Le tout s’est déroulé, de vendredi à dimanche, dans l’édifice de Bibliothèque et Archives Canada, rue Wellington à Ottawa.

Conférence nationale sur l’innovation - Le Canada: cancre ou leader?

Une équipe du Département des sciences administratives de l’Université du Québec en Outaouais s’est donné pour mandat de faire du Canada le pays le plus innovant, d’ici les 20 prochaines années. Rien de moins.

Pour ce faire, l’un des moyens privilégiés était de mettre sur pied une première conférence nationale sur l’innovation qui réunirait, disent ses organisateurs, les penseurs les plus brillants et les plus avant-gardistes au pays.

Le tout s’est déroulé, de vendredi à dimanche, dans l’édifice de Bibliothèque et Archives Canada, rue Wellington à Ottawa. Une vingtaine de spécialistes ont défilé sur le podium pour présenter leurs recherches dans divers domaines. Et il faut dire que l’éventail des sujets abordés était très large.

Premier ou dernier de classe ?

Mais en matière d’innovation, le Canada est-il un leader ou un dernier de classe ? Le Droit a posé la question à l’un des conférenciers invités, le Dr Marc Fortin, vice-président aux partenariats de recherche au Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG). Cet organisme fournit la majorité des subventions de recherche aux universités et de multiples bourses aux étudiants de 2e et 3e cycles. « Étude après étude, peu importe la méthode et la source de l’étude,  [...] le Canada reçoit une note de C- ou D. Dans cet ordre de grandeur... Le Canada n’est pas un chef de file en matière d’innovation », résume M. Fortin.

La sous-performance du Canada en matière d’innovation date d’au moins dix ans et on observe un ralentissement des investissements nationaux en recherche et développement au pays, explique le spécialiste. Aujourd’hui, le Canada y consacre 1,6 % de son produit intérieur brut (PIB), comparativement à d’autres nations comme la Corée du Sud ou Israël qui affichent 4,2 %. Les États-Unis consacraient, en 2015, 2,7 % de leur PIB à la recherche et au développement. Ces chiffres, qui proviennent de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ciblent l’ensemble des entreprises, instituts de recherche et laboratoires universitaires et publics des pays comptabilisés.

Mais il y a de la lumière au bout du tunnel, soutient M. Fortin. Le dernier budget fédéral faisait état d’investissements atteignant 950 millions $, répartis sur cinq ans, pour appuyer les « supergrappes d’innovation », soit les entreprises présentant le plus haut potentiel pour dynamiser l’économie et devenir des moteurs de croissance.

Selon le Dr Fortin, d’autres facteurs entrent en ligne de compte, notamment la formation, la créativité, la relève, les communications... L’argent n’est pas tout. 

« Il n’y a pas de solution magique, de bouton sur lequel on peut peser et la performance du Canada va s’améliorer. [...] Y a pas un pays qui a la solution ou une série de solutions qui sont magiques. Il faut les analyser, voir les circonstances locales, régionales et adapter », conclut le Dr Marc Fortin.