La MRC de Pontiac s'oppose au démantèlement des rails par le Canadien National.
La MRC de Pontiac s'oppose au démantèlement des rails par le Canadien National.

Conflit avec le CN: la MRC de Pontiac demande à Marois d'intervenir

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
La Municipalité régionale de comté (MRC) de Pontiac demande «l'intervention d'urgence» de la première ministre du Québec, Pauline Marois, afin d'empêcher le démantèlement de la voie ferrée du Canadien National (CN).
Plus aucune discussion cordiale n'a lieu avec le CN, a fait savoir jeudi matin le directeur général de la MRC de Pontiac, Rémi Bertrand. Selon ce dernier, des échanges sont en cours, mais ce sont les avocats des deux parties qui discutent de la situation. Le litige concerne la voie ferrée reliant le site industriel de Portage-du-Fort à la rive ontarienne.
M. Bertrand a indiqué que le préfet de la MRC, Michael McCrank, a fait parvenir un courriel au bureau de la première ministre Marois jeudi matin. Le même courriel a été envoyé au ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, et au ministre responsable de l'Outaouais, Stéphane Bergeron.
«On demande l'invention d'urgence de la première ministre pour faire respecter la réglementation que le ministère nous a permis de mettre en place, pour soutenir notre économie», a indiqué M. Bertrand.
«La présence de cette voie ferrée est le dernier espoir que nous ayons d'attirer les entreprises», écrit le préfet McCrack dans la lettre, où il précise que la MRC "ne peut mener seule ce combat". «L'intervention de votre gouvernement est essentielle non seulement pour la sauvegarde de cette infrastructure, mais aussi pour la gestion de la crise économique du Pontiac, qui ne cesse de s'aggraver», poursuit la lettre.
Un remorqueur fait demi-tour
La MRC a fait savoir qu'un remorqueur avait été mandaté par le CN pour déplacer un véhicule placé sur les rails en guise de protestation. «Le CN a sa propre police, qui a communiqué avec la Sûreté du Québec (SQ) pour avoir de l'assistance. Mais la SQ a vérifié avec son département légal [...] et a décidé de ne pas intervenir, donc la police du CN a appelé un remorqueur local. Le remorqueur a répondu à l'appel, mais quand il est arrivé là, il a dit qu'il ne participerait pas au démantèlement des rails et a décidé de ne pas remorquer le véhicule.»
Plutôt que se plier aux demandes du CN, la MRC a répliqué en ajoutant un deuxième véhicule sur la voie ferrée.
Au début de l'année, la MRC avait adopté une résolution empêchant le démantèlement des rails, et ce, avec l'aval du ministère des Affaires municipales. La MRC souhaite préserver la voie ferrée, jugée essentielle pour la survie économique du territoire.
Le directeur des communications du CN, Louis-Antoine Paquin, précise que les travaux sont stoppés pour l'instant, mais que l'entreprise n'a pas l'intention d'en rester là.
«La situation est inchangée de notre côté. On croit qu'on est dans nos droits de procéder au démantèlement, alors on étudie toutes nos options légales même si on respecte la position de la MRC», a-t-il indiqué en soirée jeudi, refusant de commenter le fait que même la SQ refuse pour l'instant d'intervenir sur les lieux.