Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Le président par intérim de la Chambre de commerce de Gatineau, Stéphane Bisson
Le président par intérim de la Chambre de commerce de Gatineau, Stéphane Bisson

Confinement: «un désastre total pour l'économie locale», dit le président de la CCG

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
Article réservé aux abonnés
Si certaines entreprises tiraient déjà le diable par la queue depuis le printemps dernier, le nouveau confinement qui sera vraisemblablement imposé par Québec pour quelques semaines afin de casser la deuxième vague de COVID-19 risque bien de s'avérer le coup de massue pour quelques-unes d'entre elles, craint la Chambre de commerce de Gatineau (CCG).

«Il y a des pans de l'économie qui risquent de disparaître. C'est un désastre pour l'économie locale», lance le président par intérim de l'organisation, Stéphane Bisson, précisant du même coup qu'on ne peut être insensible à la situation dans les hôpitaux et à la hausse marquée du nombre de cas. 

Ce dernier souligne que la situation est déjà très difficile entre autres pour les entreprises spécialisées dans le domaine de la restauration, des soins corporels et de la coiffure, sans compter les hôteliers et tout ce qui entoure l'industrie touristique. 

À LIRE AUSSI : Pas de surprise, mais des questions pour les restaurants

«Je peux comprendre que le gouvernement doit improviser, essaie d'aider le plus possible et peut faire des erreurs, mais c'est dommage quand un entrepreneur t'appelle pour dire que c'est fini, qu'il n'est plus capable de payer son loyer ni ses employés. Ça fait déjà presque 10 mois qu'on est là-dedans. C'est hyper triste. [...] Pour les restaurants, une étude de l'association Restaurants Canada a déjà indiqué que 10 000 restos avaient fermé au pays et que la moitié de ceux en opération ne savaient pas s'ils seraient en mesure de passer à travers un deuxième confinement. Si on réussit à en sauver 50%, ce sera déjà magique», commente-t-il. 

Au sujet d'un possible couvre-feu exigé par le gouvernement, M. Bisson réplique qu'il faudra bien réfléchir à toutes les conséquences d'une telle décision. 

«Qu'est-ce que je fais si j'ai une fringale à 22h et qu'un couvre-feu débute à 21h? Qu'est-ce qui va se passer avec le service de livraison des restaurants? Pourra-t-il être en fonction?», s'interroge-t-il.

Le président intérimaire de la CCG rappelle que la pandémie a non seulement des impacts directs, mais également indirects.

«J'ai parlé à des propriétaires immobiliers, qui eux doivent assumer des pertes nettes engendrées par les réductions de loyers offertes aux locataires avec les subventions gouvernementales. D'un autre côté, la Ville augmente les taxes. Quelle sera la stratégie? Va-t-on offrir des congés fiscaux? Des délais? Je ne suis pas certain que les outils mis en place par le gouvernement soutiennent tout le monde», dit-il. 

La directrice générale et associée Élaine Dupras

«Il faut des reins solides»

À la Sporthèque, la directrice générale et associée Élaine Dupras avoue que ce nouveau chapitre de la pandémie va faire mal, même si on ne s'étonne pas du prolongement des fermetures de commerces.

«L'équipe n'est tellement pas surprise, même si ça ne fait pas notre affaire. Depuis le 15 octobre, on a seulement le tennis, la piscine et le squash en opération. Ça représente 25% de notre chiffre d'affaires normal. Là, si on retombe en confinement total, notre seul revenu sera l'abonnement virtuel et on s'entend qu'on ne vit pas avec ça. La nouvelle, elle est difficile et on la prend un peu de travers, sauf qu'en même temps on n'a pas le choix d'aller dans des moyens drastiques comme ceux-ci. Ça fait mal de voir que certaines personnes n'ont pas pris conscience de la gravité de la situation», lance la femme d'affaires.

Elle tient à répéter malgré tout qu'aucun cas de COVID-19 n'a été décelé dans le centre de conditionnement physique depuis le tout début et que les règles sanitaires étaient suivies à la lettre lors de la réouverture durant l'été et à l'automne.

«On va se mettre en confinement le temps que ça durera, mais après ça, est-ce qu'on peut s'aligner du bon bord? [...] Il faut avoir les reins solides pour survivre. On ne pourra pas (les gyms) continuer comme ça éternellement. On a beau avoir de l'aide gouvernementale, ça n'éponge pas 100% des pertes. Déjà, des joueurs ont tiré la plogue avant les Fêtes et d'autres vont devoir le faire malheureusement», dit-elle.


« J’imagine que ça peut aider Ottawa si les gens du Québec restent chez eux, qu’ils voyagent moins et qu’ils ont moins de contacts. »
Dre Vera Etches

Réaction à Ottawa

De l’autre côté de la rivière des Outaouais, les autorités sanitaires ne craignent pas un exode des résidents de l’Outaouais à Ottawa si le gouvernement du Québec devait déclencher un nouveau confinement strict.La médecin-chef de Santé publique Ottawa, Vera Etches, ne veut pas présumer de l’impact que de telles mesures auraient sur la transmission de la COVID-19 dans la région de la capitale fédérale, mais a tout de même exprimé de l’optimisme face à ce scénario mardi.

«J’imagine que ça peut aider Ottawa si les gens du Québec restent chez eux, qu’ils voyagent moins et qu’ils ont moins de contacts. Ça peut aider Ottawa parce que nos deux populations sont connectées», soutient la Dre Etches.

Cette dernière précise qu’elle n’a pas l’intention de recommander un resserrement des règles dans la capitale fédérale uniquement en raison de la décision du gouvernement du Québec.

«Mon avis pour la population d’Ottawa est basé sur les données ici à Ottawa, le taux de COVID-19, les éclosions, les hospitalisations, affirme Vera Etches. Si je pense qu’il y a quelque chose d’important à ajouter dans les mesures en place à Ottawa, mon avenue est de parler à la province.»