Denis Marcoux, président de la Fédération des employées et employés de services publics (CSN), Michel Quijada, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais et Denis Savard, président du Syndicat des cols bleus de Gatineau.

Cols blancs de Gatineau: la CSN crie à l’injustice

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) vient de déposer une requête en accréditation pour que le Syndicat des cols blancs de Gatineau joigne ses rangs, mais la CSN affirme que le processus d’accréditation n’a pas respecté les règles du jeu.

Dans un communiqué diffusé lundi matin, le SCFP annonce qu’« après un blitz de signature de cartes d’adhésion syndicale », une « majorité » des cols blancs œuvrant pour la Ville de Gatineau a choisi de s’affilier au SCFP.

La grogne était palpable depuis un certain temps au sein de l’exécutif du syndicat, ses membres ne s’entendant pas sur l’avenue à emprunter pour l’avenir. Le président du Syndicat des cols blancs de Gatineau, Marc Demers, était de ceux qui prônaient l’adhésion au SCFP. D’autres membres de l’exécutif souhaitaient que le syndicat reste indépendant, tandis que la Confédération des syndicats nationaux (CSN) courtisait elle aussi les membres du syndicat, qui était indépendant depuis sa création lors de la fusion municipale. 

Des représentants syndicaux affiliés à la CSN ont dénoncé que les centrales syndicales n’ont pas été en mesure de faire leur présentation devant les cols blancs lors d’une assemblée générale extraordinaire puisque cette dernière n’a pas eu lieu malgré, ont-ils indiqué, l’adoption d’une résolution en ce sens lors d’une assemblée extraordinaire tenue le 25 septembre.

« Nous voulons que les cols blancs puissent entendre les arguments de la CSN. Le SCFP prétend déjà qu’il va représenter les cols blancs alors que ce n’est pas fait encore », a indiqué Michel Quijada, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CSN). 

« C’est une situation complètement aberrante. C’est vraiment un coup de force du président Demers et du syndicat indépendant appuyé par le SCFP », a renchéri Denis Marcoux, président de la Fédération des employées et employés de services publics (CSN), qui a accusé M. Demers de mener une « campagne déloyale ».

M. Demers a indiqué que la résolution était mal préparée et donc inapplicable pour diverses raisons, et a conseillé à la CSN de faire la même démarche que le SCFP et de tenir sa propre soirée d’information, ce qu’elle doit d’ailleurs faire mardi soir.

« Nous avons déposé (une requête) majoritaire, a rappelé M. Demers. Les gens étaient tannés de la chicane entre les centrales syndicales ».

« La CSN, c’est un service de cols bleus. Ce n’est pas un service de cols blancs », a-t-il ajouté. 

La CSN affirme qu’elle va continuer à faire signer des cartes aux cols blancs. Il y en a environ un millier employés par la Ville de Gatineau.

Sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2014, les cols blancs de Gatineau ont voté pour un mandat de grève dans une proportion de 90,5 % en juillet.

« Contretemps électoral »

Le syndicat a par ailleurs récemment appris que la direction des ressources humaines de la Ville doit « faire le point avec les autorités municipales » pour la suite du processus devant mener au renouvellement de la convention collective. « Or, considérant que le comité plénier fait relâche pour la période électorale, nous ne serons en mesure de rencontrer le conseil municipal qu’une fois que celui-ci aura été élu », précise le directeur adjoint aux ressources humaines, Marc Voyer, dans une lettre adressée à Marc Demers.

« Malgré ce contretemps dû à la période électorale, nous sommes d’avis qu’il serait souhaitable de poursuivre les négociations afin de clarifier mutuellement nos positions, de poursuivre les discussions sur les clauses encore en suspens et, idéalement, de convenir d’une entente de principe à présenter à nos mandants respectifs dans un délai acceptable pour les deux parties », poursuit M. Voyer.