés sur la qualité du parcours et surtout, sur les mesures sanitaires mises en place sur le terrain.

« Pour être franc, je n’ai pas été dérangé par ces mesures, de confier M. Lafortune. Elles sont précises et bien expliquées dès notre arrivée au club de golf. Il n’y a pas d’ambiguïté. Tout est très clair. Il suffit de suivre les consignes et tout se déroule sans problème. »

Même son de cloche pour son partenaire de jeu qui voit aussi dans l’ouverture des clubs de golf une belle occasion de sortir de la maison, de retrouver des amis et de profiter d’une activité de plein air.

« On ne pouvait pas avoir un meilleur scénario pour l’ouverture avec une météo parfaite pour le golf et des conditions de jeu idéales, de lancer M. Cannon. Pour ce qui est des consignes, ça se gère très bien et les directions des clubs de golf ont tout fait pour assurer la sécurité sanitaire des golfeurs et des golfeuses. »

Serge Lafortune (en blanc) Lawrence Cannon (en noir) ouverture des terrains de golf Kingsway.

Dès l’arrivée au club de golf, les golfeurs sont accueillis et mis au fait des consignes.

« Premièrement, on doit arriver au club 30 minutes avant l’heure du départ, pas avant, ajoute M. Lafortune. Ensuite, on doit enfiler nos chaussures et préparer nos équipements dans le stationnement. Après, on peut se rendre à la boutique, un à la fois, pour payer et récupérer la carte de pointage. Il nous reste qu’à attendre notre temps de départ. Aussi simple que cela. »

Mis à part l’arrivée, il semble ne pas avoir eu d’écueil sur le terrain.

« Il n’y a pas de râteau dans les fosses de sable ni de lave-balle sur le parcours, explique M. Lafortune. La seule critique que j’ai entendue aujourd’hui concernait les toilettes de femmes puisqu’elles sont disponibles seulement au chalet. Pour les gars, et bien, vous savez que la nature nous offre une autre option à ce niveau (rire). »

Les joueurs et les joueuses sont, de par la nature même de ce sport, séparés par une bonne distance et les contacts physiques sont peu nombreux.

« La distanciation sociale est très facile à respecter au golf, de constater l’ancien politicien. De plus, dans notre cas c’est encore plus simple parce que moi je suis dans le bois et Serge est au centre de l’allée (rire). »

Les golfeurs de la région ont pu pratiquer leur sport favori tout en respectant les consignes sanitaires.

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DES GADGETS INGÉNIEUX FAITS CHEZ NOUS

Les mesures sanitaires imposées aux terrains de golf ont forcé leurs dirigeants à adapter leurs équipements.

C’est le cas pour les voiturettes et les fanions, qui devenaient des points de contact problématiques pour les golfeurs.

Pour y remédier, les directeurs de terrains de golf devaient à tout prix trouver des solutions ingénieuses et peu coûteuses. Pour ce qui est des fanions, des dispositifs sans contact permettent aux golfeurs de retirer la balle de la coupe sans pour autant toucher au fanion.

L’entreprise Brash Product Development Inc, d’Ottawa, a mis au point un système de récupération des balles installé à même le fanion. Rohan Thakar, le designer principal de l’entreprise, explique la simplicité du mécanisme.

« Il s’agit d’un double crochet qui est fixé à une tige au bout de laquelle se trouve une petite rampe inclinée vers le bas. La tige s’installe sur la base du fanion et lorsque la balle entre dans la coupe, le golfeur n’a qu’à utiliser son putter pour lever la tige en utilisant le crochet, explique-t-il. La balle est ainsi soulevée et retombe sur le vert. »

Ce dispositif est entièrement adaptable à tous les modèles de fanions et vient en quatre couleurs différentes. Le produit qui est en cours de brevet est entièrement développé et fabriqué à Ottawa.

Pour les voiturettes, il s’agissait de trouver une façon de séparer les deux occupants si ceux-ci n’étaient pas de la même famille.

Pour ce faire, plusieurs ingénieurs ont développé des séparateurs selon différents modèles et différents prix. À Gatineau, Guy Roussin, de l’entreprise Beauroux, a mis au point l’installation d’un séparateur en vinyle souple. Le défi était d’adapter ce matériau aux voiturettes. Il s’agissait donc de fabriquer, sur mesure, le séparateur pouvant également s’adapter à tous les types de voiturettes. 

« Nous avons entièrement dessiné le prototype en fonction des critères de distanciation, explique M. Roussin, un militaire à la retraite. Donc, le rideau sépare les deux passagers à partir de l’avant de la voiturette jusqu’à l’arrière, séparant même les sacs de golf et le panier pour la boîte à lunch. Il fallait aussi que le matériau utilisé soit souple et n’implique pas de blessure aux occupants en cas d’accident. C’était un des premiers critères que nous avons dû respecter. »

M. Roussin ajoute que tous les matériaux utilisés dans la fabrication de son rideau séparateur sont achetés dans la région et il est également entièrement fabriqué dans son atelier de Gatineau. Pour l’instant, M. Roussin fournit les clubs de golf Le Sorcier, Rivermead et Gatineau. Il est également en discussion avec des clubs de la région de Québec et il s’apprête à livrer en Ontario.

Mentionnons que ces produits sont fabriqués à moindres coûts. « Les terrains de golf ne roulent pas sur l’or en ce moment et il est important qu’ils puissent opérer sans se ruiner à cause des nouvelles mesures sanitaires », a expliqué
M. Roussin.