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Le propriétaire du Pizzédélic, Benoît Desjardins
Le propriétaire du Pizzédélic, Benoît Desjardins

Confinement: pas de surprise, mais des questions pour les restaurateurs

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
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Des restaurateurs de l'Outaouais ne sont pas surpris outre mesure de voir que leurs salles à manger ne pourront visiblement pas rouvrir le 11 janvier, mais se posent plusieurs questions pour la suite des choses alors qu'un deuxième confinement global est sur le point d'être décrété par le gouvernement Legault.

«C'est certain qu'on roule avec la livraison et les repas pour emporter depuis quelque temps. Reste à voir si ces aspects-là vont aussi passer dans le tordeur. La dernière fois, on nous a permis de continuer et j'espère que ce sera encore le cas. Je pense que la majorité des restaurants s'étaient fait à l'idée qu'on ne rouvrirait pas le 11 [janvier], c'était clair et précis dans nos têtes, il y a zéro surprise. [...] Moi, j'ai toujours dit que dans le meilleur des scénarios, on rouvrirait pour la Saint-Valentin. Je n'y crois plus vraiment, je pense même que ce ne sera pas avant avril», affirme d'emblée le propriétaire du Pizzédélic, Benoît Desjardins.

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Le commerçant se questionne maintenant à savoir si le gouvernement sera toujours au rendez-vous dans les mois à venir pour de l'aide financière pour l'industrie.

«C'est difficile pour le cash flow. J'en connais plusieurs qui ont beaucoup de difficultés. Moi, je suis chanceux quand même car ça fait 23 ans que je suis en affaires. Mais malgré tout, même avec la livraison et les commandes pour emporter, sans subventions, je n'y arriverais pas d'aucune façon. Les prêts d'urgence qui ont été faits sont sans intérêt jusqu'en décembre 2022, mais plus la crise va se prolonger, plus la majorité des gens vont être incapables de rembourser à temps», affirme-t-il.

Il ne faut pas penser non plus, à son avis, que tout redeviendra rose dès que le feu vert sera donné pour la réouverture complète des salles à manger.

«Même si on dit go, je ne suis pas certain qu'il y aura tout de suite un achalandage monstre, en tout cas pas si la vaccination n'est pas terminée. La restauration n'est plus le Klondike, ce n'est pas avec ça qu'on se met riche. Dans mon cas, une chance que j'ai un deuxième emploi», indique M. Desjardins.

Si un couvre-feu devait être imposé, ce dernier soutient qu'il n'y voit pas de problème majeur pour la restauration. «Ça ne m'agace pas, la majorité des ventes se fait sur l'heure des repas. Personnellement, la quantité de clients plus tard en soirée est minime et on ferme maintenant à 20h. Le gros problème, selon moi, c'est plutôt comment va-t-on faire pour contrôler tout cela?», lance-t-il. 


« Durant la première vague, c'était tellement précaire que j'avais choisi de fermer complètement, alors que cette fois, j'ai décidé de continuer et de me réinventer un peu. »
Stéphane Gosselin

Un genou à terre, puis se relever

Pour Stéphane Gosselin, propriétaire depuis 2011 de Mon Resto, sur le boulevard Maloney Est à Gatineau, les sentiments sont mitigés.

«Quand on gère un resto, on sait très bien que quand les gens viennent, c'est une espèce de luxe dans la vie, ce n'est pas nécessairement essentiel. Par contre, j'ai remarqué depuis le tout début qu'au niveau du moral, ça fait excessivement de bien aux gens de parler, de socialiser, alors je pense que tous ceux qui vont réussir à passer à travers [la crise], de beaux jours nous attendent par la suite. Ceux qui allaient peut-être moins souvent au restaurant vont peut-être y aller plus fréquemment. Mais je trouve ça difficile. Durant la première vague, c'était tellement précaire que j'avais choisi de fermer complètement, alors que cette fois, j'ai décidé de continuer et de me réinventer un peu, par exemple avec de nouvelles assiettes. L'enjeu, c'est aussi de garder son personnel, car on ne veut pas recommencer à zéro quand ça reprendra», dit-il.

Comme le défi est plus complexe puisqu'on y sert que des déjeuners et des dîners, le restaurant n'offre pas la livraison par le biais d'applications comme Door Dash. Aujourd'hui, à la veille d'un nouveau confinement généralisé, M. Gosselin espère avoir pris la bonne décision.

«Je n'ai pas embarqué, mais maintenant je suis curieux de voir comment les gens seront enclins à sortir de la maison, déblayer leur auto et venir chercher un déjeuner deux oeufs bacon. J'ai un peu peur, c'est pour cette raison que j'essaie de trouver d'autres avenues pour faire des sous», avoue-t-il.

Le restaurateur avait un genou à terre lors du confinement du printemps dernier, mais il a su se relever et rester debout. Il souhaite continuer sur cette lancée. «Quand j'ai mis la clef dans la porte en mars, il restait 300$ dans le compte bancaire, une fois que tout était payé, dont les fournisseurs», confie-t-il.

Père de famille, ce dernier est aussi impatient de voir quelle décision sera prise au sujet de la fermeture des écoles puisque l'enseignement virtuel pourrait vouloir dire qu'il y aura un manque de personnel pour assurer le service au restaurant.