L'accusée, Martine Soucie

Comme une accidentée de la route

La quantité de fractures osseuses infligées à la petite Miliange, un bébé d’à peine six mois décédé en novembre 2014 à Gatineau, équivaut à ce qu’elle aurait subi dans un sérieux accident de voiture.

C’est du moins l’avis de la radiologiste pédiatrique Marie-Claude Miron, appelée à témoigner lors du procès pour homicide involontaire de la mère de la victime, Martine Soucie.

Selon des expertises médicales révélées lundi, le bébé est mort d’une embolie pulmonaire causée par la fracturation du fémur droit.

D’autres fractures, plus vieilles, ont été observées sur le corps de l’enfant, a noté la radiologiste, mardi.

« Le type de fractures aux côtes est hautement spécifique à de la maltraitance. Dans un contexte d’accident de voiture, ce serait aussi possible », a résumé Mme Miron.

Selon la spécialiste, la force nécessaire pour casser des os de cette façon ne peut être appliquée par un enfant de cinq ans, soit l’âge d’un membre de la fratrie de la victime au moment du drame.

Les probabilités étaient très faibles pour que l’enfant de six mois, qui ne pouvait marcher, soit victime d’une chute accidentelle assez forte pour casser ses os de cette façon. « Pour un enfant non ambulant, c’est suspect », a indiqué Mme Miron.

En fin de journée, une jeune femme, qui déjà a vécu chez Mme Soucie, a témoigné devant la juge Anouk Desaulniers, qui entend le procès.

La femme, a été hébergée chez les Soucie, à l’époque où celle-ci formait une famille d’accueil.

Disant bien connaître la mère accusée, elle a dit n’avoir jamais vu de gestes violents de sa part envers Miliange.

La témoin a cependant confirmé que l’enfant pouvait pleurer souvent, et qu’elle régurgitait fréquemment, ce qu’a aussi affirmé le père biologique de la victime, lundi.

Les événements faisant l’objet des accusations retenues par la Couronne auraient eu lieu entre le 18 mai 2014, date de naissance de la victime, et le 15 novembre 2014, veille du constat de décès de l’enfant.