Le maire Steve Harris
Le maire Steve Harris

Congédié, l'ex-d.g. de Cantley pourrait se tourner vers la cour

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Congédié de son poste de directeur général de Cantley au terme d'un vote serré de quatre contre trois, Richard Parent n'écarte pas la possibilité de contester cette décision du conseil municipal.
Les conseillers François Hallé, Alexandre Marion, Marc Saumier et Marc Ducharme se sont prononcés en faveur du congédiement de M. Parent, lors d'une assemblée spéciale tenue mercredi soir, tandis que le maire Stephen Harris et les conseillers Michel Pélissier et Michael Lebrun ont voté contre la résolution.
Quelques dizaines de citoyens ont pris part à l'assemblée. « Il y a toutes sortes de choses qui ont été dites, a indiqué M. Marion. Vu la sensibilité du dossier, tout le monde a fait des efforts pour garder ça le plus civil possible, même s'il y a eu des petits écarts de langage. »
Les élus qui souhaitaient le départ du d.g. déploraient entre autres que certaines décisions du conseil n'aient pas été suivies par Richard Parent, faisant ainsi apparaître une brèche dans le lien de confiance entre les deux parties. « M. Parent a été jadis un excellent directeur des finances, a souligné Alexandre Marion. C'est au niveau de la direction générale que ça s'est gâté. »
M. Parent a confié, hier, être « secoué » par cette décision qui le force à quitter un emploi qu'il jugeait rempli de « beaux défis ». « J'ai encore de la misère à comprendre les raisons de la décision, je ne comprends pas trop ce qui a motivé les conseillers à mettre fin à mon contrat. Je considère que je n'ai rien à me reprocher. C'est sûr que tout le monde en fait des petites erreurs, mais jamais pour justifier un congédiement dans mon cas. »
Les d.g. se succèdent à Cantley. Entré en poste en janvier dernier, M. Parent était le cinquième à occuper cette fonction depuis 2005. Son contrat prévoit qu'il reçoive une indemnité de départ équivalente à un mois de salaire pour chaque année passée à l'emploi de la municipalité, soit depuis 2006.
L'ex-d.g. envisage cependant la possibilité de contester cette mise à pied. « Il faut qu'ils aient des raisons valables de me congédier, estime M. Parent. C'est sûr que je regarde les recours possibles. »
Au lendemain de cette décision serrée, le maire Harris ne cachait pas sa déception. « Quatre conseillers ont voté en faveur du congédiement et il faut tourner la page, a-t-il réagi hier. Ce qui est fait est fait, et maintenant il faut travailler pour réparer la situation et vraiment essayer de trouver quelqu'un d'autre. [...] Je suis déçu, mais je dois me rendre à l'évidence. C'est bien beau d'être déçu, mais quand on perd un vote, on doit se rallier à la décision. »
Le maire admet que les changements successifs à la direction générale ont « tendance à déstabiliser l'équipe ». « Ça va créer des problèmes pour chercher un autre directeur général, parce qu'ici, c'est un siège éjectable quasiment », a ajouté M. Harris. Ce dernier avait admis au Droit, mardi, que M. Parent ne possédait pas toutes les qualifications requises pour devenir d.g., mais que ses compétences avaient été évaluées par des experts et qu'il pouvait compter sur de l'aide de spécialistes.
La direction générale a été confiée par intérim à Émilie Breton, qui occupait le poste de directrice du service de l'urbanisme et de l'environnement.